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Le TPU de Google atteint l'orbite, la Chine, le Canada et les opérateurs redessinent leurs plans satellitaires

Alphabet a placé jeudi son premier tensor processing unit en orbite à bord d'une Falcon 9 de SpaceX. Ce premier essai ouvre un projet dont les propres chercheurs de Google estiment qu'il faudrait environ 1 800 vols de Starship pour rendre les centres de données orbitaux viables.

TechnologieAnalyseCamille RousseauPublié le: 2 octobre 20264 min de lectureSources 9
Le TPU de Google atteint l'orbite, la Chine, le Canada et les opérateurs redessinent leurs plans satellitaires

Le vol partagé Transporter-18 a décollé de la Vandenberg Space Force Base le 1er octobre à 11 h 32 PDT, avec 130 charges utiles à bord, selon NASASpaceFlight.com. Parmi elles se trouvait Project Suncatcher M1 de Google, un satellite de Planet Labs. La puce y tournera par tranches de 15 minutes, pour voir comment elle encaisse les vibrations du lancement, les radiations et les limites thermiques de l'orbite basse.

Google a dévoilé Suncatcher en novembre 2025. Le livre blanc qui l'accompagne, publié jeudi sous forme évaluée par les pairs et à paraître dans Joule, soutient que SpaceX a atteint une « courbe d'apprentissage » du coût de lancement d'environ 20 % par an depuis la Falcon 1 et pourrait approcher les 200 dollars par kilogramme d'ici 2035, rapporte TechCrunch. C'est le chiffre sur lequel repose toute l'idée.

Starship, le goulot d'étranglement que personne ne peut écarter

Le même document pose le calcul qui rend l'équation compliquée à court terme : Google estime que Starship devrait voler environ 1 800 fois avant que les centres de données spatiaux aient un sens à grande échelle. Travis Beals, qui dirige Suncatcher chez Google, a déclaré à TechCrunch que l'entreprise conçoit pour des charges de travail à cinq ans, car les fusées nécessaires pour rendre le calcul orbital bon marché à grande échelle n'existent pas encore.

Google n'est pas seul dans la file, et il est aussi investisseur du lanceur. CNBC rapporte que la participation d'Alphabet dans SpaceX, entrée en bourse en juin lors d'une introduction record, vaut plus de 82 000 000 000 dollars. Selon la directrice des opérations Gwynne Shotwell, SpaceX a annoncé qu'elle déploierait du « supercalcul dans l'espace » en 2027 et prévoit ses propres essaims de satellites équipés de GPU, construits à Redmond, dans l'État de Washington.

D'autres vendent déjà dans cet intervalle. Satlyt, fondée par l'ancien chef de produit de Google et SpaceX Rama Afullo, a levé un tour d'amorçage de 8 000 000 dollars qu'elle a révélé en exclusivité à TechCrunch. Son logiciel a volé sur la même Falcon 9, à bord d'un engin construit par l'indien TakeMe2Space pour des clients dont la NASA et Stellerian. Afullo affirme qu'un modèle DeepMind Gemma exécuté sur un vaisseau de Momentus a réduit de plus de 60 % la taille d'une transmission portant sur des erreurs logicielles à bord.

La Chine compte à rebours vers 100 lancements

La Chine, elle, pousse le rythme des lancements plutôt que le calcul orbital. SpaceNews rapporte qu'une Long March 8A a placé le 26e groupe de satellites internet Guowang en orbite depuis Hainan le 23 septembre. Moins d'un jour plus tard, une Long March 6A emportait le quatrième lot d'engins Yaogan-40 depuis Taiyuan, le 24 septembre.

La CASC a indiqué que les satellites Guowang avaient atteint leurs orbites prévues ; le suivi de l'US Space Force les situe sur des orbites à peu près circulaires de 1 100 km, inclinées à 50 degrés, selon SpaceNews. Guowang est exploité par l'entreprise d'État China SatNet et doit compter environ 13 000 satellites. Ces deux lancements portent la Chine à 70 tentatives orbitales pour 2026, avec au moins 31 nécessaires au quatrième trimestre pour dépasser 100 pour la première fois.

La prochaine mission habitée, Shenzhou-24, semble devoir partir vers novembre sur une Long March 2F depuis Jiuquan, avec peut-être à bord un spécialiste de charge utile pakistanais non confirmé. SpaceNews note que la sélection de l'équipage n'est pas officiellement confirmée.

Opérateurs, Canada et tension sur les lancements

Au sol, AT&T, T-Mobile et Verizon ont signé une coentreprise pour mutualiser leurs spectres et combler les lacunes de couverture aux États-Unis, en nommant Paul Roth directeur général par intérim, rapporte Light Reading le 1er octobre. Les trois opérateurs avaient annoncé le projet en mai.

L'offre de fusées est la contrainte que tous partagent. Light Reading cite les chiffres d'Analysys Mason : plus de 230 projets de constellations et 1 500 000 satellites prévus, la plupart pour des centres de données orbitaux, face à un record de 5 000 satellites lancés en 2025. À ce rythme, lancer les seuls 133 000 satellites hors centres de données prendrait près de 27 ans.

Le Canada répond à la pénurie et à sa rupture avec Washington. Ars Technica rapporte que la société torontoise Canada Rocket Company renonce entièrement au petit lancement pour sa fusée de moyenne capacité R-2, capable de placer 12,5 tonnes métriques en orbite basse et visant un premier vol en 2032, après des attributions initiales de 8 330 000 dollars canadiens au titre du programme Launch the North.

Plus près du vol, une Falcon Heavy devait lancer la mission classifiée NROL-97 pour le National Reconnaissance Office depuis le Kennedy Space Center tard le 1er octobre, rapporte NASASpaceFlight.com, soit le délai le plus court jamais observé entre deux missions Falcon Heavy.

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Sources

9
  1. 01SpaceX launches Google AI chips into orbit in push toward space-based data centersEN
  2. 02Google thinks SpaceX's Starship has to launch 1,800 times before space data centers get off the groundEN
  3. 03Starfish Otter, other payloads launch on Transporter 18EN
  4. 04Satlyt, founded by a former Google and SpaceX product manager, raises $8M to run AI on satellitesEN
  5. 05China launches Guowang, Yaogan-40 satellites, sets up busy Q4 manifestEN
  6. 06AT&T, T-Mobile and Verizon launch joint venture to end dead zones; name Paul Roth interim CEOEN
  7. 07Starship launch reignites rocket shortage worries for Starlink rivalsEN
  8. 08As US relations fray, Canada gets serious about its own launch industryEN
  9. 09Falcon Heavy set to launch classified NROL-97 to high-energy orbitEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Camille Rousseau

Camille Rousseau

IA, modèles et technologies

Camille Rousseau suit les technologies, l’IA et les modèles ainsi que les médias et l’internet pour FLASH24, en partant des dépôts de modèles, des publications techniques et des données publiques, sans reprendre les annonces sans vérification. Elle contrôle les chiffres d’entraînement et de coût en remontant aux jeux de données, aux versions de modèles et aux méthodes de mesure. Elle interroge des chercheurs et des équipes produit, compare les résultats entre modèles et attend les mises à jour de calendrier des principaux fournisseurs. Son intérêt pour l’impression 3D, les vieux ordinateurs et la façon dont les modèles apprennent rejoint directement son travail sur l’IA et les technologies. Elle ne publie pas de chiffres sans source ni de comparaison sans protocole reproductible.

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