Hasina annonce qu'elle rentrera au Bangladesh en décembre malgré sa condamnation à mort
Sheikh Hasina a déclaré à l'Associated Press qu'elle rentrerait au Bangladesh en décembre, malgré sa condamnation à mort par contumace et sans avoir dévoilé de plan de voyage. AsiaOne et Pakistan Today ont rapporté cet entretien par courriel le 5 novembre.

Sheikh Hasina a répondu aux questions de l'Associated Press la semaine dernière et a envoyé ses réponses mercredi, rapporte AsiaOne. Elle avait déjà évoqué le mois de décembre en août.
Un retour la placerait à portée des tribunaux qui l'ont jugée par contumace. Il mettrait à l'épreuve le refus de l'Inde de la remettre aux autorités bangladaises. Il tomberait aussi sur le premier ministre Tarique Rahman, dont le gouvernement a écarté sa Ligue Awami de l'élection de février. Aucun des deux gouvernements n'a dit ce qu'il ferait si elle arrivait.
La promesse de décembre
Hasina a 78 ans. Elle vit en Inde depuis août 2024, quand le soulèvement l'a chassée du pouvoir.
Dans cet entretien par courriel, elle a posé le risque sans détour. « Si la mort est mon destin, je préfère mourir sur le sol de mon propre pays, parmi mon propre peuple », a-t-elle déclaré à l'AP. Elle a dit savoir qu'elle pourrait être arrêtée, emprisonnée, torturée ou tuée après son atterrissage. Elle a dit ne pas pouvoir passer le reste de sa vie à regarder son peuple souffrir de loin. Lors d'une conférence de presse virtuelle depuis Delhi plus tôt cette année, elle avait été plus directe encore : « à l'instant où j'atterrirai, ils pourront me tuer, ou m'arrêter et me torturer ».
Elle n'a pas précisé comment elle voyagerait depuis l'Inde, ni si un arrangement existe avec les autorités de Dhaka. Dans un entretien de septembre, elle avait annoncé qu'elle communiquerait plus tard la date, l'heure et le point d'entrée. Elle avait dit ne pas viser la reconquête du pouvoir par ce retour.
La peine à laquelle elle reviendrait
Le Tribunal international des crimes de Dhaka l'a condamnée à mort par contumace en novembre 2025. La cour l'a reconnue coupable de crimes contre l'humanité pour la répression des manifestations menées par des étudiants en juillet et août 2024. Un collège de trois juges l'a déclarée coupable d'incitation, d'ordres de tuer et de manquement à empêcher des atrocités. En lisant le verdict, le juge Golam Mortuza Mozumder a déclaré qu'elle avait « commis des crimes contre l'humanité par son ordre d'utiliser des drones, des hélicoptères et des armes létales » contre des civils. La cour a prononcé des peines sur cinq chefs d'accusation. Deux ont valu des condamnations à mort.
Le bureau des droits de l'homme de l'ONU a estimé que jusqu'à 1 400 personnes ont été tuées pendant le soulèvement, la pire violence politique au Bangladesh depuis la guerre d'indépendance de 1971. Ce même bureau a qualifié la condamnation d'« moment important pour les victimes », tout en se déclarant opposé à la peine de mort en toutes circonstances. Hasina a rejeté le verdict, qu'elle a décrit comme une « mascarade à motivation politique », et nie toute faute.
Le tribunal a aussi condamné à mort l'ancien ministre de l'Intérieur Asaduzzaman Khan dans la même affaire. Khan pourrait également se trouver en Inde, mais sa localisation reste floue. Hasina peut faire appel devant la Cour suprême. Le ministère des Affaires étrangères de Dhaka a pressé l'Inde d'« extrader immédiatement les deux condamnés », ce qu'il qualifie de « responsabilité obligatoire ».
L'Inde ne l'a pas fait. Les deux pays ont signé un traité d'extradition en 2013, mais celui-ci permet de refuser lorsque l'infraction est politique.
La politique à laquelle elle revient
Beaucoup de choses ont changé depuis son départ. Muhammad Yunus a dirigé une administration intérimaire pendant environ 18 mois. Tarique Rahman, fils de l'ancienne première ministre Khaleda Zia, a ensuite remporté une large victoire à l'élection de février 2026. Le gouvernement a écarté la Ligue Awami de Hasina de ce scrutin. Le parti reste frappé d'une interdiction, et plusieurs de ses dirigeants sont arrêtés ou en exil.
Elle affirme que les tueries ont fait au moins 20 000 morts parmi les membres de la Ligue Awami depuis août 2024, un chiffre que Pakistan Today signale comme non vérifié de façon indépendante. Elle dit que des milliers d'autres ont été arrêtés, torturés ou contraints à la clandestinité, et que des partisans ont perdu leur logement et leur entreprise. Human Rights Watch a critiqué le gouvernement de Rahman ces derniers mois pour ses atteintes aux droits civils et politiques. Des organisations de défense des droits ont aussi exprimé des inquiétudes sur le traitement des figures de l'opposition et des communautés minoritaires. Le gouvernement affirme que les arrestations reposent sur des accusations précises.
Ce qui reste inconnu
Aucune date, aucune heure et aucun point d'entrée n'ont été annoncés. Le bureau du premier ministre bangladais n'a pas répondu aux demandes de commentaire sur ses déclarations, rapporte Pakistan Today.
Hasina dit ne pas demander de protection étrangère. « Je n'ai pas besoin de la bénédiction d'une puissance étrangère pour rentrer dans mon propre pays », a-t-elle déclaré à l'AP. Reste à savoir si Dhaka l'arrêterait à son arrivée, et comment New Delhi gérerait un départ qu'elle a jusqu'ici bloqué.
La peine tient et l'interdiction tient. Le mois qu'elle a nommé, c'est décembre.
Sources
27- 01Bangladesh's ousted premier Hasina says she will return from exile in December at any costEN
- 02Sheikh Hasina plans December return to Bangladesh despite risk of executionEN
- 03'I Would Rather Die On My Own Soil': Sheikh Hasina Says Bangladesh Return Plan UnchangedEN
- 04Bangladesh Ex-PM Sheikh Hasina Ready To Face Death On Her Own SoilEN
- 05Sheikh Hasina insists on returning to Bangladesh in DecemberEN
- 06Ousted Bangladesh PM Sheikh Hasina sentenced to death for crimes against humanityEN
- 07Sheikh Hasina convicted of crimes against humanity – what we knowEN
- 08Bangladesh court issues death sentence against ex-PM who fled countryEN
- 09Experts react: Sheikh Hasina has been sentenced to death in absentia. What does this mean for Bangladesh’s future? - Atlantic CouncilEN
- 10Bangladesh signals that no leader is above the law by sentencing Sheikh Hasina to death - The ConversationEN
- 11Bangladesh tribunal sets date for Sheikh Hasina verdict - The IndependentEN
- 12Sheikh Hasina Vows to Return to Bangladesh in December ‘At Any Cost’ Despite Death SentenceEN
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