L'Inde ajoute 13,3 milliards de dollars aux aides aux puces, la Malaisie monte en gamme
L'Inde a engagé mercredi 1 280 milliards de roupies, soit environ 13,3 milliards de dollars, dans la fabrication nationale de semi-conducteurs. La même semaine, le deuxième ministre des Finances de Malaisie a déclaré à CNBC que son pays compte profiter du cycle haussier actuel des puces sans affronter frontalement les États-Unis ou la Chine.

Deux gouvernements, deux paris sur la même industrie. L'Inde élargit un programme d'aides aux puces de 10 milliards de dollars lancé en 2021, selon TechCrunch. L'essentiel du soutien va aux équipements, aux matériaux, à la conception et à la recherche. Le dispositif d'accompagnement pour la fabrication de téléphones mobiles court sur cinq ans, jusqu'en mars 2031. Il verse 2,25% à 5% des ventes de smartphones éligibles, plus 1,5% pour les composants et sous-ensembles approvisionnés en Inde.
Le gouvernement attend sur cette période une production de téléphones mobiles d'environ 39 000 milliards de roupies, soit à peu près 405 milliards de dollars, et environ 60 000 emplois directs.
C'est une stratégie centrée sur l'assemblage, et l'Inde ne cache pas où elle en est. La Chine a représenté 63% de la production mondiale de smartphones en 2025, contre 18% pour l'Inde, a indiqué Counterpoint Research à TechCrunch. Navkendar Singh, vice-président associé chez IDC, décrit ce changement comme le passage d'« assembler plus » vers « la profondeur, la R&D et la captation de valeur locale ».
La Malaisie reste sur son terrain
La Malaisie travaille l'autre bout du même problème. Son deuxième ministre des Finances, Amir Hamzah Azizan, a déclaré à Karen Tso, de CNBC, lors des réunions de printemps du FMI à Washington, que le secteur des semi-conducteurs est en phase haussière et que la Malaisie en profitera.
« Je pense que la réalité, c'est qu'il y a assez de croissance pour tout le monde », a-t-il dit. Il a ajouté que la Malaisie ne voit pas la Chine, son premier partenaire commercial, comme une rivale du secteur.
Le pays détient 13% du marché mondial de l'emballage, de l'assemblage et des tests de puces, selon un rapport de février de la Malaysian Investment Development Authority cité par CNBC. C'est du travail de bout de chaîne, et le gouvernement veut monter en gamme. Amir Hamzah a résumé la stratégie sans détour : la Malaisie n'ira pas « frontalement dans le dernier tronçon de la compétition haut de gamme, là où peut-être les États-Unis amènent toutes les pièces ».
Les deux pays se positionnent autour d'une chaîne d'approvisionnement qui se réorganise depuis des années. Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ont poussé les entreprises à diversifier leurs opérations. Le ministre a dit que les utilisateurs finaux s'y emploient désormais. L'argument de la Malaisie est la connectivité et l'échelle, pas la logique de pointe.
La question des capacités que personne ne règle vite
Les nouvelles usines demandent des années et des sommes énormes, et les intrants ne sont pas anodins non plus. Tom's Hardware rapportait en octobre 2024 que l'ouragan Helene avait coupé Spruce Pine, en Caroline du Nord, où se trouvent les seules mines de quartz ultra-pur au monde, avec plus de deux pieds de pluie et aucun accès routier. Deux entreprises y exploitent des mines : Sibelco North America et The Quartz Corp.
Brian Potter, sur Construction Physics, soutient que la dépendance est réelle mais surestimée. Les creusets en quartz sont nécessaires à la plupart de la fabrication de semi-conducteurs, et Spruce Pine fournit l'essentiel du quartz. Il existe toutefois des alternatives qui, selon ses mots, ne sont pas encore développées, pas tout à fait aussi bonnes et pas tout à fait aussi bon marché. Couper l'approvisionnement n'arrêterait pas complètement les puces. Cela réduirait les rendements et augmenterait les coûts.
Voilà la version la moins spectaculaire de l'expansion des capacités. Les gouvernements peuvent engager des milliards et fixer des objectifs, mais les contraintes se situent dans les mines, les creusets et des durées de vie de creuset d'environ 400 heures. Les 13,3 milliards de dollars de l'Inde s'attaquent au haut de cet empilement. Le bas n'a pas bougé.
Sources
4- 01India bets billions on breaking China's grip on smartphone manufacturingEN
- 02Malaysia is unfazed by China, U.S. chip competition, minister saysEN
- 03Hurricane Helene devastates quartz mines critical for worldwide semiconductor manufacturingEN
- 04Does All Semiconductor Manufacturing Depend on Spruce Pine Quartz?EN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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