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Harlequin a traduit des romans avec l'IA, une première en France

L'éditeur français Harlequin, spécialiste des romans sentimentaux, a confié la traduction d'une dizaine de livres à un outil d'intelligence artificielle. Les traducteurs littéraires y voient une menace pour leur métier.

CultureActualitéNathalie ArnaudPublié le: 19 septembre 20265 min de lectureSources 2
Harlequin a traduit des romans avec l'IA, une première en France

Une dizaine de livres du pôle français d'Harlequin, marque connue pour ses romans sentimentaux, ont été traduits ces dernières semaines de 2025 avec un outil d'intelligence artificielle. La rédaction de franceinfo y voit une première dans le pays et note que l'affaire inquiète les traducteurs. Harlequin publie beaucoup et vite, ce qui en fait un terrain naturel pour tester l'automatisation.

79 pour cent voient une « menace »

L'ampleur des craintes n'a rien d'étonnant. Selon un sondage cité par l'hebdomadaire Alternatives Économiques, 79 pour cent des traducteurs considèrent des programmes comme DeepL et Google Translate comme une « menace » pour leur métier, et 26 pour cent disent déjà constater une baisse des commandes. L'article le rappelle : les traducteurs comptent parmi les professions les plus exposées à l'IA générative. Face à la vague, ils tentent de bâtir des « digues » pour protéger leur travail. Un mécanisme passe facilement inaperçu. Si l'éditeur donne au traducteur deux mois pour quatre cents pages de manuscrit, ce délai dit à lui seul qu'il attend un travail rapide et superficiel, réalisé à la machine. La pression du temps vaut donc commande d'automatisation, même quand personne ne la formule.

L'outil « BrIAn » et un rythme accéléré

Derrière la traduction, il y a une entreprise française, Fluent Planet, et son outil BrIAn, qui propose au traducteur une ou plusieurs versions du texte en anglais et en français. Son directeur général, Thierry Tavakelian, assure que le dernier mot revient toujours à l'humain et que l'éditeur a posé deux conditions : la qualité littéraire ne doit pas être altérée et le rôle du traducteur reste central. L'effet est pourtant mesurable, et c'est lui qui fait réagir : le rythme quotidien passe de mille à mille cinq cents mots à deux mille. Les traducteurs redoutent de perdre le statut d'auteur de la traduction et de voir leur nom disparaître de la couverture. En échange, on leur a proposé de travailler pour un sous-traitant extérieur, et à moindre prix. Le président de l'Association des traducteurs littéraires, Samuel Sfez, décrit des collaborations de vingt ou trente ans qui s'achèvent, sans droit au chômage, et appelle les éditeurs à renoncer à l'IA pour traduire les œuvres littéraires. Le directeur éditorial de la littérature étrangère chez Grasset, Joachim Schnerf, parle clairement d'une remise en cause de la notion même de création humaine.

Un litige judiciaire sur l'entraînement

En parallèle, un conflit porte sur ce avec quoi les modèles de traduction ont appris. En mars 2025, le Syndicat national de l'édition (SNE), la Société des gens de lettres (SGDL) et le Syndicat national des auteurs et compositeurs (SNAC) ont assigné Meta, lui reprochant la « contrefaçon » et le « parasitisme économique » : l'entreprise aurait utilisé massivement des œuvres protégées sans autorisation pour entraîner un modèle. L'assignation s'inscrit dans un conflit européen plus large. Éditeurs et organisations d'auteurs y réclament la transparence sur les corpus d'entraînement et une rémunération pour l'usage de leur fonds. Ce sont exactement les demandes que le Parlement européen a reprises sous forme de recommandations en mars 2026.

Pour le marché du livre, le risque est double. D'un côté, la baisse des tarifs et du nombre de commandes pour les traducteurs. De l'autre, une exigence de qualité, car les lecteurs français savent de mieux en mieux à quoi ressemble un texte produit par une machine. Le débat sur la traduction automatique de la littérature n'est donc plus une discussion sur la technologie. Il porte sur qui contrôle le temps de travail et la forme finale de la langue dans un livre.

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Sources

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  1. 01Des livres des éditions Harlequin traduits avec l'IA, une première en France (franceinfo)FR
  2. 02Les traducteurs et l'IA (Alternatives Économiques)FR

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Nathalie Arnaud

Nathalie Arnaud

Culture, cuisine et style de vie

Nathalie Arnaud couvre la culture, la cuisine, la mode et le design, le style de vie et l'histoire pour FLASH24, en travaillant à partir de sources primaires : archives municipales, catalogues d'exposition, cartes de restaurants et documents de presse. Pour chaque sujet, elle vérifie les dates, les lieux et les chiffres auprès des institutions concernées avant publication. Elle interroge chefs, conservateurs et artisans, et suit le calendrier des marchés et des collections pour recouper les informations. Passionnée de pain maison, de marchés et de vieux livres de cuisine, elle relie souvent ses sujets à l'histoire des pratiques culinaires. Elle ne publie pas de chiffres sans source vérifiée.

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