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Les mains des humanoïdes et l'atelier : Boston Dynamics supprime l'auriculaire pendant que Tesla bute

Le 1er octobre, Boston Dynamics a présenté une main à quatre doigts pour son humanoïde Atlas, sacrifiant l'auriculaire au profit de 13 degrés de liberté et d'une fabricabilité en masse, tandis que les ambitions industrielles du secteur butent sur des contraintes d'ingénierie réelles.

TechnologieAnalyseSophie LeclercPublié le: 2 octobre 20266 min de lectureSources 12
Les mains des humanoïdes et l'atelier : Boston Dynamics supprime l'auriculaire pendant que Tesla bute

Boston Dynamics a annoncé le 1er octobre avoir conçu une nouvelle main pour son humanoïde Atlas : quatre doigts, 13 degrés de liberté, actionnement direct et conception destinée à la production de masse. La main précédente disposait de sept degrés de liberté et était conçue pour saisir une grande variété d'objets. La nouvelle est conçue pour les manipuler.

Il n'y a pas d'auriculaire. Selon The Robot Report, l'ingénieur mécanique Dylan Thrush a indiqué que l'équipe a estimé que la dextérité supplémentaire ne valait pas les trois degrés de liberté additionnels, ni la taille, la consommation d'énergie et les actionneurs qui s'y rattachent.

Avant de figer la conception, Zachary Jackowski, directeur des produits et technologies, a demandé à l'équipe de coller leur auriculaire et leur annulaire ensemble pendant une journée et de rendre compte. Ils ont convenu que la main robotique n'avait pas besoin d'auriculaire.

« Il y a toujours une part d'intuition et d'expérimentation. Cela revient à un compromis entre différents objectifs concurrents », a déclaré Alberto Rodriguez, directeur du comportement des robots pour Atlas, à The Robot Report.

La main est dimensionnée comme une grande main humaine, ce qui détermine la taille des actionneurs, et Boston Dynamics indique avoir conservé une force similaire à la version précédente. Elle est conçue pour la simulation haute fidélité afin de permettre l'apprentissage par renforcement sim-to-real. L'entreprise a également maintenu un actionnement direct transparent aux articulations avec un seul type d'actionneur, encapsulé sans câbles fragiles traversant les articulations.

La main est la partie difficile

C'est au niveau des mains que l'histoire des usines d'humanoïdes devient coûteuse. Le 26 septembre, Ars Technica a rapporté que l'usine de Fremont de Tesla a cessé de produire la berline Model S et le SUV Model X à partir de mai 2026, les ouvriers de la ligne et les ingénieurs étant réaffectés sur Optimus. La dernière version, Optimus V3, s'est avérée difficile sur les plans du développement et de la fabrication, selon les informations de The Information, l'équipement de la ligne de production ayant du mal à aligner précisément les composants et des limites sur la vitesse de la ligne.

Tesla aurait mis à l'échelle sa production à des centaines de robots par semaine et vise plus de 1 000 par semaine d'ici la fin de 2026. Des travailleurs humains doivent assembler manuellement les mains et les avant-bras d'Optimus qui contiennent ensemble plus de 100 petits composants tels que des vis. Le processus est imparfait et intensif en main-d'œuvre, et les robots nouvellement produits nécessitent des corrections immédiates. Les capteurs de toucher dans les mains ont été si peu fiables que Tesla a développé une couche de capteurs de type gant qui peut être remplacée sans remplacer toute la main.

Elon Musk a décrit Optimus lors de la conférence des résultats du deuxième trimestre 2026 de Tesla comme potentiellement « le plus grand produit de tous les temps », tout en reconnaissant que construire un humanoïde autonome capable de gérer de nombreuses tâches différentes est « l'une des choses les plus difficiles à résoudre ».

Cinq millions de robots, très peu d'humanoïdes

L'IFR a rapporté le 24 septembre que le parc opérationnel mondial de robots industriels a augmenté de 9 % pour atteindre un record de 5 000 000 d'unités en 2025, porté par une hausse de 11 % des installations annuelles : plus de 600 000 nouvelles unités. Jane Heffner, présidente de l'IFR, a déclaré que le seuil de cinq millions est plus du double du nombre d'il y a sept ans, avec la croissance la plus forte en Asie.

La Chine a installé 354 000 unités en 2025, en hausse de 20 % sur un an, représentant 59 % des déploiements mondiaux. Les États-Unis ont dépassé le Japon pour devenir le deuxième plus grand marché, en installant près de 38 500 unités, en hausse de 12 %. L'Allemagne, toujours le plus grand marché d'Europe avec une part de 41 % des installations de l'UE, a vu ses ventes chuter de 8 % à moins de 25 000 unités.

Face à cette base installée, les volumes d'humanoïdes sont faibles. Les chiffres d'IDC cités par TechNode le 29 septembre placent les livraisons mondiales d'humanoïdes à près de 25 000 unités au premier semestre 2026, en hausse de 432,1 % sur un an, la Chine représentant 77,9 % d'entre elles. IDC a relevé sa prévision pour 2030 à plus de 750 000 unités. Les rapports d'analystes de Goldman Sachs cités dans un article de SemiEngineering du 1er octobre suggèrent que les livraisons annuelles d'humanoïdes pourraient dépasser 6 000 000 d'unités d'ici 2035, contre moins de 15 000 en 2025.

Ces prévisions coexistent avec le scepticisme au sein même du domaine. Bruno Siciliano, professeur de robotique à l'Université Federico II de Naples, a déclaré au Il Sole 24 Ore le 1er octobre qu'il n'existe pas de retour sur investissement adéquat aujourd'hui, en pointant la réévaluation par BMW de l'utilisation d'humanoïdes Figure AI dans une usine de Caroline du Sud. La version entièrement anthropomorphe avec jambes, a-t-il argumenté, n'est pas toujours productive sur un plan industriel en termes de coût, de stabilité et de mouvement. Il a plaidé pour une directive européenne sur la robotique basée sur l'IA avec un budget de 30 000 000 000 d'euros et un objectif de 33 % du marché mondial d'ici 2035.

Données, mémoire et banc d'essai

Le goulot d'étranglement n'est pas seulement mécanique. Innodata a ouvert un laboratoire de motion capture le 30 septembre pour générer des données d'entraînement pour les humanoïdes et les robots industriels, et pour valider indépendamment les données de performance que les robots génèrent en interne. Son vice-président pour la robotique et l'IA physique, Franklin Tanner, a déclaré à The Robot Report qu'il n'y a « pas d'alternative à la motion capture 3D directe », ajoutant qu'un humanoïde pesant près de 200 lb (90,7 kg) ne peut pas être entraîné sur des estimations approximatives. L'entreprise a cité l'exemple d'un robot ramassant une tasse : par la poignée ou par la base, avec un liquide chaud à l'intérieur, le contexte compte.

L'architecture de mémoire est une contrainte plus silencieuse. Un article sponsorisé dans SemiEngineering le 1er octobre note que l'enregistrement du couple, de la vitesse et de la position des membres au-delà de 10 kHz peut rapidement dépasser les limites d'endurance de la mémoire non volatile conventionnelle, poussant les conceptions vers une NVM distribuée pour la gestion de démarrage, la télémétrie et la sécurité fonctionnelle.

Les tests de sécurité sont aussi repensés. VicOne LAB R7 a décrit le 1er octobre des tests dans lesquels du texte sur une affiche était traité comme une instruction et modifiait le mouvement d'un chien robotique, et un audio inaudible modifiait le comportement simulé d'un robot de service hospitalier fonctionnant sur du matériel NVIDIA. Lors d'un événement de prime sur les bogues en robotique, des chercheurs ont injecté un message ROS 2/DDS dans un robot que les organisateurs s'attendaient à voir rester immobile sous un réglage de contrôle sûr. Il s'est déplacé.

Côté usine, Maven Robotics a déclaré à The Robot Report le 1er octobre avoir levé 100 000 000 de dollars depuis 2024, faire fonctionner des robots 16 heures par jour, cinq jours par semaine avec un taux de disponibilité maximal de 99 %, et pouvoir atteindre 3 m de haut tout en transportant des charges de 30 kg. ANYbotics a lancé Shift le même jour, une plateforme pour les missions d'inspection multi-robots qui transforme les anomalies confirmées en bons de travail dans SAP, IBM Maximo et GE Vernova APM. Inbolt, une entreprise française de robotique industrielle, a levé 11 000 000 d'euros le 30 septembre pour étendre la vision et le contrôle en temps réel aux centres de données et à la fabrication électronique, portant le financement total à 30 000 000 d'euros.

Pendant ce temps, Boston Dynamics a ouvert son centre d'application Robotics Metaplant au sein de Hyundai Motor Group Metaplant America en septembre, un centre de formation pour l'intégration d'Atlas dans les opérations automobiles de Hyundai.

La direction est claire même lorsque les chiffres ne le sont pas. Les mains, les capteurs, l'endurance de la mémoire et les données d'entraînement sont les éléments qui décident si un humanoïde peut occuper un poste dans une usine, et aucun d'entre eux n'est réglé.

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Sources

12
  1. 01Boston Dynamics drops pinkie on new humanoid handEN
  2. 02Tesla workers balk at training Optimus humanoid robots as replacementsEN
  3. 03Five Million Robots Now Operate in Factories GloballyEN
  4. 04China accounts for 77.9% of global humanoid robot shipments in H1, IDC saysEN
  5. 05Memory At The Edge: Non-Volatile Memory Challenges And Requirements For Humanoid RobotsEN
  6. 06Umanoidi, il professore di robotica Bruno Siciliano: «L'Ue punta sull'interazione tra uomo e macchina»IT
  7. 07Innodata opens motion-capture lab to help humanoids move more like peopleEN
  8. 08Your Robot's Safety Functions Already Work. What If the Input Lies?EN
  9. 09How Maven Robotics plans to automate industrial work, one task at a timeEN
  10. 10ANYbotics launches Shift to streamline robot fleet operations, scale inspectionsEN
  11. 11Inbolt raises €11M to bring real-time vision and intelligence to industrial robotsEN
  12. 12Top 10 robotics stories of September 2026EN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Sophie Leclerc

Sophie Leclerc

IA, modèles et technologies

Sophie Leclerc couvre les technologies, l'IA et les modèles ainsi que les médias et l'internet pour FLASH24, en travaillant à partir des dépôts de code, des articles scientifiques et des documents techniques plutôt que des annonces. Elle vérifie chaque chiffre en remontant aux jeux de données d'origine et en comparant les versions successives des modèles. Elle interroge régulièrement des ingénieurs et des chercheurs, et suit les calendriers de publication des principales conférences du secteur. Son intérêt personnel pour l'auto-hébergement et les réseaux domestiques nourrit directement sa couverture des infrastructures et des modèles ouverts. Elle ne publie pas de performance annoncée sans méthode de mesure vérifiable.

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