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Un juge rejette les plaintes antitrust de Chegg et Penske contre les aperçus IA de Google, les paiements aux éditeurs restant minimes

Le 1er octobre, un juge fédéral américain a rejeté les plaintes antitrust de Chegg et de Penske Media contre Google au sujet des aperçus IA. Selon lui, espérer du trafic de recherche ne vaut pas contrat. La même semaine, des informations chiffraient les paiements de Google à certains éditeurs sous les 1 000 dollars.

Médias & internetAnalyseCamille RousseauPublié le: 2 octobre 20264 min de lectureSources 15
Un juge rejette les plaintes antitrust de Chegg et Penske contre les aperçus IA de Google, les paiements aux éditeurs restant minimes

La décision est tombée le 1er octobre. Le juge fédéral Amit Mehta a rejeté les deux plaintes, déposées en 2025, et jugé que le comportement de Google autour des aperçus IA n'enfreignait pas le droit de la concurrence. Ars Technica a rapporté la décision le soir même, Engadget dans l'heure. Les deux médias citent l'avis motivé où Mehta écrit : « Les demandeurs n'allèguent qu'une chose : ils s'attendent à ce que Google leur envoie du trafic de recherche s'ils mettent leur contenu à disposition gratuitement. Mais une attente n'est pas un accord. C'est simplement ainsi que fonctionne un moteur de recherche généraliste. »

Les deux plaignants avançaient une thèse commerciale, pas contractuelle. Chegg, la plateforme éducative, soutenait que Google aspirait ses contenus, les injectait dans Gemini, puis servait des réponses qui remplaçaient les clics vers Chegg. Penske Media, propriétaire de Rolling Stone et de Variety, affirmait que les sites indexés pour la recherche organique voyaient ces mêmes pages récupérées pour les réponses IA, sans possibilité de refus. Selon Engadget, Mehta n'a pas jugé convaincante, chez l'une comme chez l'autre, la démonstration d'un usage du monopole de recherche pour imposer un contenu gratuit ou obtenir un avantage déloyal dans l'édition. Ce point compte : Mehta est le juge qui a conclu en 2024 que Google détenait un monopole sur la recherche en ligne.

Le tribunal n'a pas feint de trouver l'économie satisfaisante.

« Le tribunal ne prend pas à la légère les préjudices allégués par les demandeurs », écrit Mehta, cité par Ars Technica. « Il n'est pas non plus insensible à la situation dans laquelle se trouvent aujourd'hui les éditeurs, ni aux conséquences en cascade pour les journalistes, les enseignants et les autres créateurs en ligne dont Google prend et réutilise le contenu sans compensation. »

Pour les éditeurs, ce rejet ferme une voie et en laisse d'autres ouvertes. Le raisonnement de Mehta renvoie à la loi plutôt qu'au procès, et Ars Technica note que les législateurs américains avancent lentement sur l'IA et la recherche. Ailleurs, le tableau diffère : la Commission européenne examine des questions similaires, et le Royaume-Uni a ordonné à Google d'offrir une option de retrait de l'IA aux sites qui veulent rester dans les résultats de recherche organique.

L'argent est modeste, les écarts sont énormes

Le jour même de la décision, le média allemand heise rapportait que le programme pilote de Google rémunérant les éditeurs pour le contenu utilisé dans les aperçus IA couvre environ 100 maisons d'édition, blogs et sites, selon The Information. Les montants varient énormément. Un éditeur a déclaré à The Information avoir reçu environ 50 000 à 60 000 dollars à ce stade, une part qu'il juge non significative de son chiffre d'affaires. Un ancien participant affirme avoir gagné plus de 1 000 000 de dollars, une part bien plus importante de son activité. Des sites plus petits ont reçu moins de 1 000 dollars dans certains cas, sur plusieurs mois. Pour plusieurs acteurs de petite et moyenne taille, les paiements représentaient moins de 0,1 % des revenus publicitaires.

Ces chiffres ont des conséquences. Heise rapporte que ces faibles paiements auraient dissuadé certaines grandes maisons de médias de rejoindre le programme, un refus destiné à pousser Google et d'autres fournisseurs d'IA vers des tarifs plus élevés. D'autres éditeurs voient dans le pilote un moyen d'apprendre quel contenu l'IA de Google valorise le plus, afin d'orienter leur stratégie en conséquence. Google ne partage apparemment pas encore ce signal. Les participants peuvent suivre les revenus via Google Search Console, selon Digiday, mais ignorent souvent comment les montants individuels sont calculés.

La position historique de Google était que les éditeurs n'ont pas à être payés pour leur visibilité dans la recherche, puisque le moteur renvoie du trafic en retour. Depuis que les aperçus IA placent des résumés générés directement sur la page de résultats, ce trafic a diminué. Heise rapporte aussi que Google fait pression sur les éditeurs à propos des licences IA : ceux qui veulent rejoindre un nouveau pilote IA pour Google News sont censés accorder de larges droits sur leur contenu, parfois comme condition du maintien des paiements existants.

L'entreprise teste aussi les paiements tout en se défendant sur d'autres fronts. Ars Technica rapportait le 30 septembre que le pilote passait mal auprès des éditeurs, et que Google explorait des paiements directs pour le contenu contribuant aux réponses IA.

La pression réglementaire et juridique ne faiblit pas. La Réserve fédérale et la FDIC ont publié le 29 septembre des lettres de retour sur les plans de résolution pour 15 organisations bancaires détenant plus de 250 000 000 000 dollars d'actifs. Rappel que les canaux de supervision formels continuent d'avancer, indépendamment de la bataille de la recherche. Dans le domaine de la sécurité de l'IA, NVIDIA a publié le 21 septembre un cadre d'ingénierie soutenant que les permissions des agents doivent être appliquées en dehors du raisonnement du modèle lui-même, un argument de gouvernance qui vaut pour tout système réutilisant à grande échelle du contenu tiers.

Les éditeurs, eux, se couvrent. Condé Nast et Hearst figuraient parmi environ 300 éditeurs faisant pression sur le Congrès pour interdire l'aspiration par les bots, selon Mashable SEA. Digiday rapportait le 1er octobre que les acheteurs média transforment l'« optimisation pour moteurs génératifs » d'une expérimentation en ligne budgétaire. The Verge rapportait le 30 septembre que Google teste des paiements aux éditeurs pour les résultats de recherche IA ; le lendemain matin, Search Engine Journal plaçait certains sites sous 0,1 % de leurs revenus publicitaires.

Rien de tout cela ne change la position juridique fixée le 1er octobre. L'avis de Mehta dit explicitement que le droit de la concurrence ne peut se substituer à la loi au seul motif qu'un résultat paraît injuste : « Le tribunal est tenu d'appliquer la loi telle qu'elle est écrite, et non telle que le tribunal ou une partie estime qu'elle devrait être. » Google obtient le rejet. Les éditeurs obtiennent un paragraphe compatissant et des chèques du pilote qui, pour beaucoup, ne couvrent pas le trafic perdu.

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Sources

15
  1. 01Judge dismisses Chegg and Penske antitrust lawsuits targeting Google AI searchEN
  2. 02Judge dismisses lawsuits claiming Google's AI Overviews siphon web trafficEN
  3. 03KI-Übersichten: Google vergütet Publisher – Spanne offenbar enormDE
  4. 04Agencies publish resolution plan feedback letters for 15 banking organizationsEN
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Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Camille Rousseau

Camille Rousseau

IA, modèles et technologies

Camille Rousseau suit les technologies, l’IA et les modèles ainsi que les médias et l’internet pour FLASH24, en partant des dépôts de modèles, des publications techniques et des données publiques, sans reprendre les annonces sans vérification. Elle contrôle les chiffres d’entraînement et de coût en remontant aux jeux de données, aux versions de modèles et aux méthodes de mesure. Elle interroge des chercheurs et des équipes produit, compare les résultats entre modèles et attend les mises à jour de calendrier des principaux fournisseurs. Son intérêt pour l’impression 3D, les vieux ordinateurs et la façon dont les modèles apprennent rejoint directement son travail sur l’IA et les technologies. Elle ne publie pas de chiffres sans source ni de comparaison sans protocole reproductible.

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