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La revue Science consacre un numéro à la santé des femmes, menacée par les coupes budgétaires

Science a publié jeudi un numéro spécial sur la santé des femmes. La revue y affirme que les différences liées au sexe dans les maladies restent mal comprises, alors même que le financement de la recherche dans ce domaine est attaqué.

Médias & internetAnalyseSophie LeclercPublié le: 2 octobre 20265 min de lectureSources 1
La revue Science consacre un numéro à la santé des femmes, menacée par les coupes budgétaires

Science a publié jeudi un numéro spécial consacré à la santé des femmes, rapporte STAT. Quatre rédactrices du journal l'ont piloté : Yevgeniya Nusinovich, Sacha Vignieri, Joana Osório et Sarah Ross. Elles invoquent les attaques politiques contre les droits des femmes et les soins de santé, ainsi que les coupes budgétaires qui frappent la recherche dans ce domaine, comme motifs urgents de ce projet.

Voilà l'actualité, et elle est étroite : un seul numéro de revue, pas un changement de politique. Mais son contenu esquisse l'ampleur des lacunes qui subsistent.

L'introduction du numéro, citée par STAT, soutient que « la science biomédicale a beaucoup progressé au fil des années, et il est devenu de plus en plus clair qu'il existe des différences liées au sexe dans de nombreuses maladies qui n'impliquent pas la reproduction et qui surviennent à tout âge ». Les rédactrices écrivent que les essais cliniques menés spécifiquement chez les femmes doivent continuer d'être promus, « y compris alors que les coupes budgétaires visent cette recherche et d'autres recherches propres aux femmes, menaçant la qualité des soins de santé futurs des femmes ».

Plusieurs synthèses du numéro portent sur la douleur. Les femmes souffrent de douleurs fonctionnelles à peu près deux fois plus souvent que les hommes, selon le rapport de STAT. La douleur pelvienne persistante devient souvent un facteur invalidant au quotidien. La synthèse sur les mécanismes de la douleur propres au sexe couvre les hormones sexuelles, les interactions immunitaires et neuronales, le microbiome intestinal et le rôle des hormones ovariennes. Elle souligne aussi le peu d'efforts consacrés à la compréhension de la douleur féminine. « Les femmes attendent désespérément des réponses concrètes qui pourraient aider à éliminer l'approche courante du “tout est dans votre tête” appliquée à leurs maladies », écrivent les autrices de la synthèse.

Une autre synthèse du même numéro examine comment les chromosomes XX et XY influencent le vieillissement et les maladies. Elle soutient que les chromosomes sexuels devraient toujours être pris en compte dans l'élaboration des stratégies de médecine de précision. D'autres contributions restent plus proches de la reproduction. L'une appelle à repenser la recherche et le traitement de la ménopause autour de chaque patiente. Une autre examine le rôle du système immunitaire dans la préparation et le déroulement d'une grossesse. Une troisième se penche sur le fonctionnement de l'ovaire après la ménopause.

Nusinovich, rédactrice senior à Science, déclare à STAT qu'elle traite la recherche sur la santé après la période reproductive comme distincte des travaux sur la reproduction. L'objectif n'est pas d'améliorer la réussite reproductive, mais la santé de la femme elle-même. Ce cadrage compte : il sépare les questions de fertilité des questions sur la façon dont un corps vieillit, réagit aux médicaments et ressent la douleur.

STAT note aussi l'écart entre la visibilité et le fond. Des mots comme ovulation, endométriose et ménopause sont entrés dans la conversation courante. Pourtant, les femmes restent mal représentées dans les essais cliniques, et la santé féminine reste mal comprise comparée à la santé masculine. Une grande partie de l'attention se concentre encore sur la reproduction.

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Mercredi, le gouverneur de Californie Gavin Newsom a signé le Community NEWS Act. Le Los Angeles Times le décrit comme une loi historique destinée à donner une bouée de sauvetage aux salles de rédaction californiennes en difficulté. CalMatters le présente comme une loi offrant des allègements fiscaux aux entreprises de presse locale de Californie. Le cabinet du gouverneur l'a présentée comme un moyen de renforcer le journalisme local et de défendre une presse libre, pierre angulaire de la démocratie. Le Mercury News rapporte que Newsom a averti de l'« assaut contre la presse libre » de Trump au moment de signer.

Les deux affaires ne sont pas la même, et les fusionner serait bâclé. Mais elles partagent un mécanisme : la recherche et le journalisme dépendent tous deux d'argent décidé ailleurs. On demande aux deux de se justifier en termes politiques. KQED rapporte que Newsom a signé la loi tout en dénonçant les restrictions de Trump sur la presse. Poynter a publié la même semaine une tribune listant six raisons négligées pour lesquelles le Community NEWS Act compte. Un autre article de Poynter demandait ce qu'il faut réellement pour faire fonctionner une salle de rédaction locale indépendante. Sa conclusion : il faut plus que du bon journalisme.

D'autres médias ont couvert la même signature sous des angles différents. Le Santa Barbara Independent rapporte que la loi garantit des fonds pour payer des journalistes locaux dans tout l'État. Pleasanton Weekly la qualifie de première loi de ce type dans le pays visant à soutenir les organisations de presse locale en difficulté. TVTechnology et kmjnow.com ont tous deux couvert la signature. LATF USA News la présente comme une loi visant à inciter les médias à embaucher des journalistes.

Jeudi, Spectrum Local News a rapporté que l'administration Trump avait engagé une procédure pour annuler un financement fédéral, tandis qu'un organisme de surveillance contestait la légalité de la mesure. Ce montant n'est pas lié spécifiquement à la recherche sur la santé des femmes, et les lecteurs ne doivent pas le prendre pour tel. Le rapport de STAT ne chiffre pas les coupes auxquelles les rédactrices de Science réagissaient. Aucun des deux rapports ne le fait.

Ce que le numéro de Science apporte, c'est un ensemble d'affirmations vérifiables à l'aune des futures décisions de financement. Les mécanismes de la douleur diffèrent selon le sexe. Les chromosomes sexuels façonnent le vieillissement et les maladies. La ménopause mérite une recherche qui ne s'organise pas autour de la réussite reproductive. Si les budgets de recherche se réduisent dans ces domaines, soutiennent les rédactrices, les conséquences retombent sur les patientes, pas sur les revues.

L'article de STAT contient aussi un point structurel. Quatre rédactrices ont assemblé ce numéro, et elles ont choisi d'exposer ouvertement leur raisonnement politique. C'est inhabituel pour l'introduction d'une revue, et cela attire autant de critiques que d'attention. Savoir si Science répétera l'exercice, et si les financeurs réagiront, voilà ce qui pourra être mesuré plus tard.

Pour l'instant, le point de données le plus concret est la date de publication. Le numéro est paru jeudi 1er octobre. Tout le reste, y compris l'ampleur des coupes et leurs effets, relève du contexte et non du fait.

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Sources

1
  1. 01Top journal's special issue on women's health casts spotlight on menopause and painEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Sophie Leclerc

Sophie Leclerc

IA, modèles et technologies

Sophie Leclerc couvre les technologies, l'IA et les modèles ainsi que les médias et l'internet pour FLASH24, en travaillant à partir des dépôts de code, des articles scientifiques et des documents techniques plutôt que des annonces. Elle vérifie chaque chiffre en remontant aux jeux de données d'origine et en comparant les versions successives des modèles. Elle interroge régulièrement des ingénieurs et des chercheurs, et suit les calendriers de publication des principales conférences du secteur. Son intérêt personnel pour l'auto-hébergement et les réseaux domestiques nourrit directement sa couverture des infrastructures et des modèles ouverts. Elle ne publie pas de performance annoncée sans méthode de mesure vérifiable.

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