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Lovable valorisée à 6,6 milliards de dollars, le capital-risque se concentre sur l'IA

Le dernier tour de table de Lovable valorise la startup suédoise de vibe coding à 6,6 milliards de dollars, plus du triple des 1,8 milliard atteints en juillet, selon CNBC.

ÉconomieAnalyseDr Hélène FontainePublié le: 27 septembre 20265 min de lectureSources 2
Lovable valorisée à 6,6 milliards de dollars, le capital-risque se concentre sur l'IA

Deux sources proches de l'opération ont indiqué à CNBC que le tour de table de Lovable valorise l'entreprise à 6,6 milliards de dollars. C'est plus du triple de la valorisation de 1,8 milliard obtenue après la clôture du tour précédent, en juillet. Les deux sources ont demandé à rester anonymes pour évoquer des informations privées.

Ce tour est le troisième de Lovable en 2025. Le fonds américain Accel y a participé, selon les deux sources, un détail qui n'avait pas été rapporté jusqu'ici. Accel avait déjà soutenu le tour précédent. Khosla Ventures s'est également joint à l'opération, selon l'une des sources. Lovable, Accel et Khosla Ventures n'avaient pas répondu aux demandes de commentaire de CNBC au moment de la publication. Le chiffre repose donc entièrement sur des sources anonymes. C'est la norme pour les tours privés, mais cela mérite d'être signalé.

Fondée en 2023 à Stockholm, Lovable a déclaré 200 millions de dollars de revenus récurrents annuels en novembre, moins d'un an après avoir atteint pour la première fois 1 million de dollars d'ARR. L'entreprise a indiqué que 100 000 projets étaient construits chaque jour sur sa plateforme au moment de l'annonce de ces chiffres.

Un club étroit et coûteux

Le chiffre de Lovable se situe dans une bande précise. Anysphere, l'éditeur de Cursor, a levé 2,3 milliards de dollars sur une valorisation de 29,3 milliards de dollars en novembre, rapporte CNBC. Replit a atteint une valorisation de 3 milliards de dollars en septembre après avoir levé 250 millions de dollars. Vercel a clos un tour de 300 millions de dollars sur une valorisation de 9,3 milliards de dollars. Les trois relèvent du même segment des assistants de code. Tous sont américains, sauf Lovable. Ce dernier détail explique pourquoi les observateurs européens de la tech traitent la société de Stockholm comme un cas test : le continent peut-il produire un leader de catégorie plutôt qu'une cible d'acquisition ?

La plateforme de l'entreprise repose sur des modèles de fournisseurs dont OpenAI et Anthropic. Les utilisateurs décrivent une application ou un site en texte, et le système le génère, sans connaissance du code. C'est tout le principe du vibe coding. Cela explique aussi pourquoi les investisseurs continuent de payer : le produit se place directement au-dessus de la couche de modèles, où les coûts sont le problème de quelqu'un d'autre jusqu'à ce qu'ils ne le soient plus. Les marges, la rétention et la différenciation restent des questions ouvertes pour tout le segment, même si aucun des chiffres publiés dans ce tour ne les aborde.

Forbes rapportait en novembre que le tour valoriserait Lovable à « environ » 6 milliards de dollars. Le chiffre final est ressorti au-dessus. Accel a aussi participé à des tours à plusieurs milliards pour Cursor et pour Thinking Machines, la société d'IA fondée par l'ancienne dirigeante d'OpenAI Mira Murati, selon CNBC.

Le contre-exemple de l'edtech

Pour voir ce qui arrive quand une vague de financement s'inverse, regardez la technologie éducative. L'investissement mondial dans l'edtech a culminé à 16,7 milliards de dollars en 2021, selon Tracxn, une plateforme basée à Bengaluru qui suit le financement des startups. En 2025, le capital-risque était retombé à moins de 3 milliards de dollars. Rest of World a rapporté ces chiffres en avril 2026.

Le vivier de fondateurs s'est réduit tout aussi nettement. Seules 645 entreprises d'edtech ont été lancées en 2025, contre près de 10 500 en 2020. Des coûts d'acquisition clients élevés, de longs cycles de vente institutionnels et une faible rétention ont fait l'essentiel des dégâts, selon une analyse de Loot Drop, une base de données de plus de 1 700 fermetures de startups.

HolonIQ, un cabinet de recherche qui conseille gouvernements et investisseurs sur l'éducation, écrivait dans une publication du 6 février que l'argent se déplaçait vers « les produits dopés à l'IA, les plateformes alignées sur le marché du travail et les solutions pour les opérations de la maternelle au lycée qui répondent aux pressions de coûts ou d'exploitation, aux problèmes de personnel et au soutien à l'apprentissage à grande échelle ». L'analyse de Loot Drop arrive à une conclusion proche : « Les gagnants seront probablement des outils propres à un métier, qui s'intègrent aux flux de travail existants, plutôt que des plateformes cherchant à remplacer des institutions éducatives entières. »

Deux victimes ressortent. Byju's, autrefois la startup éducative la plus valorisée au monde à 22 milliards de dollars, s'est effondrée sous une crise financière et des méthodes de vente agressives. Edukoya, au Nigeria, a fermé en 2025, invoquant une faible rentabilité et un soutien des investisseurs en recul. En Chine, la politique de « double réduction » du gouvernement en juillet 2021 a vidé du jour au lendemain le soutien scolaire en ligne pour le primaire et le secondaire. Yuanfudao, autrefois valorisée à 15,5 milliards de dollars, a mis fin à son activité principale de soutien scolaire et s'est réorientée vers le matériel d'IA. Elle figure aujourd'hui parmi les six premiers acteurs du marché chinois du matériel d'apprentissage par IA, aux côtés de son rival Zuoyebang.

« Les flux de capital-risque ont reflété un passage du volume à l'intention », écrivait HolonIQ le 6 février.

L'edtech n'est pas un analogue parfait des outils de code par IA. Les problèmes du secteur étaient structurels : des résultats d'apprentissage flous, des acheteurs institutionnels qui mettent des mois à signer, et un taux d'attrition qui ne s'est jamais amélioré avec l'échelle. Les clients de Lovable sont des particuliers et de petites équipes qui paient par carte bancaire. La boucle est plus rapide. Elle est aussi moins coûteuse à perdre.

Ce que l'argent achète réellement

La présence d'Accel chez Cursor, Thinking Machines et désormais Lovable suggère une stratégie de portefeuille plutôt qu'un pari unique. Le fonds s'est imposé comme un soutien clé de la vague de nouvelles startups d'IA, selon CNBC. Ce schéma est assez courant dans le capital-risque : posséder plusieurs chevaux dans la même course et laisser le marché choisir. Il en dit moins sur les perspectives d'une entreprise donnée que ne le laisse croire la valorisation affichée.

La question plus difficile est de savoir ce qui se passe quand les fournisseurs de modèles décident de concurrencer les applications bâties sur eux. Lovable utilise les modèles d'OpenAI et d'Anthropic. Les deux entreprises vendent directement aux développeurs. Ni l'une ni l'autre n'a publié de projet d'entrer sur le marché du vibe coding côté grand public, et rien dans le dossier n'indique qu'elles en aient l'intention. Mais la dépendance est réelle, et c'est le genre de chose qui paraît évidente après coup, une fois devenue un problème.

Lovable ouvre des bureaux à Boston et à San Francisco, ce qui la rapproche de ses investisseurs et de ses concurrents. L'entreprise n'a pas commenté le tour. Ni Accel ni Khosla Ventures n'ont répondu aux demandes de commentaire. Les chiffres de valorisation viennent entièrement de sources anonymes, ce qui est la norme pour les tours privés mais mérite d'être dit clairement : aucune partie à l'opération n'a confirmé le montant officiellement.

Ce qui est confirmé, c'est la trajectoire. De 1 million de dollars d'ARR à 200 millions en moins d'un an, d'une valorisation de 1,8 milliard de dollars en juillet à 6,6 milliards cinq mois plus tard. Savoir si cette courbe est une catégorie qui définit un marché ou un marché qui, brièvement, évalue mal une catégorie, c'est la question à laquelle les deux prochaines années répondront, et aucun tour de table, aussi gros soit-il, ne la tranche.

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Sources

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  1. 01Vibe coding startup Lovable's latest funding round values it at $6.6BEN
  2. 02Edtech's pandemic boom is over as K-12 startup funding cratersEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Dr Hélène Fontaine

Dr Hélène Fontaine

Économie, business et monde

Hélène Fontaine suit l'économie des entreprises, la conjoncture et l'international pour FLASH24. Elle croise les dépôts comptables, les rapports trimestriels et les indices d'activité, et ne retient un chiffre qu'après l'avoir comparé à sa source d'origine. Elle interroge chefs d'entreprise, économistes et syndicats, et attend chaque mois les publications de l'INSEE et de la BCE pour recouper ses tableaux. Cette rigueur vient aussi de son intérêt personnel pour la comptabilité des entreprises technologiques et les vélos cargo, deux sujets qu'elle traite avec la même méthode. Elle ne publie pas un chiffre sans avoir vérifié son calcul.

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