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Le satellite Suncatcher de Google décolle le 1er octobre, limité à 15 minutes par cycle

Google lancera son premier test de centre de données IA orbital le 1er octobre. Ce satellite, de la taille d'un réfrigérateur, embarque quatre puces TPU qui ne peuvent fonctionner que pendant environ 15 minutes avant que le système de refroidissement ne rattrape son retard, selon un rapport d'Ars Technica du 24 septembre.

TechnologieActualitéCamille RousseauPublié le: 28 septembre 20265 min de lectureSources 7
Le satellite Suncatcher de Google décolle le 1er octobre, limité à 15 minutes par cycle

Google lancera son premier test de centre de données IA orbital le 1er octobre. Ce satellite, de la taille d'un réfrigérateur, embarque quatre puces TPU qui ne peuvent fonctionner que pendant environ 15 minutes avant que le système de refroidissement ne rattrape son retard, selon un rapport d'Ars Technica du 24 septembre.

Le satellite, nommé MVP, voyage à bord d'une Falcon 9 de SpaceX dans le cadre du vol partagé Transporter-18, indique Ars Technica. Il transporte quatre accélérateurs TPU sur mesure de Google et des panneaux solaires fournissant environ un kilowatt, selon The New York Times, cité par Ars Technica. Au sol, un centre de données fait tourner des milliers de ces puces.

Ce budget énergétique est l'essentiel de ce test. Un kilowatt, c'est à peu près la consommation d'un four à micro-ondes. Google ne teste pas l'échelle. Il teste si le silicium IA grand public survit à l'orbite.

La chaleur est le vrai défi

Le refroidissement est la contrainte que tout le monde pointe du doigt. Dans l'espace, il n'y a pas d'air pour refroidir un radiateur. La conception de Google utilise donc une couche de matériau d'interface thermique malléable qui relie les puces à des caloducs en aluminium et en cuivre. Ces derniers conduisent la chaleur vers un radiateur qui la projette dans l'espace. Ars Technica décrit cette approche en détail. Résultat : des cycles de fonctionnement brefs, d'environ 15 minutes, suivis d'une mise en veille pendant que les radiateurs se refroidissent.

Le rayonnement est l'autre problème, et le plus complexe. Les radiations spatiales peuvent inverser des bits à l'intérieur d'une puce et modifier le résultat d'un calcul. Pour l'instant, selon Ars Technica, la réponse de Google consiste à redémarrer périodiquement les puces pour les réinitialiser. Les vibrations et les fortes forces g lors du lancement sont des risques supplémentaires que l'équipe surveillera. Les TPU sont le même matériel que Google utilise dans ses serveurs terrestres, ce ne sont pas des composants renforcés contre les radiations.

Tom's Hardware a rapporté le 26 septembre que le satellite traitera des requêtes IA pendant un an tout en restant en orbite jusqu'à six ans. Ensuite, il brûlera lors de la réentrée. L'engin spatial n'a pas été construit par Google : il provient de Planet Labs, une entreprise d'imagerie satellite. Ars Technica note que le plan initial prévoyait deux satellites sur mesure en 2027, avant que Google ne décide d'accélérer en intégrant ses puces dans une plateforme existante de Planet Labs. Google exécutera des modèles Gemini sur ces puces pour les tests.

Quinze ans, selon l'estimation de Google

La position de Google est étonnamment mesurée. James Manyika, vice-président senior de la recherche chez Google, a déclaré à The New York Times : « Pour être tout à fait franc, nous ne nous attendons pas à avoir quoi que ce soit d'utilement opérationnel dans les prochaines années. » Il a comparé cette initiative aux voitures autonomes de Google, que l'entreprise testait « comme 15 ans avant que quoi que ce soit ne sorte ».

Les plans à long terme, selon Tom's Hardware, incluent d'abord une paire de satellites, puis éventuellement des flottes réseauées de plus de 80 satellites. Ars Technica rapporte que les lancements de 2027 restent à l'ordre du jour, mais que l'équipe s'attend à attendre des années avant que Suncatcher ne devienne un produit plutôt qu'un projet. Musk, Bezos et Sam Altman ont tous évoqué des centres de données orbitaux. La Chine a déjà mis du calcul IA en orbite, et Intel détient un brevet sur l'idée.

Pourquoi se donner cette peine ? Parce que les centres de données terrestres sont en conflit avec leurs voisins. Molly Taft de WIRED a rapporté le 27 septembre qu'un panel sur l'IA et les centres de données lors de la Climate Week a été interrompu à plusieurs reprises par des manifestants d'Extinction Rebellion NYC. L'opinion publique sur les centres de données est au plus bas, avec des moratoires qui apparaissent dans des États républicains et démocrates. Cully Cavness de Crusoe et Varun Sivaram d'Emerald AI ont passé la session à argumenter que les centres de données peuvent être de « bons citoyens » du réseau électrique. Le public n'y croyait pas.

Deux jours plus tôt, le 25 septembre, Crusoe a elle-même rompu un accord sur des turbines qui auraient alimenté ses campus IA. TechCrunch a rapporté que Crusoe a mis fin à un plan de dépense de 1 250 000 000 dollars pour 29 turbines Superpower de 42 mégawatts de Boom Supersonic, dont les premières livraisons étaient prévues en 2027. Le CEO de Boom, Blake Scholl, a annoncé la séparation dans un post sur X. Le porte-parole de Crusoe, Andrew Schmitt, a déclaré à TechCrunch que les plans énergétiques de l'entreprise « n'ont pas changé » et qu'elle prévoit toujours d'utiliser des turbines, « juste pas celles de Boom ». Boom indique qu'elle livrera environ 250MW d'unités Superpower l'année prochaine sur d'autres sites et vise 1GW en 2 028. Les deux versions ne sont pas la même, et TechCrunch publie les deux.

La réalité du sol au New Jersey

L'argument du refroidissement et de l'énergie n'est pas seulement un argument spatial. Au New Jersey, Ars Technica a rapporté le 24 septembre que l'État a infligé une amende de 1 100 000 dollars à DataOne après une enquête de The Guardian et Floodlight News. Des images thermiques par drone ont montré que 45 des 62 générateurs à gaz fonctionnaient sans permis. Les générateurs fonctionnaient à des capacités de 1 982-kw, soit plus de 50 fois le seuil de l'État qui exige un permis. DataOne a 45 jours pour demander des permis ou cesser ses activités, mais peut continuer à faire tourner les moteurs pendant la procédure.

Le commissaire du DEP, Ed Potosnak, a qualifié cela de « de loin la plus grande amende jamais infligée à un centre de données au New Jersey ». Les habitants étaient moins impressionnés. « Que vaut 1 070 000 dollars ? », a déclaré Tiffany Leone-Vespa à The New York Times. « Ils auraient dû le faire pour chaque générateur qu'ils faisaient fonctionner, illégalement. »

Hors des États-Unis, le même combat est relabelisé. The Guardian a rapporté le 26 septembre que des responsables australiens et des acteurs de l'industrie soutiennent que le rejet des centres de données en Australie est un faux importé d'Amérique. Belinda Dennett de Data Centres Australia a indiqué que les États-Unis ont 5 400 centres de données avec 53,7 gigawatts de capacité, contre 252 en Australie avec 1,4 gigawatt. The Guardian note ce que Dennett a omis : par habitant, l'Australie a juste sous un centre de données pour 100 000 personnes, contre 1,5 aux États-Unis. Steve Dimopoulos, alors ministre de la croissance économique de Victoria, a déclaré : « Nous ne sommes pas les États-Unis. »

Et en Inde, The Guardian a rapporté le 26 septembre que les villageois de Tarluvada affirment que des terres ont été prises pour un centre de données IA hyperscale de Google, annoncé publiquement à 1GW, tandis que les autorisations environnementales de l'État permettent 2,51GW. Google ne s'y réfère qu'à un « hub IA à l'échelle du gigawatt » non spécifique. Trois pétitions sont pendantes devant le National Green Tribunal. Google a associé le groupe Adani à ce projet.

Mis ensemble, le schéma est le même en orbite et au sol : le calcul est facile à spécifier, la chaleur ne l'est pas. Le satellite de Google passera la majeure partie de son année éteint, en attendant de se refroidir.

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Sources

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  1. 01Google's first Suncatcher orbital data center test launches October 1EN
  2. 02Google's orbital AI data center test packs four TPUs and 1,000W of solar powerEN
  3. 03Crusoe abandons $1.25B plan to use Boom turbines at AI data centersEN
  4. 04New Jersey fines data center $1.1M after drone pics expose 62 gas generatorsEN
  5. 05The Data Center Backlash Should Also Be a Climate Reckoning. It Isn't YetEN
  6. 06Australian backlash to datacentres is faux import from US, officials sayEN
  7. 07Broken promises, confiscated land: the hyperscale AI datacentre being built in a tiny Indian villageEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Camille Rousseau

Camille Rousseau

IA, modèles et technologies

Camille Rousseau suit les technologies, l’IA et les modèles ainsi que les médias et l’internet pour FLASH24, en partant des dépôts de modèles, des publications techniques et des données publiques, sans reprendre les annonces sans vérification. Elle contrôle les chiffres d’entraînement et de coût en remontant aux jeux de données, aux versions de modèles et aux méthodes de mesure. Elle interroge des chercheurs et des équipes produit, compare les résultats entre modèles et attend les mises à jour de calendrier des principaux fournisseurs. Son intérêt pour l’impression 3D, les vieux ordinateurs et la façon dont les modèles apprennent rejoint directement son travail sur l’IA et les technologies. Elle ne publie pas de chiffres sans source ni de comparaison sans protocole reproductible.

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