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Ericsson affirme que les réseaux mobiles peuvent suivre les drones, avec des pilotes de détection commerciale prévus en 2027

Ericsson affirme que sa technologie de détection et de communication intégrées peut détecter et suivre les drones volant à basse altitude grâce aux antennes cellulaires ordinaires. De petits pilotes dédiés à la détection démarrent en 2027, avec des déploiements plus larges à partir de 2028, rapporte The Register le 2 novembre.

TechnologieExpliquéCamille RousseauPublié le: 3 novembre 20266 min de lectureSources 10
Ericsson affirme que les réseaux mobiles peuvent suivre les drones, avec des pilotes de détection commerciale prévus en 2027

L'argument est simple : les antennes sont déjà là, pointées vers le sol. Ericsson affirme que sa technologie Integrated Sensing and Communication (ISAC) transforme les réseaux mobiles existants en un réseau de capteurs distribués. Ce réseau repère et suit les petits drones, selon The Register, qui a publié les détails le 2 novembre.

Le déploiement se fait par étapes. De petits pilotes dédiés uniquement à la détection, menés avec une sélection de clients, démarrent en 2027, indique le rapport. Des déploiements plus larges suivent à partir de 2028. Aucun nom d'opérateur, aucun prix et aucun chiffre de couverture n'ont été communiqués.

Le mécanisme compte plus que le discours commercial. Quand un site cellulaire émet, plusieurs sites récepteurs captent la réflexion sur un drone. Le réseau calcule ensuite la position et la trajectoire à partir de ces points de vue multiples. Ericsson présente cette fonction comme un complément au radar et aux autres capteurs, pas comme un remplacement. L'entreprise précise qu'ISAC exige des radios capables de détection, ainsi que du calcul et des logiciels dédiés. The Register note que cela fait suite à des tests menés ces derniers mois.

Ian Fogg, directeur de recherche chez CCS Insight, a déclaré à The Register que la détection a d'autres usages. Elle permet de suivre des bateaux dans un port, les schémas de circulation ou la météo. Mais la détection de drones en zone civile est le besoin le plus urgent que les autres technologies ne résolvent pas facilement, selon lui. Il estime que les réseaux mobiles sont bien placés parce que leurs antennes couvrent déjà les basses altitudes, près du sol, contrairement au radar classique. Fogg ajoute qu'une méthode 6G fondée sur des normes pourrait améliorer la précision en permettant aux stations de base de différents fournisseurs d'interopérer. De nouvelles bandes 6G devraient aussi faciliter le déploiement de la détection sur de larges canaux, dit-il.

Le militaire est arrivé en premier

L'intérêt de la défense n'est pas hypothétique. Tom's Hardware a rapporté le 2 novembre que l'OTAN a mené un exercice Digital Backbone Experimentation, DiBaX 2026, en Lettonie entre le 19 et le 30 octobre. L'exercice testait si des pylônes 5G pouvaient détecter et suivre passivement des objets volants, en particulier des drones. La publication décrit la solution comme assistée par agents IA. Elle indique que l'exercice examinait si de grands réseaux télécoms pouvaient assumer un second rôle dans la sécurité nationale. La multiplication des réseaux et des satellites renforcerait la résilience face aux perturbations.

Le même article mentionne une seconde démonstration aux États-Unis. AT&T et Ericsson ont montré la détection de drones grâce à la détection réseau avancée sur un réseau 5G, près d'une grande enceinte sportive. C'est l'aspect à surveiller pour quiconque réfléchit à la 5G privée. La fonction de détection repose sur la radio et le calcul que les entreprises achètent déjà pour la couverture, pas sur un produit radar séparé.

Tom's Hardware soulève aussi l'objection évidente. Si les pylônes deviennent des capteurs, ils deviennent des cibles. L'article indique que ses auteurs s'inquiéteraient de voir les pylônes 5G devenir une cible encore plus attrayante. Les documents d'Ericsson n'abordent pas ce point.

« Les réseaux mobiles sont utiles comme solutions de détection de drones parce que leurs antennes couvrent déjà les basses altitudes, près du sol, là où les drones volent souvent, contrairement au radar classique », a déclaré Fogg à The Register.

La demande s'explique facilement. The Register note que des drones petits et bon marché ont fermé des aéroports pour des raisons de sécurité. Le dernier incident a eu lieu à l'aéroport de Jersey pendant le week-end d'Halloween. L'activité augmente près des bases militaires et d'autres sites sensibles. Au Royaume-Uni, le personnel militaire a reçu l'autorité de neutraliser les intrus volants non désirés, ajoute le rapport. Étendre la détection sur de grandes zones reste la difficulté. C'est là qu'un réseau de pylônes l'emporte sur une poignée de capteurs dédiés.

Ce que cela change pour les acheteurs de 5G privée

Pour les réseaux industriels et de campus, la question pratique est de savoir si la détection arrive comme une fonction logicielle sur du matériel que les sites possèdent déjà. La réponse d'Ericsson, telle que rapportée, est qu'ISAC exige des radios capables de détection et du calcul dédié. Ce n'est donc pas un simple commutateur logiciel sur n'importe quelle installation 5G. Cela correspond à la tendance générale : les fournisseurs de 5G privée poussent des capacités dans les couches radio et de calcul en périphérie. On demande aux acheteurs de prévoir des fonctions au-delà de la connectivité.

Le contexte de la chaîne d'approvisionnement des puces suggère que le calcul se tend. La rétrospective hebdomadaire de Semiconductor Engineering du 30 octobre rapporte que SK hynix anticipe des contraintes d'approvisionnement en mémoire jusqu'en 2030. Les volumes de DRAM et de HBM sont effectivement vendus jusqu'en 2029, et Samsung affirme que son offre de HBM pour 2027 est déjà vendue. La même synthèse note qu'Anthropic avertit dans son dossier d'introduction en bourse que les pénuries de HBM et la capacité limitée de TSMC pourraient freiner l'expansion de l'IA. Les charges de détection en périphérie sont modestes face à l'entraînement des modèles. Mais la pénurie donne le ton pour tout ce qui a besoin d'accélérateurs dédiés.

D'autres travaux récents vont dans le même sens. La sélection d'articles du 3 novembre de Semiconductor Engineering cite des travaux d'IBM Research sur des interconnexions quantiques à l'échelle du mètre entre grands processeurs quantiques. Elle cite aussi des recherches de KU Leuven et d'EURECOM sur le prefetching sécurisé dépendant de la mémoire de données. Cela rappelle que la sécurité matérielle devient une contrainte de conception et non une réflexion après coup. Rien de tout cela ne concerne spécifiquement les drones, mais cela esquisse la pile sur laquelle reposerait la détection réseau.

D'autres sources apportent des mises en garde. The Hacker News a rapporté le 1er novembre qu'une faille CVSS 10.0 dans LXD et MicroCloud de Canonical, suivie sous la référence CVE-2026-112816, permettait à un attaquant de se connecter en tant que client de confiance sans la clé privée de ce client. L'attaquant avait besoin d'un accès réseau à l'API HTTPS et du certificat public du client de confiance. Canonical a publié des versions snap corrigées, selon le rapport. Une évaluation de la CISA datée du 30 octobre n'a trouvé aucune exploitation connue. La leçon est transposable : plus un réseau héberge de fonctions, plus la surface d'API compte.

Le même média a rapporté le 31 octobre que Cloudflare avait atténué 18,2 millions d'attaques DDoS de couche réseau au troisième trimestre 2026. La société a aussi absorbé 14,4 billions de requêtes DDoS HTTP, soit environ 8 226 attaques par heure. Les attaques courtes de moins de 10 minutes et de 1 Gbps ont augmenté de 208 %. Les médias, les services informatiques, les jeux d'argent, les logiciels et les télécoms étaient les secteurs les plus ciblés. Les réseaux qui font aussi office de capteurs héritent de ce profil de trafic.

Calendrier et question des normes

Les pilotes d'Ericsson de 2027 arrivent avant qu'aucune norme 6G n'existe. C'est pourquoi l'entreprise présente la première phase comme limitée à la détection et de petite échelle. L'argument de Fogg sur l'interopérabilité est celui à retenir. Des stations de base d'un seul fournisseur qui détectent seules constituent un produit différent d'un réseau multi-fournisseurs où les réflexions sont mutualisées. Ce dernier exige des normes, et les normes demandent du temps.

Les calendriers concurrents de marchés voisins montrent la lenteur possible. Light Reading a rapporté le 30 octobre que la FCC a décidé de lever les obstacles au démantèlement du cuivre en Californie. Cela rappelle que même la retraite d'une infrastructure héritée prend des années de régulation. Le 29 octobre, Light Reading rapportait aussi que Lumen annonçait trois initiatives visant le réseautage pour l'ère de l'IA et du quantique. L'article avertissait que la croissance du trafic IA pourrait mettre sous tension les réseaux indiens, les opérateurs ayant du mal à monétiser la capacité. La détection est une fonction de plus à financer.

Pour l'instant, les seuls engagements datés sont ceux d'Ericsson. Les pilotes arrivent en 2027, avec un déploiement plus large à partir de 2028. La technologie dépend du matériel et se vend comme un ajout au radar plutôt qu'un substitut. Les opérateurs suivront ou non selon deux conditions. Les régulateurs et les acheteurs de la défense doivent traiter la couverture comme un actif de sécurité. Et le calcul doit être disponible en périphérie quand les réflexions reviennent.

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Sources

10
  1. 01Ericsson says it can detect, track drones using only mobile networksEN
  2. 02Military explores commercial 5G networks for enemy drone defenseEN
  3. 03Chip Industry Week In ReviewEN
  4. 04Chip Industry Technical Paper Roundup: Nov. 3EN
  5. 05CVSS 10.0 LXD, MicroCloud Flaw Lets Attackers Impersonate Trusted Clients Without a Private KeyEN
  6. 06Cloudflare Reports 18.2 Million Network-Layer DDoS Attacks in Q3, Up 38%EN
  7. 07FCC moves to knock down copper network retirement roadblocks in CaliforniaEN
  8. 08Lumen redefining networking for AI and quantum eras with three new initiativesEN
  9. 09AI traffic growth could strain India's networks as telcos face monetization challengeEN
  10. 10What is Starshield? A look at SpaceX's military satellite networkEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Camille Rousseau

Camille Rousseau

IA, modèles et technologies

Camille Rousseau suit les technologies, l’IA et les modèles ainsi que les médias et l’internet pour FLASH24, en partant des dépôts de modèles, des publications techniques et des données publiques, sans reprendre les annonces sans vérification. Elle contrôle les chiffres d’entraînement et de coût en remontant aux jeux de données, aux versions de modèles et aux méthodes de mesure. Elle interroge des chercheurs et des équipes produit, compare les résultats entre modèles et attend les mises à jour de calendrier des principaux fournisseurs. Son intérêt pour l’impression 3D, les vieux ordinateurs et la façon dont les modèles apprennent rejoint directement son travail sur l’IA et les technologies. Elle ne publie pas de chiffres sans source ni de comparaison sans protocole reproductible.

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