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Bosch regroupe ses puces dans une division autonome avec un objectif de 5 Md€ pour 2030

Bosch va transférer son activité de semi-conducteurs dans une division dédiée à partir de janvier 2028. Le fournisseur allemand a annoncé le 3 novembre viser environ 5 Md€ de ventes annuelles de puces d'ici 2030.

ConjonctureAnalyseDr Hélène FontainePublié le: 3 novembre 20263 min de lectureSources 4
Bosch regroupe ses puces dans une division autonome avec un objectif de 5 Md€ pour 2030

Une unité de puces chez Bosch

L'unité s'appellera Semiconductors et restera à l'intérieur de Bosch plutôt que de devenir une société distincte. Elle démarrera en janvier 2028.

Aujourd'hui, l'activité puces se trouve au sein de Mobility Electronics, qui continuera de fabriquer des calculateurs électroniques pour véhicules. La base industrielle est déjà importante. Bosch exploite environ 40 sites de puces dans le monde et a investi près de 3 Md€ dans ses usines de wafers de Dresde et de Reutlingen. Le groupe dépense environ 2 Md$ pour convertir son site de Roseville, en Californie, à la production de carbure de silicium. Bosch détient aussi une participation de 10 % dans ESMC, la coentreprise menée par TSMC qui construit une usine à Dresde. L'entreprise situe l'objectif à environ 5 Md€ de chiffre d'affaires annuel dans les semi-conducteurs d'ici 2030.

Vendre de la capacité à des tiers

Bosch veut des clients extérieurs. Le groupe prévoit d'ouvrir ses installations de production à des clients externes et de développer son activité de fonderie.

La robotique, l'automatisation des usines, les centres de données d'IA, les téléphones et les objets connectés portables figurent parmi les marchés visés. Bosch se présente comme un fournisseur de premier plan de capteurs MEMS, ces capteurs de mouvement et de pression utilisés dans les smartphones et les robots. Le groupe fabrique aussi des puces au carbure de silicium et des circuits sur mesure pour les systèmes de puissance.

« Avec la création d'une unité dédiée, nous ouvrons un nouveau chapitre de notre histoire dans les semi-conducteurs, qui compte plus de 60 ans », a déclaré Erik Rein, qui dirige l'activité puces de Bosch.

Markus Heyn, président délégué, a tenu un propos similaire. Il a affirmé que les capteurs du groupe sont « la clé » de ses produits et « la base technologique » des innovations de ses clients.

L'offre de fonderie compte plus que le catalogue de puces. Ouvrir les usines à des clients extérieurs donnerait aux acheteurs européens une source d'approvisionnement supplémentaire. Bosch le formule ainsi : cela pourrait aider à diversifier l'approvisionnement européen en puces pendant que le groupe cherche de nouveaux marchés.

L'arithmétique des subventions

La question de l'échelle est gênante. Une étude publiée par l'IMD le 28 octobre chiffre le CHIPS Act américain à 52,7 Md$, la somme que le Congrès a réservée en 2022. C'est plus que ce que 109 pays perçoivent en un an au titre de tous les impôts et autres recettes.

L'objectif de 5 Md€ de Bosch se heurte directement à cette comparaison. La même étude indique que les gouvernements lancent aujourd'hui deux fois plus de mesures de politique industrielle qu'en 2020. Elle ajoute que les économies hors G20 n'ont jamais obtenu plus d'un tiers des nouveaux investissements étrangers annoncés depuis 2021. Cette manne a atteint près de 1 400 Md$ en 2025. Elle note aussi que le Kenya a importé 4 618 produits en 2025, dont neuf seulement valaient plus de 250 M$. Voilà le mur de la taille du marché en une ligne.

Les programmes nationaux continuent pourtant de grossir. Une synthèse de Semiconductor Engineering publiée le 3 novembre cite le programme indien Semicon 2.0, doté de 13,4 Md$, parmi les actualités récentes du secteur.

Les recommandations de l'IMD restent modestes. Les auteurs veulent que les gouvernements voient les problèmes comme le ferait une entreprise, évitent de s'en remettre aux seules interdictions ou subventions, laissent les pionniers prendre le risque et soient prêts à changer de cap. Rien de tout cela n'exige un programme de la taille du CHIPS Act.

Pourquoi l'Europe s'y met maintenant

Les constructeurs automobiles ont passé une partie de l'automne à gérer des pénuries pendant le conflit Nexperia. Cela a montré à quel point l'industrie dépend de peu de fournisseurs.

La politique bouge aussi. Un texte de Transport & Environment publié par CleanTechnica le 29 octobre évoquait un accord franco-allemand pour refondre l'industrie automobile de l'UE. Une version légèrement plus faible du Parlement européen a suivi une semaine plus tard. Le même texte indique que deux tiers des voitures neuves vendues en Chine sont électriques et que 40 % des ventes de camions y sont électriques. Ningde produit à lui seul 300 gWh de capacité de batteries, plus que toute l'Europe. Ces chiffres sous-tendent l'argument selon lequel l'Europe a besoin de ses propres capacités, et pas seulement de règles.

Ce qu'il faut suivre

La division démarrera en janvier 2028. L'objectif de 2030 dépend de clients que Bosch n'a pas identifiés.

Bosch n'a pas précisé combien il investira dans l'activité de fonderie externe ni ce qu'il facturera aux clients extérieurs. Le groupe n'a pas non plus nommé un seul client externe. Ces deux chiffres décideront si 5 Md€ relèvent d'un plan ou d'un espoir, et si un fournisseur peut bâtir des capacités européennes de puces sans programme public derrière lui.

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Sources

4
  1. 01Bosch gives chips their own division, eyeing €5bn in sales by 2030EN
  2. 02Chip Industry Technical Paper Roundup: Nov. 3EN
  3. 03Forget the subsidy race: How smaller economies build export winnersEN
  4. 04What Europe Can Learn From China If It Wants To Save Its IndustryEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Dr Hélène Fontaine

Dr Hélène Fontaine

Économie, business et monde

Hélène Fontaine suit l'économie des entreprises, la conjoncture et l'international pour FLASH24. Elle croise les dépôts comptables, les rapports trimestriels et les indices d'activité, et ne retient un chiffre qu'après l'avoir comparé à sa source d'origine. Elle interroge chefs d'entreprise, économistes et syndicats, et attend chaque mois les publications de l'INSEE et de la BCE pour recouper ses tableaux. Cette rigueur vient aussi de son intérêt personnel pour la comptabilité des entreprises technologiques et les vélos cargo, deux sujets qu'elle traite avec la même méthode. Elle ne publie pas un chiffre sans avoir vérifié son calcul.

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