Snap transige dans une poursuite sur l'addiction des ados, des milliers d'autres dossiers en attente
Snap a transigé le 2 novembre dans une poursuite déposée par deux adolescents, qui affirmaient que le design de l'application avait aggravé leur dépression, leur anxiété et leurs troubles alimentaires. L'accord évite ce qui aurait été le premier procès de l'entreprise dans une vague de contentieux bien plus large.
Reuters a révélé l'accord, et TechCrunch l'a confirmé le 2 novembre. Il est intervenu avant un procès où le patron de Snap, Evan Spiegel, devait témoigner. Les plaignants avaient déjà transigé avec Meta, TikTok et YouTube, selon TechCrunch. Les termes ne sont pas divulgués.
La déclaration de Snap à TechCrunch ne répond pas aux accusations. « Les parties se réjouissent d'avoir pu résoudre cette affaire à l'amiable », a déclaré un porte-parole de l'entreprise. Il a ajouté que Snap avait « mis en place des garde-fous, lancé des tutoriels de sécurité et noué des partenariats avec des experts », et que « la sécurité n'est jamais terminée ».
L'affaire compte moins par ce qu'elle clôt que par ce qu'elle annonce. Selon TechCrunch, les réseaux sociaux font face à des milliers de poursuites devant les tribunaux fédéraux et étatiques. Les plaignants affirment que les entreprises ont conçu en connaissance de cause des produits destinés à accrocher les jeunes utilisateurs et à alimenter une crise de santé mentale chez les jeunes, avec anxiété, dépression et suicide. Snap avait déjà transigé dans les autres dossiers inscrits au rôle, rapporte TechCrunch. C'était la dernière occasion réaliste de voir le design d'une plateforme examiné en audience publique lors de ce cycle.
Ce que les plaignants alléguaient
Les deux adolescents disent avoir commencé à utiliser YouTube à 3 ans et d'autres plateformes vers 9 ans. Ils ont développé des habitudes compulsives qu'ils attribuent à des fonctions comme la lecture automatique et le défilement infini, selon TechCrunch. Ce sont des cibles connues. Ce sont aussi le genre de choix de conception que les régulateurs de plusieurs marchés commencent à traiter comme des questions de sécurité des produits, et non de contenu.
Le paysage judiciaire dans son ensemble ne se stabilise pas. Les titres récents suivis par cette rubrique vont tous dans le même sens. Un article du Daily Journal du 28 octobre décrivait les algorithmes, les fonctions « addictives » et les limites d'âge comme un patchwork au regard du Premier amendement. Un rapport du 30 octobre indiquait que Meta, TikTok et X avaient perdu une bataille juridique contre un régulateur britannique sur les données de sécurité en ligne. Aucun de ces développements ne fait partie de l'affaire Snap, mais ils montrent les mêmes entreprises sous pression sur plusieurs fronts à la fois.
Les règles de modération se durcissent aussi hors des tribunaux. En Indonésie, le ministère de la Communication a indiqué qu'une règle de retrait sous quatre heures ne s'applique qu'aux contenus à haut risque, rapporte VOI.ID le 2 novembre. En Inde, une couverture du 2 novembre examinait le compromis entre rapidité de retrait et garanties. ANTARA News rapportait le 29 octobre que le gouvernement presse les plateformes numériques sur la transparence afin de protéger les droits des utilisateurs. Un audit de base de données relayé par Bioengineer.org le 29 octobre n'a trouvé que peu de changements dans la modération des plateformes pendant les élections européennes.
Tous les accords ne modifient pas les incitations. La déclaration de Snap s'appuie sur des tutoriels et des partenariats avec des experts. Les avocats des plaignants qualifient généralement ces mesures d'insuffisantes. L'entreprise n'a pas précisé si elle modifierait des fonctions du produit dans le cadre de l'accord. Le rapport de TechCrunch ne le dit pas non plus.
Le calendrier tombe mal pour le secteur. L'accord de Snap arrive au moment où les mêmes entreprises font face à des demandes de données d'un régulateur britannique et à de nouvelles exigences de transparence en Asie. Chaque juridiction pose une question différente, mais toutes convergent vers la même demande. Elles veulent la preuve que les décisions de conception ont été évaluées pour les risques pesant sur les mineurs, et pas seulement défendues après coup.
Contexte au-delà du prétoire
Ailleurs, l'actualité technologique de la semaine était surtout faite de produits et de politiques publiques. Percepto a lancé sa plateforme d'inspection Axion le 30 octobre, selon The Robot Report. Elle compte plus de 160 modèles d'IA et une stratégie axée sur le logiciel sous la direction du nouveau patron, Julien Bellanger. Electrek rapportait le 29 octobre que Ford avait démenti une information selon laquelle l'Escape reviendrait en version électrique sur sa plateforme UEV. Le patron Jim Farley a confirmé lors de la conférence de résultats du troisième trimestre que le lancement du Fathom restait prévu pour le quatrième trimestre de l'année prochaine, avec des précommandes à partir de 28 350 dollars.
SportsPro a publié le 28 octobre un publirédactionnel sur les plateformes d'adhésion numérique destinées aux fédérations nationales. Il citait une industrie mondiale du sport valorisée à 2 300 000 000 000 de dollars l'an dernier. Rien de tout cela ne touche directement la modération. Mais cela rappelle quelle part de l'économie numérique repose désormais sur des plateformes qui hébergent des contenus générés par les utilisateurs, et sur les règles qui vont avec.
Pour Snap, la question immédiate est le coût de l'accord et de savoir s'il fait modèle. Pour toutes les autres entreprises citées dans les milliers de poursuites en cours, la question n'est pas de savoir si une affaire de conception arrivera devant un jury, mais quand.
Sources
4- 01Snap settles lawsuit accusing platform of fueling teen depression and eating disordersEN
- 02Percepto launches Axion AI platform to unify inspection data analysisEN
- 03The Ford Escape may return as an EV based on the UEV platform [Update]EN
- 04How digital membership platforms help sports NGBs leave the spreadsheets behindEN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
Commentaires
0- Aucun commentaire — soyez le premier.