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La nouvelle main d'Atlas de Boston Dynamics supprime l'auriculaire

Boston Dynamics a dévoilé le 1er octobre une main à quatre doigts pour son humanoïde Atlas. Dotée de 13 degrés de liberté, elle est conçue pour l'usage d'outils plutôt que pour imiter la main humaine.

TechnologieAnalyseCamille RousseauPublié le: 1 octobre 20264 min de lectureSources 12
La nouvelle main d'Atlas de Boston Dynamics supprime l'auriculaire

Boston Dynamics a présenté le 1er octobre une nouvelle main à quatre doigts pour son humanoïde Atlas. Le nombre de doigts passe de cinq à quatre, tandis que les degrés de liberté augmentent de sept à 13. L'entreprise précise que cette conception privilégie la manipulation à la variété de la préhension.

Directement actionnée et utilisant un seul type d'actionneur, la main est pensée pour la production de masse, selon The Robot Report. « Il n'y a pas d'auriculaire car l'équipe a estimé que la dextérité supplémentaire et les tâches réalisables ne valaient pas la complexité de trois degrés de liberté en plus, ni la taille, ni la consommation d'énergie, ni tout ce que cela implique », a expliqué Dylan Thrush, ingénieur mécanicien de l'équipe Atlas. Avant de finaliser le design, Zachary Jackowski, directeur du produit et de la technologie, a demandé à l'équipe de scotcher leur auriculaire et leur annulaire pendant une journée. L'équipe a conclu que la main robotique n'avait pas besoin d'auriculaire.

Cette annonce intervient une semaine après l'ouverture du Robotics Metaplant Application Center par Boston Dynamics au sein du Hyundai Motor Group Metaplant America, en Géorgie. L'entreprise décrit ce lieu comme un centre de formation pour intégrer Atlas aux opérations de fabrication automobile de Hyundai.

Le plan d'usine est là où les humanoïdes apparaissent réellement

Tesla suit une trajectoire similaire, mais avec des frictions documentées. Ars Technica a rapporté le 26 septembre que l'usine de Fremont a cessé de produire les Model S et Model X à partir de mai 2026, transférant les ouvriers et ingénieurs vers Optimus. D'après The Information, cité par Ars, les équipements de la ligne peinent à aligner les composants. Des centaines de robots sont produits par semaine, contre un objectif de plus de 1 000 d'ici la fin de 2026. Les mains et avant-bras d'Optimus contiennent plus de 100 petits composants, comme des vis, assemblés manuellement. Les capteurs tactiles se sont révélés trop peu fiables, poussant Tesla à développer une couche de capteurs remplaçable de type gant. Une source a décrit les robots comme nécessitant un programmation spécifique dans des environnements contrôlés.

L'écart entre démonstration et déploiement se mesure en chiffres. La Chine a expédié plus de 19 000 robots humanoïdes au premier semestre de 2026, soit 77,9 % des expéditions mondiales, selon des données attribuées à IDC par TechNode. Les expéditions mondiales ont atteint près de 25 000 unités, en hausse de 432,1 % sur un an.

À titre de comparaison, la Fédération internationale de la robotique a indiqué le 24 septembre que le parc opérationnel mondial de robots industriels a progressé de 9 % pour atteindre un record de 5 000 000 d'unités en 2025, avec plus de 600 000 nouvelles installations. Les humanoïdes y restent une erreur d'arrondi.

Les prévisions des analystes divergent fortement. SemiEngineering a cité des recherches de Goldman Sachs projetant plus de 6 000 000 d'expéditions annuelles d'humanoïdes d'ici 2035, contre moins de 15 000 en 2025. IDC a relevé sa prévision pour 2030 à plus de 750 000 unités.

Le problème des pièces derrière le problème de production

Les fournisseurs de composants se positionnent sur cet écart. Vishay Precision Group présentera des capteurs de force et de couple sur mesure à RoboBusiness 2026. L'entreprise argue que les capteurs standards sont trop volumineux pour les petites extrémités robotiques, que leurs plages de mesure sont trop larges pour la précision du signal, et qu'ils manquent des ajustements thermiques et environnementaux nécessaires dans les articulations compactes. Robert Brooks, de ForceN, animera une session sur la détection de force et de couple lors du même événement, s'appuyant sur trois ans de collaboration avec des constructeurs d'humanoïdes.

« Avec soixante ans d'expérience dans la détection de force de niveau aéronautique, nous connectons la mécanique expérimentale à l'intégration intelligente des systèmes. Nous aidons les ingénieurs à tester, valider et ajouter de la détection avec une précision et une fiabilité exceptionnelles », a déclaré Ron Zukerman, directeur de l'innovation chez Vishay Precision Group.

Les données constituent l'autre goulot d'étranglement. Innodata a ouvert un laboratoire de capture de mouvement le 30 septembre. Son PDG, Rahul Singhal, affirme que chaque équipe de robotique bute contre le même mur : le manque de données d'interaction réelles, et le coût élevé de celles qui existent. Franklin Tanner, vice-président de la robotique et de l'IA physique, a déclaré à The Robot Report que l'IA physique « doit gagner ses jetons une interaction à la fois ».

Tout le monde ne vise pas la forme humaine. Hamza Derbas, PDG de Maven Robotics, a confié à The Robot Report que son entreprise est partie des tâches plutôt que de la morphologie. Il estime que les constructeurs d'humanoïdes « commençaient par le format humain et essayaient de retracer un problème à résoudre ». Maven a levé 100 000 000 dollars et fait fonctionner ses robots 16 heures par jour, cinq jours par semaine, avec un taux de disponibilité allant jusqu'à 99 %.

Destro AI est sorti de l'anonymat le 30 septembre avec une levée de fonds de 8 000 000 dollars. L'entreprise est construite autour d'une couche d'intelligence qui dirige également des travailleurs humains. « L'une des principales raisons pour lesquelles nous battons les entreprises de robotique, c'est que nous ne sommes pas une entreprise de robotique », a déclaré le fondateur Manthan Pawar à TechCrunch.

En Europe, Bruno Siciliano, professeur d'automatisation et de robotique à l'Université Federico II de Naples, a déclaré à Il Sole 24 Ore que la version entièrement anthropomorphe avec des jambes n'est pas toujours productive dans une usine. Il cite le coût, la stabilité, l'agilité de mouvement et la réglementation. Il a pointé du doigt la réévaluation par BMW de l'utilisation de ses humanoïdes Figure AI en Caroline du Sud.

Figure elle-même a retiré sa flotte F.02 de manière inhabituelle, en envoyant les robots dans un four à arc électrique de 75 tonnes à Imatra, en Finlande, selon heise online. L'entreprise a indiqué que maintenir les unités opérationnelles aurait été trop coûteux et que leur démantèlement était trop long. Les ressources ont été redirigées vers la génération F.04.

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Sources

12
  1. 01Boston Dynamics drops pinkie on new humanoid handEN
  2. 02Tesla workers balk at training Optimus humanoid robots as replacementsEN
  3. 03China accounts for 77.9% of global humanoid robot shipments in H1, IDC saysEN
  4. 04Five Million Robots Now Operate in Factories GloballyEN
  5. 05Memory At The Edge: Non-Volatile Memory Challenges And Requirements For Humanoid RobotsEN
  6. 06Vishay Precision Group to Showcase Custom Sensing Capabilities for Humanoid Robotics at RoboBusiness 2026EN
  7. 07ForceN to give a crash course on force and torque sensing for humanoids at RoboBusinessEN
  8. 08Innodata opens motion-capture lab to help humanoids move more like peopleEN
  9. 09How Maven Robotics plans to automate industrial work, one task at a timeEN
  10. 10Destro AI's secret sauce is getting robots and humans on the same pageEN
  11. 11Umanoidi, il professore di robotica Bruno Siciliano: «L'Ue punta sull'interazione tra uomo e macchina»IT
  12. 12Figure mustert humanoide F.02-Roboter aus und lässt sie in Schmelzofen springenDE

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Camille Rousseau

Camille Rousseau

IA, modèles et technologies

Camille Rousseau suit les technologies, l’IA et les modèles ainsi que les médias et l’internet pour FLASH24, en partant des dépôts de modèles, des publications techniques et des données publiques, sans reprendre les annonces sans vérification. Elle contrôle les chiffres d’entraînement et de coût en remontant aux jeux de données, aux versions de modèles et aux méthodes de mesure. Elle interroge des chercheurs et des équipes produit, compare les résultats entre modèles et attend les mises à jour de calendrier des principaux fournisseurs. Son intérêt pour l’impression 3D, les vieux ordinateurs et la façon dont les modèles apprennent rejoint directement son travail sur l’IA et les technologies. Elle ne publie pas de chiffres sans source ni de comparaison sans protocole reproductible.

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