La santé mentale des créateurs de contenu entre au programme de Vidcon
La conférence Vidcon, à Anaheim, a consacré cette année une large part de son programme au bien-être psychique des créateurs de contenu. Les données de l'OMS montrent pourtant que l'accès à des soins efficaces reste rare dans le monde.

Vidcon, à Anaheim, en Californie, est la plus grande conférence consacrée aux créateurs de vidéos sur les réseaux sociaux. Alex Hogan, de STAT, en a signé un reportage. Une chose l'a surpris : cette année, une part importante du programme portait sur la santé mentale des créateurs eux-mêmes. Jusqu'ici, on parlait surtout de l'effet des contenus sur les spectateurs.
Le compte rendu cite des personnes précises. Andy Neal est un créateur sur Instagram. Sa vie a basculé du jour au lendemain quand une de ses vidéos a atteint des dizaines de millions de vues. Shira Lazar, créatrice de contenu et fondatrice de Creators 4 Mental Health, milite pour de meilleures protections de la santé mentale des créateurs. Quand l'audience se compte en millions, la pression, le harcèlement et l'épuisement deviennent une charge professionnelle, et non une affaire privée.
L'ampleur du problème dans les données
Les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé servent de toile de fond à ces discussions. En 2023, près d'une personne sur sept dans le monde, soit 1,2 milliard de personnes, vivait avec un trouble mental. Les troubles anxieux et dépressifs étaient les plus fréquents. Les troubles anxieux touchaient 470 millions de personnes, dont 146 millions d'enfants et d'adolescents. L'OMS souligne que des méthodes efficaces de prévention et de traitement existent, mais que la plupart des personnes atteintes de troubles mentaux n'ont pas accès à des soins efficaces. S'y ajoutent la stigmatisation, la discrimination et les atteintes aux droits humains.
Cette dualité, entre prise de conscience croissante et accès insuffisant, compte du point de vue des outils numériques. Les créateurs en parlent publiquement parce que leur milieu rend cette discussion possible. Mais dans beaucoup de pays manquent non seulement des psychologues, mais aussi l'infrastructure de base des soins.
Ce que la technologie ne réglera pas
L'accès à des applications, à des chatbots et à des contenus de soutien n'est pas la même chose que l'accès à un traitement. Les applications peuvent abaisser le seuil, aider à prendre soin de soi et raccourcir le délai avant un premier entretien. Elles ne remplacent ni le diagnostic, ni la thérapie, ni, en situation de crise, l'intervention. L'OMS indique en outre que le problème tient autant aux ressources qu'à la stigmatisation, et celle-ci ne s'installe pas avec une mise à jour logicielle.
Pour les rédactions qui suivent la santé publique, l'histoire de Vidcon rappelle que la santé mentale a aujourd'hui deux circuits parallèles : la conversation publique menée dans les médias et la statistique silencieuse des manques du système de soins. Une conversation privée de cette seconde partie reste incomplète.
La conclusion pour les applications est simple : une déclaration de sollicitude envers la santé mentale sans accès à une aide réelle reste une promesse marketing. La confiance des utilisateurs ne dépend pas du nombre de fonctions, mais de savoir si, après une alerte du système, quelqu'un décroche réellement le téléphone.
Sources
2Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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