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La NASA renonce au sauvetage à 30 millions de dollars du télescope Swift, LINK toujours en vie

La NASA et Katalyst Space Technologies ont renoncé à rehausser l'orbite du Neil Gehrels Swift Observatory, qui perd de l'altitude. L'agence l'a annoncé le 19 août, après l'échec du vaisseau de sauvetage LINK, incapable de retrouver le contrôle d'attitude. Ce programme de 30 millions de dollars devait maintenir en orbite le télescope à rayons gamma lancé en 2004. Il rentrera finalement dans l'atmosphère et se consumera plus tard cette année.

SciencesActualitéAmélie BernardPublié le: 27 septembre 20265 min de lectureSources 4
La NASA renonce au sauvetage à 30 millions de dollars du télescope Swift, LINK toujours en vie

La NASA et Katalyst Space Technologies ont annoncé le 19 août que LINK ne tenterait ni la capture ni la rehausse. Ce vaisseau devait saisir le Neil Gehrels Swift Observatory, en chute, et le hisser sur une orbite plus haute. Selon Ars Technica, il est toujours vivant et Katalyst affirme qu'il exploitera au mieux sa capacité restante.

Le contrat de 30 millions de dollars a été attribué en 2025, moins d'un an avant le lancement. La NASA voulait la rehausse pour cet été, avant la rentrée de Swift dans l'atmosphère. LINK a décollé le 3 juillet à bord d'une fusée Northrop Grumman Pegasus XL.

Ce qui n'a pas fonctionné

Les problèmes sont apparus tôt. Dans un billet de blog du 15 juillet, la NASA indiquait que les ingénieurs de Katalyst avaient « réglé les problèmes initiaux de communications et de contrôle d'attitude », rapporte NBC News. La correction n'a pas tenu. Le 28 juillet, la NASA a déclaré que les systèmes de contrôle d'attitude de LINK avaient dysfonctionné : le vaisseau tournait sur lui-même et ses communications étaient sporadiques. Il tournait à environ 9 degrés par seconde.

Ars Technica rapporte que deux des trois roues de réaction du satellite ont cessé de fonctionner, et que les propulseurs à gaz froid utilisés pour le pointage fin posaient aussi problème. Il ne restait que trois propulseurs plasma à faible impulsion pour reprendre le contrôle, alors que LINK filait autour de la Terre à près de 5 miles par seconde. Les responsables de la mission ont allumé ces propulseurs ce mois-ci pour ralentir la rotation, mais les problèmes de fond du contrôle d'attitude ont persisté.

Katalyst n'a pas expliqué l'origine des pannes. L'entreprise a indiqué dans un billet LinkedIn que, avec la NASA, elle avait convenu que la mission « n'inclura pas la capture et la rehausse du Neil Gehrels Swift Observatory de la NASA ».

« Nous avons relevé ce défi à haut risque et à haut rendement et nous sommes fiers des étapes franchies en chemin », a déclaré le PDG de Katalyst, Ghonhee Lee, dans ce billet. « Nous avons déjà énormément appris, et notre travail consiste maintenant à transformer ces leçons en quelque chose de durable, en construisant un manuel reproductible pour éclairer les futures opérations de rendez-vous et de proximité et les services satellitaires. »

L'administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a reconnu que le résultat n'était pas celui espéré, « mais cela ne change pas pourquoi cette mission valait la peine d'être tentée ». Dans une déclaration, il a ajouté : « L'équipe a avancé à une vitesse extraordinaire pour donner à Swift une chance de produire davantage de science tout en faisant progresser des capacités dont l'Amérique aura besoin pour les services satellitaires à l'avenir. »

Pourquoi Swift tombe

Swift a été lancé en 2004 avec des instruments pour étudier les sursauts gamma, les explosions les plus puissantes de l'univers. Il était conçu pour une mission de deux ans et fonctionne depuis plus de 20 ans. Ars Technica estime la valeur de l'observatoire à environ 500 millions de dollars.

Le problème a commencé en 2024, pendant une période d'activité solaire intense. Tous les satellites en orbite basse perdent lentement de l'altitude à cause de la traînée atmosphérique. Mais quand l'activité du Soleil s'intensifie, elle chauffe l'atmosphère terrestre, ce qui augmente la traînée et fait chuter les orbites brutalement. Swift n'a pas ses propres propulseurs pour maintenir son orbite : un sauvetage comme LINK était la seule option. Voilà pourquoi cet échec dépasse le sort d'un seul vaisseau.

Swift avait déjà suspendu ses opérations en prévision de la tentative de sauvetage. Scientific American note que l'observatoire condamné laissera un vide dans les observations du cosmos à haute énergie, vide qui ne sera probablement pas comblé de sitôt. La combinaison d'instruments multi-longueurs d'onde et d'un pointage agile permet à Swift de localiser les sursauts gamma pour un suivi par d'autres observatoires.

Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division d'astrophysique de la NASA, qui supervise Swift, a déclaré dans un communiqué : « Nous espérions tous plus de science de Swift. Mais nous savions que les enseignements de cette mission seraient utiles dans tous les cas. » Il a qualifié l'effort de « tentative inédite, développée selon un calendrier sans précédent dicté par l'activité du Soleil ».

Un calendrier précipité

La NASA a donné neuf mois à Katalyst pour concevoir, construire et lancer LINK. Ars Technica note qu'il faut généralement plusieurs années pour préparer le lancement d'un satellite inédit. Ce calendrier a imposé des compromis difficiles et poussé les ingénieurs à tolérer des risques techniques qu'ils n'auraient pas acceptés autrement. Katalyst est l'une de plusieurs entreprises américaines qui travaillent sur les services satellitaires. Dans ce domaine, les capteurs de rendez-vous et les bras robotiques sont des technologies essentielles pour de futures missions capables de ravitailler, réparer ou améliorer des satellites.

Katalyst n'abandonne pas LINK. Ars Technica rapporte que l'entreprise tentera encore d'approcher Swift et de s'y arrimer pour mener des démonstrations technologiques destinées à de futurs vols. Le vaisseau pourrait s'approcher suffisamment de Swift pour une démonstration de son système de navigation de proximité. « Même si la mission n'aura pas la fin que nous avions prévue, la NASA et Katalyst évaluent les étapes qui restent », a déclaré l'entreprise dans un communiqué.

Isaacman a présenté la décision comme un pari calculé. « La NASA doit être prête à avancer vite et à prendre des risques intelligents quand le retour potentiel le justifie, et c'est exactement ce que nous avons fait », a-t-il dit. « Nous allons tirer tout ce que nous pouvons de la tentative de rendez-vous de LINK et mettre ces leçons au service des missions qui suivent. »

Ces leçons arrivent alors que la capacité de la NASA à construire et exploiter des vaisseaux est sous tension ailleurs. Séparément, NPR a rapporté le 15 septembre que sept scientifiques et ingénieurs actuels et anciens de la NASA au Goddard Space Flight Center ont déclaré que des déménagements survenus au cours des 10 derniers mois leur avaient coûté des espaces de travail spécialisés, des employés et des machines coûteuses. La direction de la NASA a indiqué que ces déménagements visaient à réduire les coûts et à éliminer le « gaspillage et les redondances ». Un ingénieur a dit qu'un laboratoire de communications radio avait perdu presque tout son équipement, et un autre que les travaux sur la sonde vénusienne DAVINCI avaient été retardés en août faute de laboratoire.

Pour l'instant, le sort de Swift est scellé. L'observatoire, qui a largement dépassé sa conception initiale, devrait plonger dans l'atmosphère terrestre et se désintégrer plus tard cette année. LINK, qui a échoué avant de vraiment commencer, passera le reste de sa vie à tester les technologies qui pourraient un jour sauver un autre satellite.

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Sources

4
  1. 01NASA calls off rescue mission for its falling Swift space telescopeEN
  2. 02NASA mission to save its sinking space telescope failsEN
  3. 03NASA scientists say relocations put space missions at riskEN
  4. 04NASA calls off mission to rescue Swift gamma-ray observatoryEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Amélie Bernard

Amélie Bernard

Science et santé

Amélie Bernard couvre les sciences et la santé pour FLASH24, en s'appuyant sur les publications évaluées par les pairs, les communiqués des agences et les données brutes des études, sans reprendre les reprises de presse. Elle vérifie chaque chiffre en remontant à la source, compare les méthodologies et signale les tailles d'échantillon douteuses. Elle interroge régulièrement des chercheurs et des soignants, et attend les mises à jour des revues à comité de lecture avant de publier. Sa formation en physique des matériaux lui sert à décrypter les résultats techniques, et elle observe le ciel avec son propre télescope. Elle ne publie pas une donnée qu'elle n'a pas pu reproduire.

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