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Souveraineté cloud : l'ESA choisit OVHcloud, les entreprises visent 90 %

L'Agence spatiale européenne a retenu OVHcloud et CGI pour bâtir sa plateforme d'observation de la Terre Digital EO, annoncée le 1er octobre. Les volumes de données devraient dépasser 500 pétaoctets d'ici 2035.

MondeExpliquéDr Hélène FontainePublié le: 2 octobre 20263 min de lectureSources 11
Souveraineté cloud : l'ESA choisit OVHcloud, les entreprises visent 90 %

Data Center Dynamics a rapporté ce choix le 1er octobre. C'est la pièce la plus récente du puzzle européen de la souveraineté cloud. Le système tournera sur une infrastructure souveraine, avec des régions cloud d'abord en Italie, en France et en Allemagne, et un soutien aux opérations depuis la Pologne.

Le patron d'OVHcloud, Octave Klaba, en fait une question stratégique : « L'Europe doit absolument maîtriser l'infrastructure qui fait tourner ses programmes les plus stratégiques. » Nicolaus Hanowski, responsable de la gestion des missions d'observation de la Terre à l'ESA, indique que la plateforme doit servir Copernicus et DestinE.

Ce contrat n'est qu'un fil. Le tableau d'ensemble est plus désordonné, et les chiffres expliquent pourquoi.

L'écart entre l'ambition et la réalité

Le Capgemini Research Institute a interrogé 1 300 dirigeants de grandes entreprises et d'organismes publics. Il Sole 24 Ore rapporte le 1er octobre que 93 % des organisations ont discuté de souveraineté numérique au niveau de leur conseil. Pourtant, 59 % jugent la souveraineté complète irréaliste. Le rapport préfère parler non pas d'autosuffisance mais d'« interdépendance résiliente » : garder la maîtrise des activités critiques tout en réduisant l'exposition à un fournisseur unique. En Italie, 66 % des entreprises doutent que la souveraineté complète soit atteignable. Seules 18 % ont cartographié entièrement leurs dépendances, contre 14 % au niveau mondial.

La concentration des fournisseurs est le problème concret. Parmi les répondants italiens, 63 % signalent une forte concentration des prestataires dans les données, 59 % dans les logiciels, et 43 % affirment qu'un changement de fournisseur de connectivité prendrait plus d'un an. Monia Ferrari, directrice générale de Capgemini Italie, explique au journal que les principales faiblesses sont le manque de visibilité, la concentration des fournisseurs et la difficulté à les remplacer.

C'est sur l'IA que la tension s'accentue. Quelque 73 % des dirigeants italiens et 75 % des dirigeants au niveau mondial placent l'IA en tête de leurs priorités de souveraineté. La course aux nouveaux modèles risque pourtant de créer de nouvelles concentrations.

Infrastructures, argent et question américaine

Côté réseau, Orange Business a été retenu pour exploiter TESTA-EIRIS, l'épine dorsale privée de l'UE pour les institutions et les administrations nationales. Light Reading rapporte le 29 septembre que le dispositif couvre au moins 12 points de présence dans cinq régions européennes, avec une disponibilité promise de 99,999 %.

L'argent du capital-risque bouge aussi. Tech.eu rapporte le 1er octobre que Headline a clos un fonds européen de 400 M$ consacré à l'IA et aux startups en phase d'amorçage. DIG Ventures a de son côté clos un troisième fonds de 120 M$ pour l'entreprise native de l'IA et l'infrastructure cloud. Des opérations plus petites relèvent du même thème : Voltaback a levé 2,8 M€ pour un logiciel de remboursement de recharge de véhicules électriques. Le marché français a enregistré 241 565 nouvelles voitures électriques au premier semestre 2026, soit 28,2 % des ventes de voitures particulières.

Le matériel suit. Digital Realty construit une station d'atterrissage de câbles dans son centre de données LAX12 à El Segundo pour les routes Asie-Pacifique, censée accueillir des câbles en 2028, rapporte Data Center Knowledge le 30 septembre. Blackfuel est sorti de la discrétion le 30 septembre avec un premier déploiement dans le BCN1 de Digital Realty à Barcelone, sur des systèmes Dell PowerRack équipés d'accélérateurs AMD Instinct MI355X, selon Data Center Dynamics.

Tout ne tourne pas rond. Microsoft a confirmé le 1er octobre qu'une opération de maintenance d'infrastructure avait dégradé les services ExpressRoute, VPN Gateway et Azure VMware dans 18 régions Azure, rapporte The Register. L'exploitation du cloud hybride reste fragile.

Rien de tout cela ne tranche la question de fond : l'Europe peut-elle réduire sa dépendance sans se couper du reste ? Pour l'instant, les contrats, les fonds et les enquêtes pointent dans la même direction. Les dépenses sont réelles, la confiance non.

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Sources

11
  1. 01European Space Agency taps OVHcloud and CGI for Earth observation systemEN
  2. 02Due aziende su tre dicono di no alla sovranità digitale totaleEN
  3. 03Orange Business to provide European Union's backbone network for trusted data exchangeEN
  4. 04Mistral and Black Forest Labs backer Headline closes $400M European fundEN
  5. 05DIG Ventures closes $120M Fund III to back Europe's AI infrastructure startupsEN
  6. 06Voltaback raises €2.8M to scale EV charging reimbursement across EuropeEN
  7. 07Digital Realty Plans Cable Landing Station at Los Angeles Data CenterEN
  8. 08AI cloud provider Blackfuel emerges from stealth, plans first deployment in SpainEN
  9. 09Azure maintenance mess disrupted hybrid clouds, VPNs, cloudy VMware servicesEN
  10. 10European Fleet Operators Urge EU Commission Not To Weaken Truck Emissions PolicyEN
  11. 11Ready to Scale: Europe Will Have Enough Cells to Meet Demand and Grow Its Domestic Battery Value Chain IndustryEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Dr Hélène Fontaine

Dr Hélène Fontaine

Économie, business et monde

Hélène Fontaine suit l'économie des entreprises, la conjoncture et l'international pour FLASH24. Elle croise les dépôts comptables, les rapports trimestriels et les indices d'activité, et ne retient un chiffre qu'après l'avoir comparé à sa source d'origine. Elle interroge chefs d'entreprise, économistes et syndicats, et attend chaque mois les publications de l'INSEE et de la BCE pour recouper ses tableaux. Cette rigueur vient aussi de son intérêt personnel pour la comptabilité des entreprises technologiques et les vélos cargo, deux sujets qu'elle traite avec la même méthode. Elle ne publie pas un chiffre sans avoir vérifié son calcul.

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