Les Dots d'OpenAI et la course aux agents : ce que l'IA fait vraiment aux chiffres de l'emploi
OpenAI a lancé Dots, son agent personnel « toujours actif », lors du DevDay du mardi 29 septembre, trois semaines après le Muse de Meta. Cette ruée vers l'agent personnel percute un marché du travail américain qui envoie déjà des signaux contradictoires sur l'IA.

OpenAI a profité de sa conférence annuelle DevDay, à San Francisco le mardi 29 septembre, pour lancer Dots, présenté comme des agents « toujours actifs » chargés de réserver un voyage, payer des factures ou répondre aux courriels, selon CNBC. Le lancement intervient trois semaines après la sortie du Muse de Meta, début septembre. Sur ce mois, l'action Meta a gagné 29 %, sa meilleure performance depuis 2013, rapporte CNBC.
Voilà pour l'actualité immédiate. La question plus difficile est ce que tout cela fait à l'emploi.
Le même jour, The Register a publié une chronique de Corey Quinn. Pour lui, la bataille entre OpenAI et Anthropic porte désormais sur la distribution, non sur la qualité des modèles. Quinn écrit qu'OpenAI ouvre le code de son harnais Codex et ajoute Baseten à une place de marché de 32 partenaires de lancement. Il y voit le signe qu'OpenAI veut que ses modèles « gagnent sur leurs mérites ». Anthropic, écrit-il, tient la ligne inverse : essayez un compte Claude Pro avec OpenCode et « vous découvrirez bientôt que votre compte Claude Pro ne fonctionne plus ». C'est une chronique, pas une déclaration d'entreprise, et les conditions décrites par Quinn ne sont visibles que dans les comptes OpenAI d'entreprise.
Les chiffres de l'emploi partent dans deux directions
Du côté de l'emploi, les chiffres les plus solides du dossier ne concernent pas du tout l'IA. E2, à partir des données du département de l'Énergie des États-Unis, a calculé que le pays a perdu 36 949 emplois dans l'énergie propre en 2025, premier recul annuel depuis la pandémie, rapporte Electrek le 28 septembre. L'emploi dans l'énergie propre est tombé à 3 520 000. Les pertes touchent 35 États ; la Californie en a supprimé près de 21 000, tandis que la Floride en a gagné environ 3 800.
C'est une histoire de politique publique. Mais elle s'inscrit dans un tableau de l'emploi plus large que plusieurs médias tentent de décrypter. L'ensemble du secteur américain de l'énergie a perdu environ 86 000 emplois en 2025, l'énergie propre représentant près de 43 % de la baisse, selon les données du DOE citées par E2. Le rapport complet d'E2, Clean Jobs America 2026, avec le détail par État et par comté, est attendu en octobre : ces chiffres sont donc provisoires. Le groupe recense aussi 142 projets de fabrication, de production et de stockage d'énergie propre annulés ou réduits en 2025. Il précise que ces chiffres d'emploi ne permettent pas d'établir combien d'emplois ont été perdus à cause d'un changement de politique précis.
Le débat sur l'IA et l'emploi est plus bruyant, et il relève largement de la projection plutôt que de la mesure. Parmi les gros titres récents du dossier : une estimation de McKinsey selon laquelle 11 000 000 de travailleurs américains pourraient devoir changer d'emploi d'ici 2035, un rapport de TD Economics jugeant peu probable un « apocalypse de l'emploi » due à l'IA, et un rapport de Revelio Labs (via PR Newswire) indiquant que les États-Unis ont créé 56 900 emplois en septembre tandis que le rythme d'adoption de l'IA a chuté de 48 % par rapport à son pic du printemps. Ce sont des résumés de gros titres, pas des textes complets, et ils pointent dans des directions différentes : adoption qui refroidit, créations d'emplois qui continuent, et un remaniement de long terme toujours anticipé.
« Je pense que nous assistons à une évolution inévitable de la technologie », a déclaré John Waldmann, PDG de la start-up de technologie RH Homebase, dans le reportage de CNBC. « Ce n'est sans doute pas une surprise que tout arrive en même temps. »
L'article de CNBC note aussi le contexte concurrentiel : Google commercialise Gemini Spark comme un « agent IA personnel 24h/24 et 7j/7 », Apple pousse un Siri redessiné, et la start-up Instinct a levé 1 000 000 000 de dollars sur une valorisation de 10 000 000 000 de dollars lundi. Jean-Denis Grèze, PDG de Town, a déclaré à CNBC que les Dots d'OpenAI « continuent de valider la catégorie et le besoin d'assistants de travail ». Le propos de Grèze est une déclaration à CNBC, pas un résultat indépendant.
Là où les chiffres sont mous
Si vous cherchez une seule raison de douter de n'importe quel chiffre sur l'IA et l'emploi aujourd'hui, regardez le calendrier. Les données de travail les plus concrètes liées à l'IA dans le dossier sont mensuelles et bruitées : les inscriptions au chômage aux États-Unis sont tombées à leur plus bas niveau depuis juillet, et ADP a fait état de créations d'emplois dans le secteur privé en septembre, selon The Economic Times et WIOD. L'aperçu d'Investopedia du rapport sur le marché du travail de vendredi note que le tableau est encore en formation. Rien de tout cela n'isole l'IA comme cause.
La même prudence vaut pour les chiffres de l'énergie propre. Le constat d'E2 est une vraie première : quatre années consécutives de croissance se sont achevées en 2025. Mais c'est un total pour 2025, publié fin septembre 2026, et E2 présente lui-même ce résultat comme l'effet direct du recul du soutien fédéral, non comme un effet de l'IA. Les analystes qui veulent relier l'IA aux pertes d'emplois ont besoin d'un autre jeu de données.
Il y a aussi un point structurel enfoui dans l'article de CNBC. Le marché de l'agent personnel réunit désormais OpenAI, Meta, Google, Apple et des start-up financées, tous lançant des produits similaires au même moment, avec, comme l'écrit CNBC, « peu de capacité à verrouiller les utilisateurs ». C'est un problème de produit et de marché, mais c'est aussi un signal pour l'emploi : quand cinq grandes entreprises convergent vers la même catégorie d'assistants en quelques semaines, le travail des jeunes coordinateurs, des planificateurs et des gestionnaires de boîte de réception se trouve en plein dans la zone visée.
Ce que le dossier ne contient pas, c'est une mesure crédible de ce déplacement. Le chiffre de 11 000 000 de McKinsey est une prévision à l'horizon 2035. TD Economics plaide contre une apocalypse. Revelio Labs rapporte à la fois des créations d'emplois et un ralentissement du rythme d'adoption de l'IA. Tout cela peut être vrai en même temps, et rien de tout cela n'est un décompte de paie.
Pour l'instant, la seule chose clairement datée et clairement sourcée cette semaine, c'est la course aux produits : Dots le 29 septembre, Muse plus tôt en septembre, la levée d'Instinct lundi. Le verdict sur l'emploi reste en suspens, et le prochain vrai point de données est le rapport sur le marché du travail américain de vendredi, avec la ventilation plus complète d'E2 sur l'énergie propre attendue en octobre. En attendant, traitez chaque gros titre sur l'IA et l'emploi comme une projection déguisée en chiffre.
Sources
6- 01OpenAI follows Meta into the red-hot market for personal agents. But will users pay?EN
- 02OpenAI apes AWS Marketplace while Anthropic remains stubbornly MicrosoftianEN
- 03US clean energy jobs fell for the first time since the pandemicEN
- 04Dinosaur-killing impact crater might have been teeming with lifeEN
- 05One year in: How Microsoft Research Asia – Singapore is advancing research, partnership and talent for real-world impactEN
- 06Tone-Deaf Trillionaire Launches $200,000 Electric Car Into Sour US MarketEN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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