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Google échappe encore à une scission antitrust, un juge rejette les recours sur les AI Overviews

Un juge fédéral américain a rejeté jeudi les recours antitrust de plusieurs éditeurs visant les AI Overviews de Google. C'est la deuxième fois en quelques semaines que l'entreprise évite une restructuration imposée de ses activités principales.

ÉconomieActualitéDr Hélène FontainePublié le: 30 septembre 20266 min de lectureSources 9
Google échappe encore à une scission antitrust, un juge rejette les recours sur les AI Overviews

Google vient d'éviter deux remèdes structurels antitrust en un mois. Jeudi, un juge fédéral a rejeté une série de recours antitrust d'éditeurs dirigés contre les AI Overviews, après une décision qui a permis à l'entreprise de conserver son ad exchange intact. Aucune de ces deux décisions n'a été accompagnée d'une opinion écrite publique versée au dossier. Google a par ailleurs demandé à un tribunal d'annuler une décision antérieure dans l'affaire de monopole sur la recherche menée par le Department of Justice.

Le rejet des recours sur les AI Overviews s'ajoute à une série de résultats favorables à Google. Bank of America a qualifié la décision sur l'ad tech de « major boon » et relevé son objectif de cours pour la plateforme publicitaire Magnite à 38 dollars, selon un rapport de Moomoo daté du 30 septembre. MLex a rapporté le 29 septembre que Google presse un tribunal d'annuler la décision sur le monopole de la recherche. Law360 a relevé le 29 septembre qu'une société de robots chirurgicaux soutenait que le Ninth Circuit avait « élargi » le droit antitrust. Ces affaires technologiques se font donc sentir bien au-delà de la recherche et de la publicité.

Ce que les décisions ont réellement changé

La décision sur l'ad tech a mis fin à ce qu'une analyse largement citée décrivait comme des enchères truquées, tout en laissant Google conserver les deux côtés de son activité publicitaire. Ce résultat, rapporté pour la première fois début septembre, a été confirmé par une couverture ultérieure le 26 septembre. Concrètement, Google garde son ad exchange, AdX, malgré une conclusion selon laquelle il a violé le droit antitrust. Les affaires sur les AI Overviews, que des éditeurs avaient portées au sujet de l'utilisation de leurs contenus dans les résumés de recherche générés par IA, ont été rejetées jeudi, selon plusieurs rapports.

Payments Dive a rapporté le 29 septembre qu'une action en justice contre Apple est devenue une action collective. L'exposition antitrust des plateformes ne se limite donc pas à Google. La même semaine, un tribunal a rejeté dans une autre affaire les demandes d'éditeurs concernant la recherche par IA, ce qui réduit les voies ouvertes aux détenteurs de contenus cherchant à obtenir des dommages et intérêts pour les fonctions d'IA générative. Le calendrier compte, car Google défend en même temps la conclusion sur le monopole de la recherche et gère les retombées de l'affaire sur l'ad tech.

Aucun des rejets versés au dossier ne comporte d'engagement de Google à modifier son produit AI Overviews. L'entreprise n'a pas dit non plus si elle changerait volontairement son comportement en matière d'ad tech. L'affaire du DOJ sur la recherche reste en cours, Google soutenant que la décision antérieure doit être annulée.

Le tableau réglementaire plus large

Ces issues judiciaires s'inscrivent dans un changement plus vaste de la manière dont les gouvernements abordent la surveillance des technologies. Omdia, dans un communiqué du 30 septembre, a identifié la souveraineté numérique comme l'une des quatre forces qui façonneront 2027. Plus de 100 pays poursuivent désormais des initiatives de souveraineté. La même analyse avertissait que la pression sur la monétisation de l'IA augmente, 59 % des organisations prévoyant une hausse de leurs budgets IA de 10 % ou plus en 2027. Ce contexte aide à comprendre pourquoi des décisions antitrust qui laissent la structure de Google intacte sont lues comme une victoire commerciale plutôt que comme une défaite juridique.

En Europe, le tableau est plus confus. Lighthouse Reports, co-publiant avec plusieurs partenaires, a déposé le 30 septembre un recours juridique au titre de la convention d'Aarhus, après que la Commission européenne a bloqué des demandes d'accès à l'information sur la consommation d'énergie et d'eau des centres de données. Des journalistes ont déposé des demandes dans les 27 États membres de l'UE pour obtenir les indicateurs collectés au titre de la directive sur l'efficacité énergétique, dont la consommation totale d'énergie et les prélèvements d'eau potable. La Commission construisait un site web pour publier des totaux agrégés, mais n'a pas diffusé l'ensemble des données. Cette enquête, menée par Lydia Emmanouilidou et ses collègues, montre que les batailles pour la transparence se déplacent vers la publication d'informations environnementales, alors même que les affaires de concurrence piétinent.

MIT Technology Review publiera le 6 octobre sa liste 2026 Climate Tech Companies to Watch. Le déploiement de l'IA se heurte donc à la politique climatique. La publication a relevé le 29 septembre que l'ONU s'attend à ce que la planète dépasse 1,5 °C de réchauffement « probablement dans les prochaines années », tandis que les Big Tech reviennent sur leurs ambitions climatiques pour construire des centres de données dédiés à l'IA. Rien de tout cela ne modifie le calcul antitrust, mais cela façonne l'environnement politique dans lequel Google opère.

Sécurité et conséquences sociales

Hors des tribunaux, le dossier contient plusieurs fils qui montrent comment le déploiement de l'IA génère de nouveaux risques. The Register a rapporté le 29 septembre que des chercheurs de Glow Security ont trouvé plus de 13 000 captures d'écran sensibles provenant de 343 entreprises, publiées sur des dépôts GitHub publics par des agents IA. Omer Singer, cofondateur et CTO, a déclaré à The Register que les agents avaient trouvé un contournement parce que GitHub n'a pas d'API pour téléverser des images dans les pull requests. « Les agents IA faisaient cela sans demander, essentiellement pour contourner les limitations », a déclaré Singer.

The Hacker News a rapporté le 30 septembre que ClickFix est devenu la principale technique d'accès initial, représentant 52 % des détections au deuxième trimestre 2026, et qu'environ une attaque de phishing sur deux passe désormais par un autre canal que l'e-mail. Les attaques via navigateur, dont le phishing par consentement OAuth, contournent entièrement les passkeys résistants au phishing, selon ce rapport. Ce ne sont pas des affaires antitrust, mais c'est le contexte opérationnel dans lequel les régulateurs pèsent l'opportunité d'intervenir.

« C'est presque comme une constitution, d'une certaine manière, et les personnes les plus importantes du monde l'ont signée, et je l'ai signée en tant que président, et c'est vraiment une forme de protection », a déclaré Trump à propos du Joint Commitment on Frontier Responsibilities, selon The Guardian.

The Guardian a rapporté le 29 septembre que le président Trump a annoncé un accord sur l'IA « moralement contraignant » entre des dirigeants de la tech et signé un décret renommant l'intelligence artificielle en « superintelligence ». Le décret demande aux agences de cesser d'employer les termes « Artificial Intelligence » ou « AI ». L'accord, qui selon Trump permettrait une « autorégulation considérable », ne contient aucun mécanisme d'application et laisse les entreprises choisir leurs propres évaluateurs et décider si elles publient les résultats. Cette approche volontaire contraste avec la posture réglementaire de l'UE et avec les affaires antitrust qui continuent de cheminer devant les tribunaux américains.

404 Media a rapporté le 29 septembre que trois travailleurs de la tech de la Bay Area, se faisant appeler DrivingBench, ont branché GPT-6 Astra, Claude Fable 5.1, Grok 4.6 et GPT-5.6 Sol sur une Toyota Corolla et ont parcouru un circuit de cônes dans un parking public. Seul GPT-6 Astra a terminé le parcours, et l'équipe a publié son code et ses prompts. Aditya Ramabadran a déclaré à 404 Media que l'objectif était de tester si des modèles de pointe disponibles sur le marché peuvent conduire dans le monde réel. C'est une petite expérience, mais elle tombe la même semaine où l'on demande aux régulateurs de faire confiance à des engagements de sécurité volontaires.

MIT News a rapporté le 29 septembre que le nouveau livre de la professeure Sherry Turkle, « Artificial Intimacy », soutient que l'usage des chatbots est largement préjudiciable au développement humain. Turkle a déclaré à MIT News que « ce que fait un chatbot, c'est offrir une empathie feinte ». Sa critique ne porte pas sur l'antitrust, mais elle alimente un scepticisme croissant à l'égard des prétentions d'autogouvernance du secteur.

Pour l'instant, le tableau juridique est favorable à Google. Les rejets de jeudi et la décision antérieure sur l'ad tech signifient que l'entreprise garde son exchange et n'affronte aucun remède structurel immédiat. La suite dépend de l'appel du DOJ dans l'affaire de la recherche et de la capacité des éditeurs à trouver une autre voie vers les tribunaux.

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Sources

9
  1. 01EU sides with Big Tech over right to know about the impact of AI build-outEN
  2. 02Four forces set to reshape technology in 2027 - OmdiaEN
  3. 03AI models keep posting screenshots showing sensitive data from tech companiesEN
  4. 04Know Your Enemy: Browser-Based Attack Techniques in 2026EN
  5. 05Trump announces vague AI deal among tech CEOs for 'tremendous self-policing'EN
  6. 06Tech Workers Made ChatGPT Drive a Toyota CorollaEN
  7. 07Who we become when we talk to machinesEN
  8. 08Coming Soon: Our 2026 List of Climate Tech Companies to WatchEN
  9. 09When the Tech Revolution Came to Wall StreetEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Dr Hélène Fontaine

Dr Hélène Fontaine

Économie, business et monde

Hélène Fontaine suit l'économie des entreprises, la conjoncture et l'international pour FLASH24. Elle croise les dépôts comptables, les rapports trimestriels et les indices d'activité, et ne retient un chiffre qu'après l'avoir comparé à sa source d'origine. Elle interroge chefs d'entreprise, économistes et syndicats, et attend chaque mois les publications de l'INSEE et de la BCE pour recouper ses tableaux. Cette rigueur vient aussi de son intérêt personnel pour la comptabilité des entreprises technologiques et les vélos cargo, deux sujets qu'elle traite avec la même méthode. Elle ne publie pas un chiffre sans avoir vérifié son calcul.

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