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Pékin veut resserrer les contrôles à l'export sur le gallium, le lithium et la technologie des batteries

Le 2 janvier 2025, le ministère chinois du Commerce a ouvert une consultation publique d'un mois sur son catalogue des technologies interdites ou restreintes à l'export. Le texte durcit les contrôles sur la préparation des matériaux de cathode et sur les procédés d'extraction du gallium et du lithium.

MondeActualitéDr Hélène FontainePublié le: 27 septembre 20263 min de lectureSources 4
Pékin veut resserrer les contrôles à l'export sur le gallium, le lithium et la technologie des batteries

L'avis, publié conjointement par le ministère du Commerce et le ministère des Sciences et des Technologies, ajouterait un article au catalogue, en réviserait un et en supprimerait trois, selon le ministère. Les retours sont ouverts jusqu'au 1er février. China Daily a rapporté la proposition le 4 janvier 2025.

Les ajouts portent sur des matériaux qui alimentent trois industries à la fois : les semi-conducteurs, les véhicules électriques et l'électronique grand public. Pékin restreint déjà les exportations de produits à base de gallium et de germanium. La nouvelle proposition étendrait le filet aux technologies d'extraction, et non plus seulement aux métaux eux-mêmes. La technologie de préparation des matériaux de cathode serait elle aussi soumise à des contrôles plus stricts.

Ce que fait réellement le catalogue

Le catalogue est l'instrument juridique qui classe les technologies en catégories « interdites » et « restreintes ». Ce n'est pas une interdiction générale : les entreprises étrangères peuvent toujours obtenir des technologies contrôlées si elles décrochent une autorisation d'exportation du gouvernement chinois. C'est ce qu'explique Cui Fan, professeur de commerce international à l'Université de commerce international et d'économie de Pékin, cité par China Daily. Selon lui, la révision aide les entreprises nationales à s'implanter à l'étranger « de manière légale et conforme ».

La précédente mise à jour chinoise, publiée fin 2023, avait ramené le nombre d'articles contrôlés de 164 à 134, indiquait alors le ministère du Commerce. La trajectoire n'est donc pas à sens unique. Ding Rijia, professeur d'économie industrielle à l'Université chinoise des mines et de la technologie, a déclaré à China Daily que la révision équilibre la protection des technologies critiques et des ressources minérales avec l'encouragement de l'innovation et des échanges mondiaux.

Cette présentation est contestée hors de Chine. Une analyse du CSIS sur la politique de transfert de technologies soutient que les « politiques non marchandes et les pratiques commerciales prédatrices » de la Chine « faussent l'économie mondiale et créent un risque stratégique pour les nations occidentales ». Les contrôles à l'export ne suffisent pas, ajoute le document, s'ils ne s'inscrivent pas dans un programme diplomatique plus large. Le même texte affirme que l'Occident ne peut pas se découpler de la Chine, et réciproquement, l'économie mondiale étant trop interconnectée pour une bifurcation de type guerre froide.

Pourquoi le calendrier compte

La consultation est tombée alors que la Chine était déjà le fournisseur dominant de plusieurs intrants concernés par la proposition. Selon RNZ, qui a republié une analyse d'ABC News signée du correspondant en chef pour les affaires économiques Ian Verrender, la Chine assure 90 pour cent de la production mondiale de batteries et domine les minéraux essentiels aux batteries, dont le lithium, le cobalt, le manganèse et le graphite. Elle « produit aussi presque toute la production mondiale d'anodes et de cathodes ».

Cet article décrit comment Pékin a lancé sa stratégie pour le véhicule électrique dès 2000, a injecté argent et incitations dans le projet en 2009, et a encouragé des fabricants de batteries comme BYD à se lancer dans l'automobile. Les objectifs affichés : réduire la dépendance au pétrole importé et diminuer la pollution.

Côté puces, une évaluation de Silicon Analysts indique que la Chine a réalisé des gains crédibles dans les équipements de gravure, de dépôt et de CMP, des fournisseurs nationaux comme NAURA et AMEC prenant une part mesurable. La photolithographie reste en revanche le goulot d'étranglement non résolu. Les systèmes EUV d'ASML restent soumis aux restrictions néerlandaises à l'export, et aucun fournisseur chinois n'a démontré de plateforme EUV capable de production, selon cette analyse.

« La révision du catalogue fait partie d'un effort visant à équilibrer la protection des technologies critiques et des ressources minérales, tout en encourageant l'innovation et les échanges technologiques à l'échelle mondiale », a déclaré Ding Rijia, selon China Daily.

Le document du CSIS recommande de priver la Chine des bénéfices d'activités illicites plutôt que de chercher à lui refuser l'accès à la technologie. Il propose aussi d'étendre aux autres technologies la logique des « fournisseurs de confiance » développée lors du débat sur la 5G. Il appelle enfin à des réductions mesurables de ce qu'il qualifie de comportement illicite ou prédateur, afin que les pays puissent évaluer les progrès.

La consultation se termine le 1er février 2025. Reste à savoir si les articles sur le gallium, le lithium et les cathodes survivront dans le catalogue final, et sous quelle forme. Les fabricants d'équipements, les entreprises de batteries et leurs clients en Europe, au Japon, en Corée du Sud et aux États-Unis suivront cela de près.

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Sources

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  1. 01Nation plans tech export rule changes - Chinadaily.com.cnEN
  2. 02Rethinking Technology Transfer Policy toward China - CSISEN
  3. 03China won the car wars with cheap EVs loaded with technologyEN
  4. 04China's AI Chip Bifurcation Under Export ControlsEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Dr Hélène Fontaine

Dr Hélène Fontaine

Économie, business et monde

Hélène Fontaine suit l'économie des entreprises, la conjoncture et l'international pour FLASH24. Elle croise les dépôts comptables, les rapports trimestriels et les indices d'activité, et ne retient un chiffre qu'après l'avoir comparé à sa source d'origine. Elle interroge chefs d'entreprise, économistes et syndicats, et attend chaque mois les publications de l'INSEE et de la BCE pour recouper ses tableaux. Cette rigueur vient aussi de son intérêt personnel pour la comptabilité des entreprises technologiques et les vélos cargo, deux sujets qu'elle traite avec la même méthode. Elle ne publie pas un chiffre sans avoir vérifié son calcul.

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