Les Pays-Bas construisent leur propre Linux pour quitter Windows dans l'administration
Après la coupure d'accès décidée par Microsoft contre le procureur de la Cour pénale internationale, La Haye a lancé le projet DAWO. Huit communes testent déjà NixOS sur de vieux portables que Windows 11 refuse de faire tourner.

Le déclencheur a été brutal. Après les sanctions américaines visant la Cour pénale internationale, installée à La Haye, Microsoft a coupé l'accès à ses services au procureur en chef de la juridiction, messagerie comprise. Le gouvernement néerlandais a alors mesuré à quel point l'accès à ses outils essentiels dépendait de décisions prises à Washington, rapporte Frandroid.
DAWO, un « environnement de travail numérique autonome »
La réponse s'appelle DAWO, pour Digitaal Autonome Werkomgeving Overheid, soit « environnement de travail numérique autonome pour l'administration ». Le projet est devenu une commande officielle en juillet, sur directive d'une commission interministérielle. Huit communes le testent déjà, via l'association des communes néerlandaises, sur de vieux portables mis au rebut que NixOS fait tourner là où Windows 11 les refuse.
Le choix de la distribution n'est pas anodin. NixOS a été retenu parce qu'il s'agit d'un projet néerlandais, sans entreprise pour le contrôler. openSUSE et Fedora ont au contraire été écartés en raison de leurs liens commerciaux, notamment avec l'américain IBM. Le projet n'en est encore qu'au stade des pilotes, sans date de bascule générale.
Un mouvement européen déjà engagé
Les Pays-Bas s'inscrivent dans une dynamique continentale. Le Danemark a lâché Windows en 2025, la France et la Suisse ont suivi début 2026. En Suisse, la Confédération fait migrer 3 000 postes vers l'open source d'ici fin 2027. En France, la DINUM prépare la sortie de Windows et des administrations comme l'Urssaf ont choisi Linux.
Des acteurs privés emboîtent le pas. OVHcloud a annoncé le 24 septembre, par la voix de son fondateur Octave Klaba, le lancement d'OVHai Workspace, une suite bureautique concurrente de Microsoft 365, qui sera détaillée le 19 novembre lors de l'AI Summit à Paris.
La dépendance à un fournisseur unique n'est plus seulement une question de coût : elle devient une question de capacité à décider chez soi.
La logique est la même dans le cloud et les services. En Allemagne, la question des alternatives européennes de stockage et de calcul revient régulièrement dans le débat public, signe que la souveraineté numérique n'est plus un sujet réservé aux seuls spécialistes.
Sources
2- 01Frandroid : Les Pays-Bas construisent leur propre Linux pour quitter WindowsFR
- 02t3n : Cloud-Alternativen und Speicher aus EuropaDE
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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