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Le trafic de recherche vers les éditeurs chute et les solutions restent à l'essai

Les fonctions de recherche IA de Google font plonger le trafic de renvoi vers les sites d'actualité. Les outils sur lesquels le secteur mise pour le remplacer sont petits, expérimentaux, ou les deux.

Médias & internetAnalyseCamille RousseauPublié le: 27 septembre 20264 min de lectureSources 5
Le trafic de recherche vers les éditeurs chute et les solutions restent à l'essai

Le trafic de recherche renvoyé vers les petits éditeurs a chuté de 60% en deux ans. C'est ce que montrent les données de Chartbeat, rapportées en exclusivité par Axios et reprises par Search Engine Journal en mars 2026. La baisse est près de trois fois plus forte que chez les grands éditeurs.

Les sites de taille moyenne, ceux qui font entre 10 000 et 100 000 pages vues par jour, ont perdu 47%. Les grands éditeurs ont perdu 22%. Cette répartition par taille compte davantage que le chiffre global qui circule depuis un an. Les chiffres antérieurs de Chartbeat, cités dans la couverture du Reuters Institute, montraient une baisse mondiale de 33% des renvois depuis Google Search. La nouvelle segmentation montre où les dégâts se concentrent : en bas, chez les médias qui ont le moins de ressources pour bâtir des alternatives. Ce sont les éditeurs les moins capables d'absorber un choc de cette ampleur, et ceux qui ont le moins de poids pour négocier avec les plateformes qui leur envoient des lecteurs.

Google raconte une autre histoire.

Dans un billet cité par le Guardian en septembre 2025, Liz Reid, responsable de la recherche de l'entreprise, a déclaré que l'arrivée de l'IA dans la recherche « génère davantage de requêtes et de clics de qualité ». Elle a qualifié d'inexacts les rapports de tiers sur des baisses globales spectaculaires du trafic. Selon elle, ils sont « souvent fondés sur des méthodologies défectueuses, des exemples isolés, ou des variations de trafic survenues avant le déploiement des fonctions d'IA dans la recherche ». Liz Reid a aussi reconnu que les usages déplacent le trafic vers d'autres sites, « ce qui se traduit par une baisse du trafic pour certains sites et une hausse pour d'autres ».

Ce que les éditeurs décrivent

Le Financial Times a connu une baisse « assez soudaine et durable » de 25% à 30% du trafic de recherche vers ses articles. Son directeur général Jon Slade l'a déclaré lors d'une conférence média à l'été 2025. DMG Media, propriétaire du Daily Mail, a indiqué à la Competition and Markets Authority que les aperçus IA avaient alimenté une chute du trafic de clics allant jusqu'à 89%. Ces deux chiffres ont été rapportés par le Guardian.

Vient ensuite la réponse proposée par Google. En juin 2025, rapporte TechCrunch, Google a lancé Offerwall dans Google Ad Manager. Cet outil permet aux éditeurs de faire payer les lecteurs par micropaiements, sondages ou publicités récompensées plutôt que de dépendre des pages vues. Il est gratuit, et il a suivi des tests menés avec 1 000 éditeurs pendant plus d'un an. Google a confirmé à TechCrunch que les éditeurs utilisant Offerwall ont vu leurs revenus progresser en moyenne de 9% pendant les tests. Une étude de cas du groupe indien Sakal Media Group sur esakal.com a montré une hausse de revenus de 20% et jusqu'à 2 000 000 d'impressions supplémentaires en trois mois. Ces chiffres restent faibles face à une perte de trafic de 60%. Les micropaiements en particulier n'ont jamais vraiment décollé, comme le notait TechCrunch : l'équation économique ne tient pas, et payer à l'article ajoute une friction que les lecteurs n'ont pas acceptée. L'annonce de Google elle-même n'a pas partagé de résultats de tests plus larges ni d'autres études de cas réussies que celle fournie à TechCrunch.

L'argument du retrait

Certains éditeurs envisagent désormais une chose impensable il y a quelques années : couper Google.

Le Wall Street Journal a rapporté, dans un article résumé par Nieman Lab en juillet 2026, que le trafic a reculé de plus de 40% pour certaines publications entre juin 2025 et juin 2026, selon les données de Semrush. Le directeur général de USA Today Co., Mike Reed, a déclaré au Journal que son entreprise pourrait couper complètement l'accès à Google si le trafic de recherche continue de baisser. Reddit réévalue son accord de 60 000 000 de dollars par an avec Google. Politico et Reuters envisagent de limiter l'accès des robots et d'installer des murs d'inscription.

Cloudflare affirme que les robots représentent désormais plus de la moitié du trafic web. À partir du 15 septembre, l'entreprise bloquera les robots polyvalents, ceux qui aspirent le contenu à la fois pour l'indexation de recherche et pour l'entraînement de l'IA, sauf si les propriétaires de sites refusent. Un tribunal de régulation britannique a jugé que Google devait laisser les éditeurs se retirer des fonctions d'IA sans perdre leur positionnement dans la recherche classique. Google teste cette option au Royaume-Uni, avec neuf mois pour se conformer.

La pression n'est pas uniforme. Le Guardian et la BBC ont progressé dans les données de Semrush, note Nieman Lab. L'information en direct et l'actualité résistent mieux aux résumés par IA que les contenus de style de vie, de célébrité et de voyage, selon le Reuters Institute. Mais l'enquête du Reuters Institute auprès de 280 dirigeants de médias dans 51 pays montre qu'ils s'attendent à une baisse de 43% des renvois de recherche sur trois ans. Un quart d'entre eux demandent déjà à leurs journalistes de travailler comme des créateurs YouTube et TikTok. Aucun éditeur ne veut se passer de Google. Ils sont plus nombreux à se préparer à essayer.

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Sources

5
  1. 01As AI kills search traffic, Google launches Offerwall to boost publisher revenueEN
  2. 02'Existential crisis': how Google's shift to AI has upended the online news modelEN
  3. 03Search Referral Traffic Down 60% For Small Publishers, Data ShowsEN
  4. 04Search traffic has declined so much that some publishers are considering opting out of Google entirelyEN
  5. 05Publishers fear AI search summaries and chatbots mean 'end of traffic era'EN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Camille Rousseau

Camille Rousseau

IA, modèles et technologies

Camille Rousseau suit les technologies, l’IA et les modèles ainsi que les médias et l’internet pour FLASH24, en partant des dépôts de modèles, des publications techniques et des données publiques, sans reprendre les annonces sans vérification. Elle contrôle les chiffres d’entraînement et de coût en remontant aux jeux de données, aux versions de modèles et aux méthodes de mesure. Elle interroge des chercheurs et des équipes produit, compare les résultats entre modèles et attend les mises à jour de calendrier des principaux fournisseurs. Son intérêt pour l’impression 3D, les vieux ordinateurs et la façon dont les modèles apprennent rejoint directement son travail sur l’IA et les technologies. Elle ne publie pas de chiffres sans source ni de comparaison sans protocole reproductible.

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