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Huawei affirme que ses NPU Ascend se vendent plus que Nvidia en Chine

Eric Xu, président tournant de Huawei, a affirmé cette semaine que les unités de traitement neuronal Ascend de l'entreprise avaient dépassé Nvidia en parts de marché en Chine. The Register a rapporté ces propos le 30 septembre. L'affirmation repose sur les seules données collectées par Huawei.

MondeActualitéDr Hélène FontainePublié le: 30 septembre 20265 min de lectureSources 5
Huawei affirme que ses NPU Ascend se vendent plus que Nvidia en Chine

Eric Xu, président tournant de Huawei, a profité d'une publication de questions-réponses cette semaine pour affirmer que la gamme Ascend d'unités de traitement neuronal de l'entreprise s'était vendue plus que Nvidia en Chine. Aucun tiers n'a vérifié ce chiffre. « Il est assez difficile de collecter des données sur la part de marché de Nvidia en Chine, mais d'après les données que nous avons collectées, Ascend a dépassé Nvidia », a déclaré Xu, selon The Register, qui a rapporté ces propos le 30 septembre.

L'affirmation tombe alors que le terrain politique ne cesse de bouger sous le régime américain de contrôle des exportations de puces. Les chiffres de Nvidia, eux, pointent dans l'autre sens en termes de revenus. Lors de la conférence de résultats du deuxième trimestre, des dirigeants ont indiqué que les livraisons de leurs accélérateurs H200 vers la Chine représentaient moins de 1 pour cent des revenus du centre de données, selon le compte rendu de The Register. C'est l'écart entre une part d'unités sur un marché protégé et des dollars en banque. Une entreprise peut mener sur les cartes expédiées en Chine alors que ces mêmes cartes comptent à peine dans sa ligne de revenus mondiale. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose.

DeepSeek ouvre la pile logicielle

L'affirmation matérielle serait creuse sans logiciel. C'est là que se situe le développement le plus concret de la semaine.

Mercredi, DeepSeek, basé à Hangzhou, a mis en open source six modules logiciels adaptés aux puces Ascend AI de Huawei, a rapporté le South China Morning Post le 30 septembre. L'entreprise a décrit cette publication comme un pas vers un écosystème logiciel « indépendant et contrôlable », en écho à ses outils open source antérieurs pour le matériel Nvidia. Parmi les publications figure une version compatible Ascend de TileLang, un langage de programmation conçu pour simplifier le développement de noyaux de calcul haute performance. TileLang cite Nvidia comme son backend principal, mais prend désormais officiellement en charge les accélérateurs Ascend 950 de Huawei avec « génération de code native, ordonnancement automatique et synchronisation », selon la page GitHub du projet citée par le SCMP. C'est une initiative d'outils pour développeurs, pas un benchmark, et son effet sur les contrôles à l'exportation est indirect au mieux.

Xu s'est montré franc sur les limites. « Même si nos puces peuvent être moins avancées, au moins leur approvisionnement est assuré, de sorte que vous n'avez pas à vous inquiéter de l'approvisionnement en puces jour après jour », a-t-il déclaré. Sur l'expansion internationale, il a été plus direct : « Nous n'avons pas assez de capacité pour satisfaire la demande en Chine. Nous n'avons pas l'intention d'étendre le marché international de manière pleinement développée. » The Register note que Huawei déploie un Atlas 950 SuperCluster de 256 000 cartes et conçoit une architecture plus récente pour monter jusqu'à un million d'NPU.

Les contrôles en dents de scie de Washington

L'historique politique derrière cette anxiété d'approvisionnement est désordonné. L'administration Trump a imposé de nouvelles exigences de licence sur les accélérateurs pour la Chine de Nvidia et d'AMD en avril 2025, a fait marche arrière cet été, puis a conclu un arrangement pour faire participer le gouvernement américain à un pourcentage de certaines ventes de puces destinées à la Chine. À la fin de l'année dernière, elle a autorisé Nvidia à vendre des pièces de la série H200 à des clients chinois approuvés pour la première fois, a rapporté The Register. Pékin avait déjà commencé à faire pression sur les opérateurs de centres de données pour qu'ils délaissent les accélérateurs étrangers.

Cette pression est désormais visible dans la guerre de lobbying autour du projet de loi annuel sur la défense. Nvidia et AMD ont demandé à la Maison-Blanche de désamorcer les restrictions sur les puces chinoises dans la législation de défense, selon des articles de TradingView et Benzinga du 29 septembre, tandis qu'ASML a publié un avertissement public sur les limites à l'exportation de puces vers la Chine, a rapporté simplywall.st le même jour. Les gros titres devancent tout texte législatif confirmé.

La question du contrôle des exportations s'est aussi éloignée de la table diplomatique. Les contrôles américains à l'exportation sur les puces n'ont pas été un sujet clé au sommet Xi-Trump, a rapporté le South China Morning Post le 26 septembre, et le représentant américain au commerce Greer a déclaré que Washington n'avait pas discuté des contrôles à l'exportation de puces avec la Chine, selon un compte rendu du 27 septembre. Ce sont des éléments de contexte, mais ils expliquent pourquoi la bataille des puces se livre dans les annonces des entreprises plutôt que dans les communiqués.

Où va le camp américain

Les fournisseurs américains se couvrent dans deux directions. OpenAI et Synopsys ont signé un partenariat pluriannuel pour construire un modèle spécialisé de conception de puces appelé GPT-Synopsys, combinant la technologie d'IA d'OpenAI avec les outils d'automatisation de conception électronique de Synopsys, a rapporté the-decoder.com le 30 septembre. OpenAI travaille déjà avec Broadcom sur des puces conçues pour faire tourner des modèles d'IA, et la puce Jalapeno récemment dévoilée est décrite comme compétitive face à des pièces spécialisées similaires.

Les startups courent après le même problème de rendement. Emergence AI fait passer sa technologie d'IA neuroformelle en déploiements actifs avec des entreprises de semi-conducteurs sans usine, a rapporté EE Times le 30 septembre. Son cofondateur Satya Nitta déclare : « vous ne pouvez pas fabriquer des puces plus vite, mais ce que vous pouvez faire, c'est certainement obtenir plus de puces par wafer grâce à l'IA. » Nitta a indiqué que l'approche associe des LLM à de l'IA symbolique, de sorte que « les algorithmes proposent, et l'IA symbolique vérifie ». Il a dit que des clients IDM demandent à l'entreprise d'étendre le travail à la fab.

Pendant ce temps, la politique de sûreté de l'IA a reçu une couche volontaire. Le président Trump et les dirigeants des plus grandes entreprises d'IA américaines ont signé un ensemble de normes de sécurité volontaires à la Maison-Blanche, a rapporté CBS News le 29 septembre. Trump a qualifié l'accord de « moralement contraignant » et a affirmé qu'il est « presque comme une constitution, d'une certaine manière ». Les entreprises se sont engagées à « quatre couches de contrôles et d'audits », incluant des évaluations internes, des audits externes et des examens par le conseil d'administration. Trump a aussi signé un décret demandant au gouvernement fédéral d'utiliser le terme « Super Intelligence » au lieu d'intelligence artificielle, et a dit qu'il prévoyait de nommer un tsar de l'IA dans trois ou quatre jours.

Rien de tout cela ne change l'arithmétique que décrit Xu. Le discours de Huawei n'est pas que ses puces sont meilleures, mais qu'une décision de licence américaine ne peut pas les éteindre. Les modules open source de DeepSeek sont une tentative de rendre ce discours crédible aux yeux des développeurs. Reste à savoir si Ascend a réellement vendu plus que Nvidia en Chine : c'est une affirmation de l'entreprise sans audit indépendant, et Nvidia n'a pas publié de chiffre d'unités propre à la Chine pour la tester.

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Sources

5
  1. 01Huawei boss claims homegrown AI chip sales top Nvidia in ChinaEN
  2. 02China's DeepSeek open-sources tools to help Huawei chips supplant Nvidia in AIEN
  3. 03OpenAI and Synopsys team up to build an AI model that designs chips like a seasoned engineerEN
  4. 04Emergence AI Targets Fabless Chipmakers With Neuroformal AIEN
  5. 05Trump and major AI executives sign "morally binding" voluntary controlsEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Dr Hélène Fontaine

Dr Hélène Fontaine

Économie, business et monde

Hélène Fontaine suit l'économie des entreprises, la conjoncture et l'international pour FLASH24. Elle croise les dépôts comptables, les rapports trimestriels et les indices d'activité, et ne retient un chiffre qu'après l'avoir comparé à sa source d'origine. Elle interroge chefs d'entreprise, économistes et syndicats, et attend chaque mois les publications de l'INSEE et de la BCE pour recouper ses tableaux. Cette rigueur vient aussi de son intérêt personnel pour la comptabilité des entreprises technologiques et les vélos cargo, deux sujets qu'elle traite avec la même méthode. Elle ne publie pas un chiffre sans avoir vérifié son calcul.

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