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Crew-13 en orbite : études sur l'intestin, la hanche et la météo spatiale ciblent les risques martiens

L'équipage SpaceX de quatre personnes, dirigé par Jessica Watkins, a décollé de Cap Canaveral le jeudi 1er octobre 2026 pour une expédition de six mois sur l'ISS, la même semaine où de nouvelles recherches ont lié les longs vols aux modifications intestinales et au risque de fracture de la hanche.

SciencesActualitéAmélie BernardPublié le: 2 octobre 20266 min de lectureSources 14
Crew-13 en orbite : études sur l'intestin, la hanche et la météo spatiale ciblent les risques martiens

SpaceX a lancé Crew-13 depuis le complexe de lancement 40 de la Cape Canaveral Space Force Station à 11h10 EDT (15h10 UTC) le jeudi 1er octobre 2026, selon Ars Technica. Jessica Watkins, géologue de 38 ans, devient la première femme noire à commander un vaisseau spatial, rapporte la même source. The Guardian indique que l'équipage a atteint l'orbite après un retard de trois semaines pour réparer une fuite de carburant dans la capsule Dragon. La traversée vers la station devrait durer environ huit heures, le temps le plus rapide à ce jour pour un engin spatial américain. L'équipage est petit. Les enjeux, non. Le pilote Luke Delaney, l'astronaute canadien Joshua Kutryk et le cosmonaute russe Sergey Teteryatnikov effectuent tous leur premier vol.

NASASpaceflight a rapporté le 29 septembre que la fenêtre de lancement du Falcon 9 était instantanée, que le lanceur B1101 effectuait son troisième vol, et que Dragon Grace s'est amarré au port avant de Harmony à 20h00 EDT le 1er octobre. La mission rejoindra l'Expedition 75 et est prévue pour partir en mars 2 027.

Dès que l'équipage s'installe, la recherche commence. Une étude de l'Université de Copenhague publiée le 28 septembre, basée sur des échantillons de sang de 52 astronautes ayant passé des mois à bord de l'ISS, a révélé que les bactéries intestinales commencent à fermenter les protéines de manière inhabituelle dès les premières semaines en orbite. ScienceDaily a rapporté cette découverte. Les chercheurs soupçonnent que la micropesanteur ralentit le transit intestinal, donnant plus de temps aux bactéries pour décomposer les protéines. Cela pourrait expliquer la constipation fréquente dans l'espace. L'enjeu dépasse la digestion. Lars Ove Dragsted, auteur senior, a déclaré que les produits de la fermentation des protéines sont souvent associés à des dommages rénaux, des effets sur l'humeur et une réduction de la concentration. Sur une mission martienne, les équipages passeraient bien plus de temps loin de la gravité terrestre que les astronautes de l'ISS actuellement, et des contre-mesures pourraient être nécessaires. L'ISS est habitée en permanence depuis 2000, selon Ars Technica, et la NASA et ses partenaires prévoient de la faire fonctionner au moins jusqu'en 2 030.

« Nous observons des changements dans les échantillons de sang des astronautes qui indiquent que les bactéries intestinales commencent à fermenter les protéines plus que d'habitude dans les semaines suivant leur arrivée dans l'espace, et ce changement persiste jusqu'à leur retour sur Terre », a déclaré Giorgia La Barbera, co-auteur principal de l'Université de Copenhague.

Une autre ligne de travail pointe dans la même direction. Microsoft Research a publié le 30 septembre un pipeline d'apprentissage automatique qui prévoit le risque de météo spatiale sur 66 935 sous-stations aux États-Unis continentaux. Le système combine des données de vent solaire, des prévisions d'électro-jet auroral et de temps de tempête de perturbation, la géologie locale et l'infrastructure du réseau. Il a détecté près de 80 % des événements majeurs de météo spatiale pendant sa période d'évaluation et peut avertir les opérateurs du réseau 30 à 60 minutes à l'avance, selon le billet de blog. La tempête géomagnétique de mai 2 024, qui a dégradé le GPS et les opérations satellites, est le cas de référence.

Matériel, financement et le long chemin vers Mars

La météo spatiale n'est pas le seul risque évalué. Un rapport de TechCrunch du 1er octobre a décrit le Project Suncatcher de Google, dont le premier satellite prototype, construit par Planet Labs, a été lancé sur une fusée SpaceX depuis la Californie le même jour. Le satellite allumera une Google Tensor Processing Unit par impulsions de 15 minutes pour éviter de surcharger les systèmes de puissance et thermiques. Google a également publié un blanc papier évalué par les pairs sur les centres de données orbitaux, à paraître dans Joule. Le papier suppose que SpaceX atteigne des prix de lancement proches de 200 dollars par kilogramme d'ici 2 035, basé sur une réduction annuelle des coûts d'environ 20 % depuis le Falcon 1, bien que les auteurs soulignent qu'il ne s'agit pas d'une étude de faisabilité économique. Satlyt, une entreprise de Sunnyvale et Nairobi fondée par l'ancienne responsable produit de Google et SpaceX Rama Afullo, a levé une ronde semence de 8 000 000 de dollars et a volé son logiciel sur le même lancement, a rapporté TechCrunch le 1er octobre. Afullo a déclaré à la source que Satlyt a déployé le modèle Gemma de Google DeepMind sur une capsule Momentus plus tôt cette année, réduisant la taille d'une transmission liée aux erreurs logicielles embarquées de plus de 60 %. Les clients de l'entreprise pour cette mission incluent la NASA, Stellerian et TakeMe2Space. L'affirmation selon laquelle la NASA paie Satlyt pour tester des protocoles d'informatique en nuage dans l'espace provient de l'interview de TechCrunch avec Afullo.

D'autres fonds se tournent vers la médecine. Varda a levé une Série D de 251 000 000 de dollars pour faire progresser la fabrication pharmaceutique dans l'espace, a rapporté Endpoints News le 30 septembre. Le même jour, SpaceNews a rapporté que Quantum Space a signé un ordre de travail de traitement de lancement avec All Points Logistics pour sa mission Prime, ciblant le second semestre de 2 027 depuis la Vandenberg Space Force Base. Blackswan Space a clôturé une ronde de 2 500 000 d'euros menée par Iron Wolf Capital, portant le financement total à 3 200 000 d'euros, a rapporté Tech.eu le 30 septembre ; son kit RPO est prévu en orbite en 2 027.

Le problème de la chaîne d'approvisionnement européenne et un marché du lancement en expansion

Les résultats scientifiques tombent alors que l'Europe s'inquiète du matériel sous-jacent. Lors de l'événement de presse Pretzl Connect 2026 à Budapest, Kate Underhill, architecte propulsion des transports spatiaux futurs à l'ESA, a déclaré à EE Times que les systèmes spatiaux fonctionnent typiquement « au moins 10 ans en retard sur l'électronique grand public ». Elle a décrit une tentative de l'ESA pour commander 20 diodes laser à un fournisseur allemand qui exigeait une commande minimale de 10 000 unités. Underhill a également déclaré que les développeurs de satellites européens font face à la conformité des International Traffic in Arms Regulations américaines chaque fois qu'un composant américain est à bord, une contrainte qui a rendu difficiles les efforts de satellites sans ITAR. La demande de lancement ne ralentit pas. La World Space Week 2026 ouvre le 4 octobre dans 100 nations avec le thème « Rocket Revolution », a rapporté SpaceNews, citant 50 000 événements dans 102 pays l'an dernier. Séparément, Agile Space Industries a annoncé que Jason Wright rejoindra l'entreprise en tant que Président début octobre ; la société prévoit d'atteindre environ cinq fois son chiffre d'affaires de 2 022 d'ici la fin de 2 026 et emploie plus de 165 personnes. Et Galileo Space, selon un profil de SpaceNews noté le 1er octobre, est en phase finale pour sécuriser son premier contrat gouvernemental, avec un satellite de démonstration prévu pour le quatrième trimestre de 2 027.

L'aspect humain reste le point central. Kutryk et son épouse Heather attendent leur troisième enfant fin novembre, alors qu'il est en orbite. « Laisser ces trois (plus un en route) est la chose la plus difficile que j'aie jamais faite. Mais c'est toujours la nature de l'exploration », a-t-il écrit sur X, cité par Ars Technica.

Le responsable de la NASA Dana Weigel a déclaré à la veille du décollage que l'agence ferait de son mieux pour maintenir Kutryk en contact avec sa famille, selon The Guardian. Cela a déjà été fait : Randy Bresnik a appelé depuis l'orbite en 2 009, et en 2004 la NASA a relié l'astronaute Mike Fincke à la salle d'accouchement de son épouse. La différence maintenant, c'est que la science commence à expliquer ce que six mois en micropesanteur font au corps, un échantillon de sang à la fois.

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Sources

14
  1. 01SpaceX describes surgical intervention before launch of latest crew missionEN
  2. 02SpaceX launches crew to ISS successfully: 'Thanks for an amazing ride'EN
  3. 03Launch Preview: Crew-13 to head to ISS, Falcon Heavy mission for the NROEN
  4. 04Blood tests reveal why astronauts get constipated in spaceEN
  5. 05Forecasting space weather risks on power gridsEN
  6. 06Google thinks SpaceX's Starship has to launch 1,800 times before space data centers get off the groundEN
  7. 07Satlyt, founded by a former Google and SpaceX product manager, raises $8M to run AI on satellitesEN
  8. 08Varda gets $251M to make medicines in space, a long-sought area for drugsEN
  9. 09Quantum Space Executes Launch Processing Agreement with All Points Logistics for Prime MissionEN
  10. 10Blackswan Space raises €2.5M to take autonomous spacecraft navigation into orbitEN
  11. 11Europe's Space Industry Seeks Greater Supply Chain ControlEN
  12. 12World Space Week 2026 Celebrates the "Rocket Revolution"EN
  13. 13Agile Space Industries Expands Leadership Structure to Support Next Phase of GrowthEN
  14. 14Galileo Space Is Building Satellites That Turn Signals Into Answers in OrbitEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Amélie Bernard

Amélie Bernard

Science et santé

Amélie Bernard couvre les sciences et la santé pour FLASH24, en s'appuyant sur les publications évaluées par les pairs, les communiqués des agences et les données brutes des études, sans reprendre les reprises de presse. Elle vérifie chaque chiffre en remontant à la source, compare les méthodologies et signale les tailles d'échantillon douteuses. Elle interroge régulièrement des chercheurs et des soignants, et attend les mises à jour des revues à comité de lecture avant de publier. Sa formation en physique des matériaux lui sert à décrypter les résultats techniques, et elle observe le ciel avec son propre télescope. Elle ne publie pas une donnée qu'elle n'a pas pu reproduire.

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