Comment la Chine met la pression sur l'Occident avec ses voitures, son code et ses batteries
La Chine ne se contente plus de rattraper son retard industriel dans les véhicules électriques, l'IA open source et les batteries. Selon une série de rapports publiés entre juillet et septembre 2026, elle tient désormais un levier sur les chaînes d'approvisionnement occidentales.

Le point de départ n'est pas une annonce isolée, mais une tendance. En juin, le BYD Zhengzhou, un vraquier propulsé au GNL construit pour l'occasion, a accosté au port de Melbourne pour son premier voyage vers l'Australie. Il transportait 5 000 véhicules électriques neufs, rapporte RNZ le 24 juillet, dans une analyse du chef correspondant économique d'ABC, Ian Verrender. C'était la plus grosse livraison de VE jamais enregistrée vers l'Australie.
Cette cargaison ouvre une histoire plus large.
Les voitures d'abord
L'Australie n'a plus d'industrie automobile nationale depuis sa disparition il y a dix ans, et elle a peu de barrières commerciales. Elle sert donc de test. Au premier semestre, les ventes de tous les grands constructeurs japonais sauf Honda ont reculé : Mazda a perdu 17 pour cent, Toyota 21 pour cent, Subaru et Mitsubishi 25 pour cent chacun et Nissan 32 pour cent. Les marques chinoises ont pris le chemin inverse, à partir d'une base bien plus petite : BYD a bondi de 124 pour cent, Chery de 77 pour cent et Geely de 495 pour cent. Le mois dernier, près d'un quart de toutes les voitures vendues en Australie étaient entièrement électriques, contre 7 pour cent un an plus tôt.
Riz Akhtar, fondateur du groupe de recherche carloop, a déclaré à ABC que son propre VE de fabrication chinoise avait coûté environ 40 000 dollars australiens. Un véhicule japonais ou européen équivalent serait plus de 25 pour cent plus cher. « Les consommateurs ne sont pas stupides. Ils ne vont pas dépenser de l'argent dont ils n'ont pas besoin », a-t-il dit. Le vice-président de Toyota, Koji Sato, a été plus direct lors d'une réunion de fournisseurs en mars : « Si rien ne change, nous ne survivrons pas. »
Derrière la politique des logos se cache une politique industrielle assumée. La Chine a commencé à encourager les fabricants de batteries comme BYD à se lancer dans l'automobile dès 2000, a injecté de l'argent dans le projet en 2009 et a bâti sa domination dans le raffinage du lithium, du cobalt, du manganèse et du graphite. Elle assure aujourd'hui 90 pour cent de la production mondiale de batteries, selon l'analyse de RNZ.
Le code ensuite
La même logique traverse le logiciel. Dans The Conversation du 15 août, un spécialiste de la Chine et chercheur en open source décrit comment Pékin a intégré le développement open source à sa stratégie technologique nationale. Il cite la fondation OpenAtom pilotée par l'État, Gitee, alternative locale à GitHub, et les systèmes d'exploitation openKylin et openEuler. Huawei, privé des services Google sous licence après son inscription sur liste noire, a utilisé le code open source d'Android pour maintenir ses téléphones en vie. L'entreprise a ensuite développé HarmonyOS NEXT et publié OpenHarmony.
L'enjeu porte désormais sur l'intelligence artificielle. Les grands modèles chinois, dont Qwen, DeepSeek, Kimi et GLM, sont généralement à poids ouverts plutôt que pleinement open source : les poids sont publiés, mais pas les données d'entraînement ni les méthodes. Les licences ajoutent une couche. Celle de Kimi K3, signée Moonshot, impose aux grands preneurs de licence d'afficher le nom du modèle de façon bien visible. Les licences bilingues élaborées sous la conduite du gouvernement chinois, comme la Mulan Permissive Software License 2.0, donnent la primauté à la version en langue chinoise en cas de litige.
« Nous devons être prudents dans les deux sens. Nous ne voulons pas les restreindre alors que d'un coup nous passons deuxièmes derrière la Chine », a déclaré Donald Trump, selon The Guardian.
Cette citation, rapportée par The Guardian le 1er août, résume la division à Washington. MIT Technology Review rapporte le 20 juillet que David Sacks, tsar de l'IA et des cryptomonnaies de Trump jusqu'en mars, a qualifié les modèles d'Anthropic de « lobotomisés » et de « woke ». Le responsable du Pentagone Emil Michael a traité un dirigeant d'OpenAI de « suprême idiot du village ». Le déclencheur était Kimi, un modèle gratuit de Moonshot qui semblait rivaliser avec les systèmes payants américains. The Guardian ajoute que Microsoft, Nvidia, Palantir et Meta ont signé une lettre appelant les législateurs à ne pas restreindre les modèles ouverts, et que Jensen Huang, de Nvidia, s'est rendu au Capitole pour faire du lobbying sur le sujet.
Batteries et le coût de la rupture
Reste le matériel. MIT Technology Review rapporte le 10 septembre qu'un décret signé fin août a déclaré l'état d'urgence national, interdisant de fait les batteries chinoises dans le stockage à l'échelle du réseau. Il fait suite à des droits de douane passés à 25 pour cent en janvier, contre 7,5 pour cent auparavant. D'autres règles exigent qu'à partir de 2026, 55 pour cent des coûts de matériaux des nouveaux projets de stockage proviennent de l'extérieur de la Chine et d'autres pays restreints. BloombergNEF s'attend à des retards à court terme ; l'analyste Isshu Kikuma estime que, dans le pire des cas, des projets pourraient être annulés. Les cellules fabriquées aux États-Unis restent nettement plus chères, et l'offre nationale pourrait ne pas couvrir la demande avant la fin des années 2030.
Le front juridique est actif lui aussi. Le procès américain de Huawei s'est ouvert mercredi au tribunal fédéral de Brooklyn, rapporte The Guardian le 11 septembre. L'avocat du département de la Justice, Taylor Stout, accuse l'entreprise d'avoir conspiré pour voler des secrets commerciaux à cinq firmes américaines, dont Cisco et T-Mobile. L'avocat de la défense, Brian Heberlig, a parlé de « concurrence, pas de conspiration ».
Sources
6- 01How China won the car wars with cheap EVs loaded with technologyEN
- 02China is shaping the future of open-source technology - including AIEN
- 03China's AI models have Trump's AI world at war with itselfEN
- 04China's tech advances are causing chaos from Silicon Valley to the White HouseEN
- 05China's Huawei branded a criminal enterprise as tech firm's US trial opensEN
- 06Can the US battery market untangle from China?EN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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