Aller au contenu
Heure mondialeEU--:--UK--:--USA--:--CN--:--PLDEFRIT中文EN

portail sur l'IA et la technologieactualités · analyses · entretiens · fond technique

Rechercher
EN DIRECT
›

Les États-Unis et la Chine créent une ligne de communication sur l'intelligence supérieure

La Maison Blanche a annoncé le 28 septembre que les deux pays instaureront un dialogue régulier sur l'intelligence supérieure, accompagné d'un canal bilatéral pour les incidents. La prochaine échéance est fixée à novembre 2026.

MondeAnalyseDr Hélène FontainePublié le: 28 septembre 20267 min de lectureSources 8
Les États-Unis et la Chine créent une ligne de communication sur l'intelligence supérieure

Le document de la visite d'État de Xi Jinping indique que les deux pays ont établi le Dialogue États-Unis-Chine sur l'Intelligence Supérieure (SI) pour échanger sur les risques et les bénéfices, selon The Next Web. Ce même texte s'engage à créer un canal de communication pour les incidents liés à la SI, sans toutefois définir ce qu'est un incident. Le prochain échange est attendu d'ici novembre 2026.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a promu ce canal lors des pourparlers préparatoires en Chine, rapporte Axios. Washington y a proposé un système d'alerte pour les incidents d'IA considérés comme des menaces pour la sécurité nationale. Michael Kratsios, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison Blanche, a défini les limites sur X. Les États-Unis sont engagés dans la diplomatie, a-t-il écrit, mais le dialogue international ne doit pas dériver vers une gouvernance mondiale. Washington rejette tout schéma de contrôle globaliste. Les États-Unis ont également demandé au G20 de ne pas régir l'IA.

C'est la politique. Le fond est plus mince que le titre.

Ars Technica a rapporté le 23 septembre que des personnes familières du plan ont confié à Politico que le mécanisme d'alerte semble superficiel, car aucun officiel doté d'une expertise technique n'est impliqué. Une source l'a décrit à Ars en ces termes : « Le terme scientifique et technique est du n'importe quoi ». Sam Bresnick, du Center for Security and Emerging Technology de Georgetown, a indiqué à Ars que l'arrangement présente un avantage : « C'est un canal existant, ce qui est mieux que d'en créer un tout neuf ». Mais il a ajouté qu'avec des experts techniques de part et d'autre, les deux pays pourraient mener des conversations de haut niveau sur l'évaluation des risques, notamment militaires. « Je pense que c'est mieux que rien, assurément, mais je n'ai pas beaucoup de confiance que cela fasse une grande différence à l'avenir », a-t-il déclaré.

Su Lian Jye, de la société de recherche Omdia, a déclaré au South China Morning Post que les alertes pourraient favoriser la transparence sans réduire la méfiance des deux côtés. « Pour transformer la proposition en outil efficace, les deux pays devraient convenir de classifications des risques, de déclencheurs de notification, de protocoles de réponse et de procédures de révision régulières », a-t-il dit. Ars a noté que la Chine n'avait pas publiquement reconnu le système d'alerte proposé au moment de la rédaction.

Le paquet du sommet couvre aussi le commerce. Le document fixe des droits de douane réduits sur 30 000 000 000 de dollars de marchandises non sensibles dans chaque direction. La Chine importera au moins 10 000 000 de tonnes de charbon américain en 2027 et à nouveau en 2028. Les négociations sur les terres rares et d'autres minéraux critiques se poursuivent. Xi a clôturé la visite en prolongeant la trêve commerciale jusqu'en janvier.

Pékin construit des murs autour des talents et de la technologie

Ce dialogue s'accompagne d'une poussée politique chinoise plus dure sur les exportations d'une autre nature : les personnes et le savoir-faire.

DW a rapporté le 24 septembre que de nouvelles règles d'entrée et de sortie sont entrées en vigueur la semaine précédente. Elles donnent aux autorités chinoises le pouvoir d'empêcher des ingénieurs, des fondateurs et d'autres spécialistes de partir si leur expertise dans les batteries, les terres rares ou l'IA est jugée une menace pour la sécurité industrielle et technologique. Henry Gao, professeur de droit à la Singapore Management University, a dit à DW que ces restrictions « offrent un aperçu rare de l'état réel de l'économie chinoise ». Il a souligné que les mesures suggèrent que Pékin est profondément préoccupé par la faiblesse économique et les sorties de capitaux substantielles, et déterminé à empêcher les entrepreneurs et le personnel qualifié de partir. Alicia Garcia-Herrero, économiste en chef pour l'Asie-Pacifique chez Natixis, a indiqué à DW que le quota de change de 50 000 dollars reste inchangé, mais que les autorités serrent la vis sur les personnes et les agents par qui l'argent voyage habituellement. Elle a estimé que le blocage des talents comptera plus que la pression sur les capitaux : « On ne remplace pas facilement un ingénieur de processus qui ne peut pas embarquer dans un avion ».

DW a également cité l'estimation de Bloomberg Intelligence selon laquelle environ 1 000 000 000 000 de dollars de richesses chinoises ont quitté le pays l'an dernier. C'est la plus grande sortie de capitaux à court terme depuis le début des registres en 2006. Il a cité un article de Bloomberg de mai indiquant que les principaux chercheurs en IA, fondateurs et dirigeants de sociétés comme Alibaba et DeepSeek doivent obtenir une approbation avant de voyager à l'étranger. Il a aussi mentionné le rapport de The Information selon lequel certains employés de DeepSeek ont été invités à remettre leur passeport. Pékin n'a ni confirmé ni démenti cette pratique.

Gao a dit à DW que les restrictions pourraient avoir l'effet inverse : plus il devient difficile de déplacer des capitaux ou des personnes, plus l'incitation pour ceux qui en ont les moyens de trouver d'autres voies augmente. Cela pourrait éroder la confiance et approfondir les problèmes que les mesures cherchent à contenir.

La politique industrielle fonctionne à l'horloge quinquennale

La politique intérieure avance tout aussi vite. Le ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'Information a publié un plan de développement de l'industrie des batteries pour la période 2026 à 2030 lundi, daté du 14 septembre et émis conjointement par sept agences, selon CnEVPost.

Il vise une utilisation à grande échelle initiale des batteries tout solides d'ici 2030. Il prévoit aussi des batteries lithium longue durée atteignant 15 000 cycles de charge-décharge et des taux de défaut au niveau des parties par milliard pour les fabricants leaders. Le plan couvre les cathodes haute tension et haute capacité avec anodes lithium-métal et designs sans anode, les équipements de fabrication à l'état solide comme les presses isostatiques, les batteries sodium et flux, les fusions et restructurations d'entreprises, l'exploration domestique du lithium et du cobalt, la collecte des batteries usagées, et un système d'identité numérique pour les produits, y compris les batteries de puissance des véhicules neufs. Il suit un plan du 11 septembre pour les véhicules neufs intelligents et connectés, qui vise une part de 70 % pour les véhicules neufs dans les ventes intérieures de véhicules passagers neufs d'ici 2030.

La consolidation est déjà visible dans l'industrie automobile. GAC Group prévoit d'émettre des actions pour acquérir la part de 50 % de China FAW dans FAW Toyota, selon un plan de restructuration préliminaire divulgué lundi. La négociation des actions A reprendra le 29 septembre après une suspension depuis le 14 septembre. Le prix d'émission est de 5,75 yuans par action, bien que le prix de la transaction et le nombre d'actions soient indéterminés pendant que le travail d'audit et d'évaluation continue. FAW est censé devenir le deuxième plus grand actionnaire de GAC, et le contrôleur ultime de GAC reste la commission des actifs de l'État de Guangzhou.

CnEVPost a rapporté que les ventes combinées de FAW Toyota et GAC Toyota ont représenté 17,03 % des ventes de véhicules passagers en joint-venture en Chine en 2025, citant les données de CAAM dans le plan. Le chiffre d'affaires de FAW Toyota est passé à 108 620 000 000 yuans en 2025, contre 106 570 000 000 yuans en 2024. Le bénéfice net est tombé à 4 230 000 000 yuans, contre 4 720 000 000 yuans, selon des chiffres non audités. L'opération nécessite l'examen du conseil d'administration, l'approbation des actionnaires, l'examen de la Bourse de Shanghai et l'enregistrement par la CSRC. GAC a déclaré que l'achèvement reste incertain.

Les lancements de produits continuent. SAIC Volkswagen a ouvert la prévente lundi pour l'ID. ERA 8X, un SUV à autonomie étendue cinq places construit sur une plateforme 800 V, avec un lancement prévu pour le 12 octobre, selon CnEVPost. Le modèle offre des batteries de 51,1 kWh et 65,2 kWh, une autonomie batterie CLTC de 340 à 451 km, et une autonomie combinée allant jusqu'à 1 602 km. Il entre dans un segment qui comprend le Li L6 de Li Auto et le G9L de Xpeng.

Le fossé de confiance sous la ligne de communication

Où cela laisse-t-il le dialogue sur l'intelligence supérieure ? Rest of World a affirmé le 22 septembre que Washington mène la mauvaise course. Il présente la performance des modèles comme décisive, tandis que les règles chinoises se concentrent sur le déploiement : étiquetage du contenu généré par IA, protections pour les enfants et les personnes âgées contre la manipulation anthropomorphe, et interdictions de la discrimination algorithmique des prix. L'article cite un écart frappant dans les sentiments, avec 87 % des citoyens chinois qui font confiance à l'IA contre 23 % aux États-Unis. Il note que ni les consommateurs ni les entreprises ne choisissent l'IA sur la seule performance des modèles.

Rest of World a également publié un entretien le 24 septembre avec Ruby Wang, médecin et consultante. Elle a déclaré que la poussée technologique dans la santé en Chine reflète un système où les rails numériques sont normaux plutôt qu'un ajout. Elle a indiqué que la part de la Chine dans les accords de cession de licences de médicaments mondiaux pourrait atteindre 60 % cette année. Elle a souligné que la biotech chinoise est la plus forte en oncologie mais faible dans la commercialisation, ce qui explique pourquoi la cession de licences à des partenaires comme Pfizer est courante. Elle a averti que le cadrage sécuritaire autour des médicaments est dangereux.

Ensemble, ces deux fils font que l'annonce du 28 septembre ressemble moins à une percée de gouvernance qu'à un emplacement réservé. Les États-Unis veulent un canal sans gouvernance, comme l'a dit Kratsios. La Chine veut un accès aux marchés et à la technologie tout en gardant ses ingénieurs et ses capitaux chez elle. La ligne de communication, si elle fonctionne, reliera des officiels qui, selon le plan actuel, ne sont pas des experts techniques. Novembre est la prochaine date à surveiller.

Commentaires 0

Sources

8
  1. 01US and China agree a super intelligence dialogue and incident channelEN
  2. 02Trump's China rivalry and "AI race" delusion may endanger US, experts sayEN
  3. 03China's new travel rules unsettle tech giants and talentEN
  4. 04China unveils 5-year battery plan targeting large-scale all-solid-state use by 2030EN
  5. 05GAC plans to buy 50% of FAW Toyota to coordinate operations at Toyota's 2 China joint venturesEN
  6. 06VW ID. ERA 8X EREV SUV opens for pre-sales in China, launch set for October 12EN
  7. 07America is in the wrong AI race with ChinaEN
  8. 08China is excelling in health tech. That's good news for the worldEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Dr Hélène Fontaine

Dr Hélène Fontaine

Économie, business et monde

Hélène Fontaine suit l'économie des entreprises, la conjoncture et l'international pour FLASH24. Elle croise les dépôts comptables, les rapports trimestriels et les indices d'activité, et ne retient un chiffre qu'après l'avoir comparé à sa source d'origine. Elle interroge chefs d'entreprise, économistes et syndicats, et attend chaque mois les publications de l'INSEE et de la BCE pour recouper ses tableaux. Cette rigueur vient aussi de son intérêt personnel pour la comptabilité des entreprises technologiques et les vélos cargo, deux sujets qu'elle traite avec la même méthode. Elle ne publie pas un chiffre sans avoir vérifié son calcul.

Rédaction →

Commentaires

0
  1. Aucun commentaire — soyez le premier.

Écrire un commentaire

Les commentaires sont publics. Nous ne publions ni insultes, ni spam, ni publicité.