Space.IDC de Star.vision : 1 080 engins spatiaux, 10 milliards de yuans et aucun plan orbital
Le 25 septembre, Star.vision Aerospace a profité d'une scène d'exposition pour annoncer une constellation informatique de 1 080 engins spatiaux. Deux banques chinoises lui ont accordé 10 milliards de yuans de lignes de crédit, soit environ 1,49 milliard de dollars, rapporte le média spécialisé china-in-space.com.

L'entreprise l'appelle la constellation informatique Space.IDC, ou Space String Computing Constellation quand on traduit littéralement le nom chinois. Le principe est simple : installer de la puissance de calcul sérieuse en orbite, là où l'énergie solaire abonde et où la chaleur résiduelle peut être rayonnée dans le vide, puis revendre la production à des clients sur Terre ou à des satellites incapables de prétraiter leurs propres données.
Star.vision, également écrit STAR.VISION Aerospace, a annoncé le projet au Global Digital Trade Expo le 25 septembre, selon china-in-space.com. L'entreprise n'est pas la première société chinoise à proposer ce type de projet. Elle rejoint ce que ce rapport décrit comme une poignée d'entreprises nationales ayant des projets similaires en développement.
Les chiffres que l'entreprise a bien voulu donner
Trois modèles d'engins spatiaux sont sur la table. Le véhicule de vérification G1 doit fournir 40 à 60 PetaFLOPs à partir de 11,5 kilowatts de production solaire. L'unité standard G2 est annoncée à 160 à 310 PetaFLOPs et 48 kilowatts. Le vaisseau amiral G3 est le plus gros : 460 à 1 000 PetaFLOPs à partir de 140 kilowatts de panneaux.
Sur les quelque 1 080 engins spatiaux de la constellation principale, environ 720 prendraient en charge des tâches d'inférence et 360 seraient réservés au calcul général. Le déploiement complet est visé pour 2035, selon china-in-space.com.
Voilà les chiffres que Star.vision a officiellement communiqués. Ceux qu'elle n'a pas communiqués sont, pour quiconque évalue le projet, au moins aussi intéressants. Le rapport note que les orbites, les liaisons inter-satellites, le dimensionnement des radiateurs pour le refroidissement et la masse des engins n'ont pas été divulgués. L'entreprise compte sur des liaisons laser optiques pour transporter les volumes de données qu'implique une constellation de calcul : la lacune est donc importante. Les documents réglementaires internationaux qui révéleraient normalement les détails orbitaux et de spectre n'ont pas encore été déposés.
Argent, lancements et déficit de financement
L'échafaudage financier est en partie public. Star.vision affirme avoir obtenu des accords de crédit stratégiques auprès de la Industrial and Commercial Bank of China et de la Agricultural Bank of China pour 10 milliards de yuans, soit environ 1,49 milliard de dollars au 28 septembre. Au moins 1 milliard de yuans, soit environ 149 millions de dollars, est affecté à une première phase.
La capacité de lancement est également revendiquée, sinon planifiée. Lors de la présentation du 25 septembre, l'entreprise a déclaré avoir réservé un nombre non divulgué de lancements sur les fusées Gravity-1 d'Orienspace et Ceres-2 de Galactic Energy pour envoyer les engins G1. Aucun mois ni trimestre cible n'a été donné.
L'argument de l'expérience acquise est plus solide que le calendrier. Star.vision installe des systèmes d'IA sur des satellites de télédétection au moins depuis la mi-2023, l'un des premiers acteurs commerciaux chinois à le faire. Elle affirme aussi que deux satellites qu'elle a construits pour l'Ouzbékistan et l'Indonésie ont servi à valider des éléments de la future constellation.
Pourquoi ce n'est pas l'histoire d'une seule entreprise
Le calcul orbital passe des diapositives au matériel dans tout le secteur, et la question de l'autonomie est la plus brûlante. IEEE Spectrum a rapporté le 29 septembre que le Jet Propulsion Laboratory de la NASA avait utilisé en décembre les modèles Claude d'Anthropic pour aider à planifier deux trajets martiens du rover Perseverance. Des planificateurs humains vérifiaient et ajustaient l'itinéraire avant le téléversement. En mai, la NASA et IBM ont installé un modèle d'IA compressé sur la Station spatiale internationale et sur un satellite pour identifier inondations et nuages depuis l'orbite, présenté comme la première démonstration de ce type dans l'espace. En juillet, des astronautes de la station ont testé un grand modèle de langage sur des questions de procédures de maintenance.
Ce sont des tests étroits et supervisés. Ils indiquent aussi la direction prise. Une constellation qui vend des cycles d'inférence depuis l'orbite est une autre affaire qu'un rover planifiant un trajet avec un humain dans la boucle. Les contraintes d'ingénierie sont d'autant plus dures : puissance, évacuation thermique, bilan de liaison et, de plus en plus, la question de savoir qui est responsable quand un modèle prend une décision que personne n'a relue.
Star.vision a mentionné avoir réservé un nombre non divulgué de lancements à bord des fusées Gravity-1 d'Orienspace et Ceres-2 de Galactic Energy pour déployer les engins G1.
Cette phrase, issue de china-in-space.com, constitue tout le plan de lancement public. Nombre non divulgué, calendrier non divulgué, deux lanceurs nommés.
Lire l'annonce face au calendrier
L'objectif de déploiement est 2035. C'est dans neuf ans. Une première phase financée à hauteur de 1 milliard de yuans est une erreur d'arrondi face à une constellation de plus de mille satellites de calcul dotés de panneaux solaires de 140 kilowatts. Les coûts de lancement et l'échelle de fabrication chinois diffèrent pourtant des références occidentales.
La comparaison qui compte n'est pas avec une constellation occidentale. Elle est avec les autres propositions chinoises de la même catégorie, dont aucune n'est nommée dans les documents examinés ici. Le différenciateur de Star.vision, sur le papier officiel, c'est qu'elle a déjà fait voler des charges utiles d'IA et peut citer deux satellites exportés comme validation partielle. Sa faiblesse, c'est que les détails d'ingénierie difficiles, ceux qui déterminent si un watt d'énergie solaire devient un FLOP utilisable en orbite, sont absents.
Il y a aussi un calendrier réglementaire que personne n'a commencé. Les demandes de spectre radioélectrique et de position orbitale sont des documents publics. Tant qu'ils n'apparaissent pas, la constellation Space.IDC existe comme une étude de conception avec une ligne de crédit et une liste de partenaires.
Ce qu'il faut surveiller
Trois choses. D'abord, les documents réglementaires internationaux, qui fixeraient les orbites, le spectre et probablement la masse des engins. Ensuite, une date de lancement nommée pour G1, qui transformerait deux réservations de lanceurs en un jalon testable. Enfin, les premiers chiffres de performance indépendants depuis l'orbite, car des PetaFLOPs sur une diapositive ne sont pas la même chose qu'un débit soutenu derrière une liaison laser.
Tant qu'au moins l'un de ces éléments n'arrive pas, la description honnête de Space.IDC est une intention bien financée. Les banques sont réelles. Les partenaires sont nommés. Les engins spatiaux ne volent pas encore, et l'entreprise n'a pas dit quand le premier le fera.
Pour situer la densité du calendrier de lancement à court terme, NASASpaceflight a rapporté le 29 septembre que quatre lancements orbitaux étaient attendus en une seule semaine, tous sur des véhicules Falcon de SpaceX, dont Crew-13 vers la station spatiale et un Falcon Heavy pour le National Reconnaissance Office. Chacune de ces missions devait comporter un atterrissage de retour au site de lancement. Voilà l'environnement de manifeste dans lequel une nouvelle constellation doit se battre pour obtenir des créneaux.
Le dossier contient aussi des éléments sans rapport avec cette histoire, signalés uniquement pour être écartés : un article de tabloïd sur une forme aperçue sur un direct de SpaceX, une explication sur le goût de la betterave, un aperçu anonyme de modèle de raisonnement, un benchmark de photos animalières et un jeu d'arcade pour navigateur. Aucun d'eux n'apporte un fait vérifiable à l'annonce de Star.vision.
Sources
8- 01Star.vision Unveils 'Space.IDC' Computing Constellation with PartnersEN
- 02Generative AI Gives Spacecraft the Autonomy Engineers Once FearedEN
- 03Launch Preview: Crew-13 to head to ISS, Falcon Heavy mission for the NROEN
- 04Mysterious 'UFO' spotted on SpaceX livestream sparks wild alien theoriesEN
- 05Hate Beets? Science May Have the Answer WhyEN
- 06Space Bunny Alpha: 1M Context, Benchmarks & SVG ArtEN
- 07I Made AI Look at Traces. For ScienceEN
- 08Wreckfall: Space Invaders but they crash to earthEN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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