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Le syndicat des musiciens s'oppose au rejet demandé par Universal, Warner et Atlantic dans l'affaire des licences IA

L'American Federation of Musicians a déposé le 4 septembre son opposition aux requêtes en rejet d'Universal Music Group, Warner Records et Atlantic Recording Corp. dans son procès sur les accords de licence IA, rapporte Music Business Worldwide.

Médias & internetExpliquéCamille RousseauPublié le: 5 novembre 20264 min de lectureSources 10
Le syndicat des musiciens s'oppose au rejet demandé par Universal, Warner et Atlantic dans l'affaire des licences IA

L'opposition du syndicat

L'American Federation of Musicians a déposé son opposition le 4 septembre devant un tribunal fédéral de New York. Elle répond aux requêtes en rejet d'Universal Music Group, Warner Records et Atlantic Recording Corp.

Le syndicat affirme que les accords IA des maisons de disques permettent d'« injecter dans des systèmes d'IA à des fins d'exploitation commerciale » les enregistrements de ses membres, sans rémunération.

L'affaire repose sur l'article 21(a) du Sound Recording Labor Agreement, la convention collective du syndicat avec les maisons de disques. L'article 21(a) couvre ce que le contrat appelle un nouvel usage d'un enregistrement, c'est-à-dire une utilisation que l'accord ne prévoit pas par ailleurs.

L'AFM a porté plainte le 5 juin et déposé une plainte modifiée le 24 juillet. Elle allègue que les entreprises ont violé le SRLA en concédant sous licence les enregistrements de ses membres à des sociétés de musique par IA sans les payer ni les créditer. Universal a concédé des enregistrements à Udio ; Warner a concédé à Udio et à Suno. Universal a demandé au tribunal de rejeter l'affaire le 5 août. Warner Records et Atlantic ont suivi le 14 août.

L'argument des maisons de disques en faveur du rejet

La requête d'Universal Music Group soutient que l'article 21(a) ne fixe aucun tarif propre. Il en reprend un de l'accord AFM distinct qui régit le nouvel usage, selon l'entreprise.

Aucun accord de ce type ne couvre l'usage par IA, plaide Universal, donc aucun paiement n'est dû. La requête utilise une analogie avec le cinéma : si un enregistrement d'album est concédé pour un film, l'accord AFM régissant le cinéma fournit le tarif. Pour l'usage par IA, dit Universal, un tel accord n'existe pas. « Un paiement mesuré par un accord qui n'existe pas n'est pas un paiement du tout », écrivent les avocats de l'entreprise. La requête affirme que la disposition « n'obligeait donc UMG à ne rien payer, qu'UMG n'a rien violé, et que la demande échoue à la lecture même de la plainte ».

Warner Music Group, la société mère, a déclaré au tribunal en juillet que l'AFM avait intenté le procès « dans une tentative indue de mettre le pouce de la justice sur la balance des négociations ». Warner Records et Atlantic ont remplacé la société mère dans la plainte modifiée déposée le 24 juillet.

Dans une déclaration à Music Business Worldwide, un porte-parole d'Universal Music Group a affirmé que l'entreprise était « à l'avant-garde de la protection des droits et de la défense des intérêts des artistes et des auteurs-compositeurs à l'ère de l'IA ». Le porte-parole a déclaré que l'AFM avait choisi le contentieux pendant les négociations collectives.

Ce que plaide le syndicat

L'AFM soutient que l'article 21(a) est « raisonnablement susceptible de plus d'une interprétation ». Elle écrit qu'elle « ne demande pas au tribunal de réécrire le SRLA ni de fournir des termes que les parties n'ont pas acceptés ».

Le syndicat avance aussi que les dispositions du SRLA sur l'échantillonnage fournissent un tarif pour une partie des comportements en cause. Elles couvrent en effet l'encodage d'une partie d'un enregistrement dans un ordinateur pour une lecture dans une autre chanson. Même selon la lecture des maisons de disques, écrit l'AFM, « les dispositions sur l'échantillonnage fournissent une référence contractuelle de paiement existante ; à tout le moins, elles rendent le rejet prématuré ».

Le syndicat soutient en outre que les productions d'Udio peuvent aboutir à des usages que le SRLA couvre déjà, comme le streaming ou le cinéma, qui relèvent de tarifs existants.

Lors d'une conférence le 21 juillet, l'avocat de l'AFM, Eyad Asad, a déclaré au juge fédéral Edgardo Ramos qu'il n'y avait « aucun tarif dans la convention collective pour l'usage par IA » et « aucun accord sous-jacent pour l'usage par IA ». Il a ajouté : « Nous l'avons concédé ». Les avocats d'Universal se sont emparés de cette réponse : « Cette concession met fin à cette affaire ».

Le juge Ramos a pressé les maisons de disques sur ce point, leur demandant pourquoi elles ne devraient pas payer les auteurs de la musique. Il a déclaré qu'Universal ne soutenait pas que les musiciens « n'ont droit à rien ». Selon lui, l'accord oblige plutôt l'entreprise à « s'asseoir avec l'AFM ou les artistes et à déterminer dans quelle mesure ils bénéficieront de ce nouvel usage ». L'avocat principal d'Universal, Orin Snyder, a répondu : « Exactement ».

Le syndicat renvoie aussi aux plaintes pour atteinte au droit d'auteur qu'Universal, Warner et d'autres maisons de disques ont déposées contre Udio et Suno le 24 juin 2024. Ces plaintes affirmaient que les sociétés d'IA « remplaçaient le travail d'artistes humains par des quantités massives de sons créés par IA » qui « diluent substantiellement les pools de redevances versés aux artistes ». Le mémoire de l'AFM qualifie la position des maisons de disques d'« particulièrement intenable » au regard de ce qu'elles ont déclaré aux tribunaux en juin 2024.

Les accords à l'origine du procès

Universal Music Group a conclu un accord de règlement et de licence avec Udio en octobre 2025. Elle n'a pas réglé avec Suno.

Warner Music Group a réglé avec Udio en novembre 2025 et, quelques jours plus tard, est devenu le premier major à trouver un accord avec Suno. L'AFM allègue que les musiciens représentés par elle n'ont pas partagé le produit des règlements. Le syndicat renvoie aussi aux déclarations publiques des maisons de disques sur ces accords. Ces déclarations présentaient les accords comme la preuve d'un « engagement à faire ce qui est juste pour nos artistes et nos auteurs-compositeurs » et « une victoire pour la communauté créative ». Les conditions de paiement et le nombre de participants aux accords de licence IA n'ont pas été divulgués publiquement.

Ce qui suit

L'AFM négocie déjà un nouvel accord social avec les majors. Warner Music Group indique que « l'IA est au centre » de ces discussions. L'affaire est American Federation of Musicians v. Universal Music Group and Warner Records devant le tribunal de district des États-Unis pour le district sud de New York.

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Sources

10
  1. 01US musicians’ union files opposition to Universal and Warner motions to dismiss, saying members’ recordings were ‘fed into AI systems for commercial exploitatioEN
  2. 02Major Labels Seek Dismissal of AFM Gen AI Licensing LawsuitEN
  3. 03UMG asks court to dismiss US musicians’ union lawsuit over Udio AI dealEN
  4. 04Universal and Warner labels ask court to dismiss musicians’ AI licensing lawsuitEN
  5. 05Major labels sued AI music firms, then licensed their catalogs as artists fear lost payEN
  6. 06Scientists say a forgotten particle may explain why the universe existsEN
  7. 07Physicists created a tiny universe and watched time emerge without a clockEN
  8. 08Hubble reveals a stunning twist in how the universe emerged from darknessEN
  9. 09China dismisses US report of suspected spy targeting Nvidia CEO Jensen Huang as ‘groundless’EN
  10. 10Einstein's equations may explain the universe without dark energyEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Camille Rousseau

Camille Rousseau

IA, modèles et technologies

Camille Rousseau suit les technologies, l’IA et les modèles ainsi que les médias et l’internet pour FLASH24, en partant des dépôts de modèles, des publications techniques et des données publiques, sans reprendre les annonces sans vérification. Elle contrôle les chiffres d’entraînement et de coût en remontant aux jeux de données, aux versions de modèles et aux méthodes de mesure. Elle interroge des chercheurs et des équipes produit, compare les résultats entre modèles et attend les mises à jour de calendrier des principaux fournisseurs. Son intérêt pour l’impression 3D, les vieux ordinateurs et la façon dont les modèles apprennent rejoint directement son travail sur l’IA et les technologies. Elle ne publie pas de chiffres sans source ni de comparaison sans protocole reproductible.

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