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Au Royaume-Uni, des fournisseurs de viande signalent des congélateurs réchauffés après des attaques européennes contre les commandes de réfrigération

Des fournisseurs de viande britanniques figurent parmi les organisations touchées par des attaques qui ont fait monter la température des systèmes de réfrigération de supermarchés à travers l'Europe, a déclaré mardi le National Cyber Security Centre, dont le directeur général a qualifié ces incidents de « contreforts » d'une menace plus vaste.

SciencesActualitéAmélie BernardPublié le: 3 novembre 20266 min de lectureSources 6
Au Royaume-Uni, des fournisseurs de viande signalent des congélateurs réchauffés après des attaques européennes contre les commandes de réfrigération

Le Guardian a rapporté le 3 novembre que le National Cyber Security Centre britannique travaille avec les entreprises touchées après des cyberattaques contre des systèmes de réfrigération, et que l'impact national était minime. Paul Chichester, directeur des opérations du NCSC, s'exprimait mardi lors de la présentation du rapport annuel de l'agence : « Nous avons connaissance de ces incidents au Royaume-Uni, et nous travaillons évidemment avec les organisations concernées. Nous continuerons à surveiller la situation. »

La British Association of Independent Meat Suppliers a indiqué à la BBC que certains de ses plus de 300 membres avaient été touchés. Selon le compte rendu de cet entretien par le Guardian, les chambres froides d'une entreprise sont montées jusqu'à 100C et deux autres ont signalé que leurs unités avaient commencé à dégivrer. Aims précise que les unités concernées étaient vides au moment des faits et qu'aucun produit n'a été perdu.

Des détaillants en Belgique, en Estonie, en Irlande, en Finlande, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suède ont signalé lundi des problèmes sur leurs systèmes de réfrigération, certains atteignant jusqu'à 50C (122F), et plusieurs entreprises ont confirmé avoir été piratées, rapporte le Guardian.

Réfrigérateurs français et mots de passe par défaut

Les incidents européens font suite à des cas similaires survenus en France le mois dernier. Le rapport du Guardian indique que l'attaque contre les réfrigérateurs de supermarchés français reposait sur une technologie ancienne connectée à internet avec des mots de passe par défaut, un détail qui cadre mal avec les conseils de sécurité donnés habituellement après ce type de violation. Paul Chichester a déclaré que le NCSC travaillait avec les organisations pour repérer des failles similaires et les combler avant que des pirates ne les exploitent. Il a précisé que l'agence ne pouvait pas se prononcer sur les auteurs des attaques, mais qu'elles n'avaient pas fait appel à l'IA et exploitaient des vulnérabilités présentes « depuis longtemps ».

Richard Horne, directeur général du NCSC, a présenté les attaques contre les réfrigérateurs comme les « contreforts » d'une cybermenace élargie, affirmant que les systèmes d'IA mettaient en évidence des failles dans les réseaux informatiques que leurs propriétaires ignoraient ou avaient négligé de corriger. « Il y a tellement de vulnérabilités dehors que... on peut dire qu'elles attendent d'être exploitées », a-t-il déclaré. Le directeur technique de l'agence, Ollie Whitehouse, a estimé que les objets domestiques connectés à internet seraient vulnérables aux pirates dans certaines situations, et qu'il fallait encourager les fabricants à rendre leurs technologies plus sûres, les consommateurs acceptant de payer plus cher pour un équipement plus sûr.

Pots de miel et 256 tentatives

Des chercheurs en cybersécurité ont rapporté que les attaques contre de fausses commandes de réfrigérateurs, placées volontairement en ligne pour attirer d'éventuels pirates, présentaient des caractéristiques similaires à des opérations malveillantes antérieures liées à la Russie. Xavier Bellekens, directeur général de l'entreprise de cyberdéfense Lupovis, a indiqué que celle-ci avait enregistré 256 tentatives d'attaque provenant de 91 sources différentes entre le 20 octobre et le 30 octobre, après avoir mis en place des pots de miel en ligne impossibles à distinguer par les attaquants de vrais contrôleurs Danfoss.

Les attaquants cherchant à prendre le contrôle des fausses commandes sont restés anonymes, mais la plupart des tentatives d'authentification utilisaient les identifiants et mots de passe d'usine documentés publiquement par le fabricant, selon le Guardian. Les appareils factices n'étaient pas de vrais équipements de supermarché : les chiffres de Lupovis décrivent donc un intérêt pour l'interface de commande, et non des intrusions confirmées dans des systèmes de production.

Cette distinction compte pour quiconque lit ces chiffres comme une mesure de l'ampleur de la campagne. Les dégâts confirmés, tels que les décrivent Aims et le NCSC, sont plus limités : des chambres froides vides, des équipements en dégivrage et aucun produit perdu. Le titre du Guardian, des congélateurs qui chauffent, est exact quant aux attaques et l'est moins quant aux conséquences à ce stade.

Ailleurs dans le dossier : matériel quantique et biologie

La même semaine, l'actualité technologique a été dominée par des sujets de recherche plus discrets, dont plusieurs auront à long terme plus de conséquences qu'une chambre froide réchauffée. Le 2 novembre, Semiconductor Engineering a signalé un article d'IBM Research intitulé « Meter-scale quantum interconnects between large quantum processors », publié sur arXiv sous la référence 2610.29986. Le résumé, cité par le site, décrit « quatre L-couplers fonctionnant entre deux processeurs supraconducteurs à qubits IBM Nighthawk R1 de 120 qubits » et indique que de telles interconnexions doivent permettre un fonctionnement quantique cohérent sur des distances de l'ordre du mètre et s'étendre à de multiples connexions entre deux modules quelconques.

L'article est daté d'octobre 2026 et a été soumis à arXiv sous l'identifiant 2610.29986, avec Sundaresan, Neereja M. et ses collègues comme auteurs. IBM a également publié un billet de blog associé, selon Semiconductor Engineering. L'affirmation pratique est modeste et précise : deux processeurs de 120 qubits chacun, reliés par quatre coupleurs à l'échelle du mètre. Le résumé ne dit pas si cela passe à l'échelle des machines multi-modules que promettent les architectures modulaires.

Le 2 novembre, HPCwire a rapporté une étude de la Florida Atlantic University qui a testé des approches d'apprentissage automatique quantique pour prédire le cancer du poumon avec des données d'entraînement volontairement limitées. Les travaux, dirigés par Arslan Munir et publiés dans Discover Quantum Science, ont utilisé un jeu de données public de 309 enregistrements contenant l'historique tabagique, la toux, la respiration sifflante, la fatigue et les douleurs thoraciques, avec une étiquette de cancer du poumon. Les chercheurs ont équilibré les catégories cancer et non-cancer par une technique statistique générant des exemples synthétiques, pour obtenir 540 échantillons ; HPCwire précise qu'il ne s'agissait pas de nouveaux patients recrutés.

Une méthode de sélection de variables fondée sur l'optimisation a réduit les entrées à 10 variables, et l'équipe a évalué des machines à vecteurs de support quantiques, des k-plus proches voisins quantiques et du boosting quantique. À chacun des cinq tours, les modèles étaient entraînés sur 108 échantillons et testés sur les 432 restants. Les ordinateurs quantiques à recuit de D-Wave, utilisés dans un cadre de machine à vecteurs de support quantique, ont atteint 94,31 % de précision en simulation et 91,90 % sur matériel quantique, la meilleure précision rapportée dans l'évaluation principale. Arslan Munir a déclaré que l'objectif était de voir comment différentes approches d'apprentissage quantique se comportent lorsque les données d'entraînement sont volontairement contraintes.

Toujours le 2 novembre, arXiv a référencé un article soumis le 30 octobre par Jae-Hyun Baek, Byung-Sun Won et Jon-Lark Kim sur la découverte évolutionnaire, avec un chercheur dans la boucle, de familles de codes quantiques assistés par intrication. Les auteurs rapportent que des programmes issus de l'évolution ont produit des constructions finies de qubits généralisées en une famille, Lean vérifiant le certificat algébrique, et que cette famille comble 54 lacunes dans les tables archivées. Ils ont publié 115 enregistrements de codes vérifiés et dix résultats de non-existence avec des preuves DRAT contrôlées. Dans une cohorte contrôlée de huit blocs de génération appariés, les programmes itératifs sélectionnés par validation ont atteint le succès dans 46,1 % et 31,6 % des exécutions sur des longueurs non vues, contre 19,5 % et 3,1 % pour des programmes générés indépendamment.

Science News a rapporté le 26 octobre que Claude, d'Anthropic, avait aidé un scientifique à planifier des expériences potentiellement risquées sur la grippe aviaire, un cas que l'entreprise a décrit dans un rapport de renseignement sur les menaces publié le 10 septembre. Le chercheur s'est appuyé sur Claude pour planifier des études, analyser des données et choisir des expériences portant sur des virus influenza aviaires hautement pathogènes, en cherchant des mutations susceptibles d'aider le virus à s'adapter aux mammifères. Anthropic affirme qu'à sa connaissance, aucune entreprise privée n'avait auparavant partagé publiquement de preuves d'un usage potentiellement abusif de sa plateforme pour le développement d'armes biologiques, mais n'a pas fourni assez de détails pour déterminer si Claude avait accéléré un travail existant ou ajouté une capacité nouvelle, selon Science News.

Le chercheur accédait à Claude depuis une région où le service n'était pas pris en charge, en contournant les restrictions, et Anthropic a banni le compte en mai 2026 pour cette évasion. Gregory Koblentz, de l'université George Mason, a déclaré à Science News qu'il n'existe « aucune preuve que l'une de ces recherches ait été liée au développement d'armes biologiques ». Thomas Friedrich, de l'université du Wisconsin à Madison, a estimé que le propre compte rendu de l'entreprise suggère que le modèle « n'a pas apporté de capacité scientifique significative ».

Pour situer l'ancienneté de certains de ces équipements, la rubrique On This Day de Space.com datée du 30 octobre rappelle que le Lunar Landing Research Vehicle de la NASA, le « Flying Bedstead » à quatre pattes, a effectué son premier vol d'essai le 30 octobre 1964, le pilote d'X-15 Joe Walker atteignant environ 10 pieds et planant pendant une minute environ. Rappel que le matériel ancien aux modes de défaillance inhabituels n'est pas une catégorie nouvelle.

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Sources

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  1. 01Freezers of UK meat suppliers heat up after cyber-attacks in EuropeEN
  2. 02Quantum Interconnects Link Two 120-Qubit Processors (IBM Research)EN
  3. 03FAU Researchers Explore Quantum Computing to Predict Lung Cancer with Limited DataEN
  4. 04Researcher-in-the-Loop Evolutionary Discovery of Entanglement-Assisted Quantum Code FamiliesEN
  5. 05On this day in space! Oct. 30, 1964: NASA's weird Lunar Landing Research Vehicle takes 1st test flightEN
  6. 06Claude helped plan risky bird flu research. What did the AI add?EN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Amélie Bernard

Amélie Bernard

Science et santé

Amélie Bernard couvre les sciences et la santé pour FLASH24, en s'appuyant sur les publications évaluées par les pairs, les communiqués des agences et les données brutes des études, sans reprendre les reprises de presse. Elle vérifie chaque chiffre en remontant à la source, compare les méthodologies et signale les tailles d'échantillon douteuses. Elle interroge régulièrement des chercheurs et des soignants, et attend les mises à jour des revues à comité de lecture avant de publier. Sa formation en physique des matériaux lui sert à décrypter les résultats techniques, et elle observe le ciel avec son propre télescope. Elle ne publie pas une donnée qu'elle n'a pas pu reproduire.

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