Lovable valorisée à 6,6 milliards de dollars, le capital-risque se coupe en deux
La startup suédoise de vibe coding Lovable a bouclé un tour de table qui la valorise à 6,6 milliards de dollars, plus du triple des 1,8 milliard atteints en juillet, selon deux sources citées par CNBC.

Ces sources, qui ont demandé l'anonymat pour évoquer des informations privées, ont indiqué à CNBC que la société américaine de capital-risque Accel a participé au tour. CNBC a révélé l'implication d'Accel le 16 décembre, précisant qu'elle n'avait pas été publiée auparavant. Khosla Ventures, autre investisseur américain, figure aussi au tour, selon une source.
CNBC a sollicité Lovable, Accel et Khosla Ventures pour un commentaire. Aucun des trois n'avait répondu à la publication de l'article. Le chiffre de 6,6 milliards de dollars et la liste des investisseurs reposent donc sur des sources anonymes, pas sur un communiqué de l'entreprise ni sur un dépôt officiel. Forbes écrivait en novembre que le tour valoriserait Lovable à « environ » 6 milliards de dollars.
Ce que Lovable vend réellement
La plateforme de Lovable permet de créer des applications et des sites à partir de consignes textuelles, sans avoir à comprendre le code. Sous le capot, elle utilise des modèles d'IA de fournisseurs comme OpenAI et Anthropic.
L'entreprise est installée à Stockholm et ouvre des bureaux à Boston et San Francisco, selon CNBC. Fondée en 2023, Lovable a déclaré 200 millions de dollars de revenus récurrents annuels en novembre. C'était un peu moins d'un an après avoir atteint pour la première fois 1 million de dollars de revenus récurrents annuels. L'entreprise a aussi indiqué à l'époque que 100 000 projets étaient construits chaque jour sur sa plateforme. Ce sont ses propres chiffres, rapportés par CNBC, et c'est le genre de métrique que les startups privées choisissent de publier.
Son tour de juillet a levé 200 millions de dollars. Les investisseurs comprenaient alors Accel, Creandum, le fondateur de Klarna Sebastian Siemiatkowski, le fondateur d'ElevenLabs Mati Staniszewski et le fondateur de Synthesia Victor Riparbelli. Le nouveau tour serait le troisième de Lovable en 2025.
Le secteur ne manque pas d'argent
Le vibe coding a attiré de gros chèques des deux côtés de l'Atlantique. Anysphere, l'éditeur de Cursor, a levé 2,3 milliards de dollars sur une valorisation de 29,3 milliards de dollars en novembre. Replit a atteint une valorisation de 3 milliards de dollars en septembre après avoir encaissé 250 millions de dollars. Vercel a bouclé un tour de 300 millions de dollars sur une valorisation de 9,3 milliards de dollars.
« Les flux de capital-risque ont traduit un passage du volume à l'intention », écrivait HolonIQ dans une publication du 6 février sur son site, en revenant sur 2025.
Cette phrase vient d'une analyse de HolonIQ, cabinet de recherche qui conseille des gouvernements et des investisseurs sur les secteurs de l'éducation. Rest of World l'a citée dans un article du 23 avril 2026 sur l'effondrement de l'edtech. La même logique apparaît ailleurs dans les chiffres. L'investissement mondial dans l'edtech a culminé à 16,7 milliards de dollars en 2021, selon Tracxn, plateforme basée à Bengaluru qui suit le financement des startups. En 2025, le capital-risque du secteur était retombé sous les 3 milliards de dollars.
Rest of World rapportait aussi que le vivier de fondateurs edtech s'est tari : 645 entreprises ont été lancées en 2025, contre près de 10 500 en 2020. Les raisons citées sont banales et connues. Coûts d'acquisition clients élevés, cycles de vente institutionnels longs et faible rétention liée à des résultats d'apprentissage opaques, selon une analyse de Loot Drop, base de données de plus de 1 700 fermetures de startups.
Où va l'argent à la place
Le schéma n'est pas que le financement en capital-risque a disparu. C'est que les critères se sont resserrés. HolonIQ indiquait que les investisseurs concentraient leur capital sur les produits dopés à l'IA, les plateformes alignées sur le monde du travail et les outils opérationnels pour le primaire et le secondaire qui répondent aux pressions de coûts ou d'exploitation, aux difficultés de recrutement et au soutien scolaire à grande échelle.
L'analyse de Loot Drop le dit plus crûment. La formation professionnelle en entreprise, la préparation aux certifications et l'acquisition de compétences spécialisées pour des carrières à hauts revenus sont plus prometteuses que l'enseignement général primaire et secondaire, conclut-elle. Les gagnants probables sont les outils spécifiques à un métier qui s'intègrent aux flux de travail existants, plutôt que les plateformes qui tentent de remplacer des institutions éducatives entières.
Lovable se situe du bon côté de ce partage, du moins pour l'instant. C'est un outil de développeur vendu à des gens qui veulent livrer du logiciel plus vite, et sa courbe de revenus est l'argument que les investisseurs achètent. Savoir si 6,6 milliards de dollars est le bon prix pour cet argument, le tour lui-même ne répond pas à la question.
Sources
2- 01Vibe coding startup Lovable's latest funding round values it at $6.6BEN
- 02Edtech's pandemic boom is over as K-12 startup funding cratersEN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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