La NASA annule le sauvetage de Swift : ce qui a mal tourné
La NASA et Katalyst Space Technologies ont renoncé le 19 août 2026 au sauvetage robotique de l'observatoire Neil Gehrels Swift. Des pannes de contrôle d'attitude avaient laissé le vaisseau LINK en rotation, incapable d'atteindre le télescope qui perdait de l'altitude.

La tentative a coûté 30 000 000 de dollars à la NASA. Le contrat a été confié en 2025 à Katalyst Space Technologies, une entreprise de l'Arizona, selon NBC News. Sur le papier, le plan tenait en une phrase : lancer un petit vaisseau baptisé LINK, saisir Swift avec des bras robotiques et le hisser sur une orbite plus haute avant que l'atmosphère ne l'engloutisse.
Il n'a pas fonctionné.
Swift a été lancé en 2004 en orbite terrestre basse. Il devait tenir deux ans, rappelle Ars Technica, et il a fonctionné près de 22 ans. Cette longévité rend l'échec plus dur à avaler pour les astronomes qui en dépendent encore. Swift détecte les sursauts gamma, les explosions les plus puissantes de l'univers connu. Ses instruments multi-longueurs d'onde et son pointage rapide permettent de localiser ces sursauts, que d'autres télescopes viennent ensuite observer.
Tout satellite en orbite terrestre basse perd lentement de l'altitude sous l'effet de la traînée atmosphérique. Quand le Soleil s'active, il chauffe l'atmosphère et la traînée augmente. Selon NBC News, les ennuis de Swift ont commencé en 2024, pendant une période d'activité solaire intense : l'orbite s'est mise à se dégrader plus vite que prévu. Swift n'a pas de propulseurs, seul un vaisseau externe pouvait le repousser vers le haut. D'où l'urgence du contrat LINK : la NASA voulait un lancement pour l'été 2026, ce qui laissait neuf mois à Katalyst pour concevoir, construire et faire voler un satellite inédit. Ars Technica rappelle que, d'ordinaire, un tel engin demande plusieurs années.
Le lancement a eu lieu le 3 juillet 2026, sur une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman.
Puis les problèmes sont arrivés. Les responsables de mission ont établi le contact après le lancement. Moins de deux semaines plus tard, les équipes signalaient des soucis d'orientation. Le 15 juillet, la NASA a indiqué que les ingénieurs avaient réglé les premiers problèmes de communication et de contrôle d'attitude, selon NBC News. Les correctifs logiciels semblent avoir échoué. Le 28 juillet, l'agence a annoncé que les systèmes de contrôle d'attitude de LINK étaient tombés en panne : le vaisseau tournait sur lui-même et les communications devenaient sporadiques. LINK tournait à environ 9 degrés par seconde.
Ars Technica a rapporté que deux des trois roues de réaction du satellite, qui servent au contrôle d'attitude, avaient cessé de fonctionner. Les propulseurs à gaz froid utilisés pour le pointage fin posaient aussi problème. Il ne restait que trois propulseurs plasma à faible impulsion pour reprendre la main, alors que le vaisseau filait autour de la Terre à près de 5 miles par seconde. Les responsables de mission ont bien allumé ces propulseurs pour ralentir la rotation ce mois-ci, rapporte NBC News, mais le fond du problème de contrôle d'attitude demeurait.
Le 19 août, la NASA et Katalyst ont annoncé que la capture et la remontée d'orbite n'auraient pas lieu.
"Katalyst a conçu, développé et lancé un vaisseau expérimental pour une mission ambitieuse, dans un délai très serré", a déclaré le PDG de Katalyst, Ghonhee Lee. "Nous avons relevé ce défi à haut risque et à fort potentiel, et nous sommes fiers des étapes franchies en chemin."
L'administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a reconnu que le résultat n'était pas celui espéré, "mais cela ne change rien à la raison pour laquelle cette mission valait la peine d'être tentée". Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division d'astrophysique de la NASA, a parlé d'une tentative inédite, développée dans un délai sans précédent imposé par l'activité du Soleil.
LINK est toujours vivant. Katalyst indique qu'il continuera de collecter des données et pourrait encore tenter un rendez-vous avec Swift pour démontrer la navigation rapprochée, sans toutefois capturer ni remonter l'observatoire. Swift devrait rentrer dans l'atmosphère et s'y consumer plus tard cette année. Ars Technica chiffre le coût de l'observatoire à 500 000 000 de dollars.
Le calendrier prête à une ironie plus large. La semaine même où la NASA confirmait le sort de Swift, l'agence gérait un autre dossier à son Goddard Space Flight Center, où des employés ont déclaré à NPR que des relocalisations forcées leur avaient coûté des laboratoires, du matériel et du personnel. Les deux affaires posent la même question : que devient la science quand la machinerie qui la porte devient plus difficile à maintenir ?
Sources
4- 01NASA calls off rescue mission for its falling Swift space telescopeEN
- 02NASA mission to save its sinking space telescope failsEN
- 03NASA scientists say relocations put space missions at riskEN
- 04NASA calls off mission to rescue Swift gamma-ray observatoryEN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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