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Une étude menée par UC Berkeley identifie l'ADN de deux groupes humains archaïques inconnus chez des personnes vivantes

Une étude dirigée par UC Berkeley, publiée dans Science le 30 juillet 2026, a utilisé une méthode appelée TRACE pour retrouver, dans des centaines de génomes actuels, l'ADN de deux groupes humains archaïques inconnus, dont une lignée fantôme présente chez tous les humains modernes.

SciencesExpliquéAmélie BernardPublié le: 6 novembre 20263 min de lectureSources 13
Une étude menée par UC Berkeley identifie l'ADN de deux groupes humains archaïques inconnus chez des personnes vivantes

Cet ancêtre fantôme s'est reproduit avec des humains modernes en Afrique il y a plus de 50 000 ans, avant la plus récente grande migration d'Homo sapiens hors d'Afrique, rapportent les chercheurs. L'ADN hérité de cette lignée représente environ 1 % du génome humain moderne, une proportion que les chercheurs jugent comparable à l'apport néandertalien.

Comment l'ADN a été retrouvé

L'équipe de Berkeley a mis au point une technique appelée TRACE, pour TRacking Archaic Contributions via ARG Estimation. Elle analyse des centaines de génomes complets d'humains actuels du monde entier et reconstruit un graphe de recombinaison ancestral, une carte des liens entre segments d'ADN au fil du temps par ascendance commune. La méthode repère les régions dont l'ascendance remonte anormalement loin, ce qui permet à l'équipe de localiser l'ADN de populations éteintes même sans ADN ancien de ces populations. Des travaux antérieurs avaient relevé des indices de tels croisements, sans cartographier l'emplacement des traces. « Les généalogies conservent une trace de notre passé évolutif », a déclaré Priya Moorjani, professeure associée de biologie moléculaire et cellulaire à Berkeley. « TRACE reconstitue ces histoires à l'échelle du génome. En identifiant les régions dont l'ascendance remonte anormalement loin dans le temps, nous pouvons mettre au jour des apports génétiques de populations humaines éteintes, même en l'absence d'ADN ancien. »

L'analyse indique des croisements entre humains modernes et au moins quatre parents humains archaïques, dont les Néandertaliens et les Dénisoviens.

L'ancêtre fantôme en Afrique

La lignée fantôme s'est séparée de la lignée humaine moderne il y a environ 800 000 ans, à peu près au moment où Néandertaliens et Dénisoviens se sont eux-mêmes séparés. Le croisement a eu lieu avant 50 000 ans, plus tôt que les rencontres avec les Néandertaliens et les Dénisoviens hors d'Afrique.

La plupart des gens hors d'Afrique portent environ 1 à 2 % d'ADN néandertalien.

« Nous avons réellement pu trouver et cartographier chez les humains modernes des emplacements génomiques issus de cette lignée fantôme, et montrer que cette ascendance fantôme est présente chez tous les humains modernes, pas seulement chez les Africains », a déclaré Yulin Zhang, doctorant à Berkeley et l'un des deux premiers auteurs.

L'ancêtre super-archaïque

Le second groupe est plus ancien encore. Les chercheurs décrivent un ancêtre super-archaïque dont la lignée remonte à environ 1 800 000 ans. Il s'est probablement reproduit avec des Dénisoviens en Eurasie il y a plus de 200 000 ans. Les Dénisoviens se sont ensuite mêlés à Homo sapiens, ce qui explique qu'une petite part de cet ADN plus ancien ait atteint les génomes modernes. « La découverte super-archaïque est particulièrement enthousiasmante, car elle révèle des apports génétiques d'une lignée humaine qui vivait il y a plus d'un million d'années, alors qu'aucun ADN de cette population n'a été séquencé », a déclaré Arjun Biddanda, chercheur postdoctoral à l'université Johns Hopkins et co-premier auteur.

Ce à quoi correspondent les dates

Les dates de divergence déduites recoupent l'existence de groupes d'Homo du Pléistocène moyen en Afrique il y a environ 800 000 ans et de populations d'Homo erectus en Eurasie il y a environ 1 800 000 ans, ont indiqué les chercheurs.

Priya Moorjani, professeure associée de biologie moléculaire et cellulaire à Berkeley, a déclaré dans un communiqué de l'université que les mélanges entre populations humaines ont été constants au fil du temps. « Nous pensons souvent l'évolution humaine comme un arbre qui se ramifie, mais les nouvelles données génomiques et les nouvelles méthodes d'analyse révèlent une histoire bien plus interconnectée, plutôt comme un réseau complexe de populations reliées par des épisodes répétés de migration et de mélange », a-t-elle déclaré.

Les auteurs soutiennent que les premiers Homo sapiens ont vécu aux côtés de nombreux groupes d'homininés apparentés en Afrique et en Eurasie au cours du dernier million d'années. Ils étaient génétiquement assez proches pour se reproduire avec beaucoup d'entre eux.

Ce qui reste ouvert

L'étude n'identifie pas les deux populations, et aucune n'a été rattachée à un génome séquencé. Les dates déduites recoupent celles de groupes connus, mais ce recoupement n'établit pas leur identité. Sans ADN de l'une ou l'autre population, les identités restent non résolues.

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Sources

13
  1. 01Scientists found two mysterious 'ghost' ancestors hiding in our DNAEN
  2. 02Mysterious DNA: two unknown ancestors found in human genomeEN
  3. 03New computational technique traces ghost ancestry in modern human genomesEN
  4. 04Ancient "Ghost" Ancestors Left Their Mark on the Human GenomeEN
  5. 05Genomes Across Japan Reveal Traces of Neanderthal and Denisovan DNA — and a Hidden Third Ancestry - Discover MagazineEN
  6. 06Neanderthal genes give clues to human brain evolution: StudyEN
  7. 07In 50,000 years, one ancient love story left an uneven genetic signature: Scientists say Neanderthal fathers may have contributed far more surviving descendantsEN
  8. 08A new study suggests that human women and Neanderthal men interbred much more frequently than previously thought, which rewrites part of the history of our origEN
  9. 09Max Planck scientists read DNA from 27 late Neanderthals in Belgium and France and found no sign of recent Homo sapiens ancestry, even though both lived in EuroEN
  10. 10HuBMAP Updates Data Portal for Studying Human Tissues at Single-Cell ResolutionEN
  11. 1175,000-year-old Neanderthal may have been killed by a spear aimed at the heartEN
  12. 12What happened to the Neanderthals? - Inquirer.comEN
  13. 13Studying Fraudulent North Korean IT WorkersEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Amélie Bernard

Amélie Bernard

Science et santé

Amélie Bernard couvre les sciences et la santé pour FLASH24, en s'appuyant sur les publications évaluées par les pairs, les communiqués des agences et les données brutes des études, sans reprendre les reprises de presse. Elle vérifie chaque chiffre en remontant à la source, compare les méthodologies et signale les tailles d'échantillon douteuses. Elle interroge régulièrement des chercheurs et des soignants, et attend les mises à jour des revues à comité de lecture avant de publier. Sa formation en physique des matériaux lui sert à décrypter les résultats techniques, et elle observe le ciel avec son propre télescope. Elle ne publie pas une donnée qu'elle n'a pas pu reproduire.

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