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Le ministère de la Défense britannique confie à Astroscale UK un contrat de 15 millions de livres pour le vaisseau du projet LEDA

Le ministère de la Défense britannique a annoncé le 28 octobre un contrat de 15 millions de livres (20 millions de dollars) avec Astroscale UK. Il porte sur la conception et l'exploitation de vaisseaux spatiaux du projet LEDA, destinés à mieux comprendre la guerre orbitale et à contrer les menaces de rapprochement.

SciencesExpliquéAmélie BernardPublié le: 5 novembre 20264 min de lectureSources 20
Le ministère de la Défense britannique confie à Astroscale UK un contrat de 15 millions de livres pour le vaisseau du projet LEDA

Le contrat

Le contrat a été signé le 29 septembre et annoncé le 28 octobre, selon Aerospace Global News. Astroscale UK en devient le maître d'œuvre pour le projet LEDA, avec BAE Systems et Open Cosmos comme partenaires du programme.

Le ministère de la Défense indique que le contrat couvre la fabrication, le lancement et l'exploitation de vaisseaux spatiaux. Leur mission : améliorer la compréhension britannique de la guerre orbitale et de l'usage possible de satellites manœuvrants pour contrer une activité menaçante près des actifs spatiaux militaires et d'autres actifs importants. Astroscale pilotera les travaux depuis ses activités britanniques, en s'appuyant sur ses missions antérieures d'inspection, de rapprochement et de manœuvre orbitale.

L'annonce ne présente pas LEDA comme la commande d'une flotte de satellites gardes du corps armés. Elle ne précise aucune date de déploiement opérationnel.

Pourquoi les rapprochements comptent

Les RPO, ou opérations de rendez-vous et de proximité, désignent la manœuvre d'un vaisseau spatial à proximité d'un autre objet en orbite. Ces techniques servent à l'inspection, à la maintenance et au retrait de débris spatiaux. Elles permettent aussi d'approcher le vaisseau d'un autre pays sans son accord.

Un satellite garde du corps pourrait patrouiller près de satellites militaires de communications ou de renseignement, photographier un objet qui s'approche et se placer en position si son comportement semble menaçant. Certains systèmes proposés vont plus loin, avec des bras robotiques ou d'autres mécanismes pour capturer et déplacer un satellite intrus.

À la mi-octobre, le Kosmos-2612 russe s'est approché d'ICEYE-X36, un satellite d'imagerie radar exploité par ICEYE, société dont le siège est en Finlande. Le réseau de satellites d'ICEYE fournit des images susceptibles d'appuyer la défense ukrainienne. Ce rapprochement a soulevé des inquiétudes quant à une possible surveillance ou interférence. Aucune preuve publiquement établie n'indique toutefois que la Russie ait tenté d'endommager le vaisseau.

Une reconstruction de la société américaine de suivi spatial COMSPOC, rapportée par Il Sole 24 Ore, établit que du 16 au 18 octobre les deux engins sont restés environ 24 heures à moins de deux kilomètres l'un de l'autre, et environ 12 heures à moins d'un kilomètre. Le passage le plus proche, le 17 octobre, est estimé à environ 60 mètres, avec une incertitude pouvant atteindre environ 950 mètres à ce point de la trajectoire. COMSPOC a calculé des vitesses relatives de 15 à 90 centimètres par seconde au plus près. ICEYE-X36 n'a pas manœuvré et le satellite russe s'est éloigné le 18 octobre.

La reconstruction décrit une élévation d'orbite, une phase de rattrapage et des poussées de moteur pour atteindre le plan et l'altitude d'ICEYE-X36. Elle conclut que le Kosmos-2612 n'est pas arrivé là par hasard.

Le bilan d'Astroscale et le budget britannique

La mission ELSA-d d'Astroscale a démontré le rendez-vous et la capture magnétique d'un vaisseau client. Sa mission ADRAS-J a approché et inspecté en 2024 un étage de fusée japonais abandonné, jusqu'à moins de 15 mètres. Astroscale UK a développé le segment sol d'ADRAS-J et dirigé les opérations de dynamique du vol, dont la planification des manœuvres et la surveillance du risque de collision.

Le rapport 2026 de la Secure World Foundation sur les capacités de contre-espace mondiales relève un intérêt croissant pour les satellites manœuvrants et les gardes du corps orbitaux. Les gouvernements cherchent à répondre à ce type d'activité. Les satellites russes Luch ont eux aussi mené des opérations de proximité près de satellites de communications occidentaux en orbite géostationnaire, où circulent de nombreux vaisseaux militaires et commerciaux de grande valeur.

La nouvelle stratégie spatiale britannique place la défense et la sécurité nationale parmi ses priorités et appelle à mieux protéger les infrastructures spatiales du pays. Elle souligne qu'une perturbation des satellites de communications, de navigation ou de renseignement pourrait affecter les forces armées, mais aussi les entreprises et les services publics. Le gouvernement a alloué 3 200 000 000 de livres à l'espace d'ici 2030 dans son plan d'investissement de défense. Le contrat LEDA de 15 000 000 de livres se compare à cette enveloppe de 3 200 000 000 de livres.

La suite

Tony Williams, responsable des capacités spatiales au UK Space Command, a déclaré que LEDA s'inscrirait dans le dispositif permanent qui permet au Royaume-Uni de comprendre la guerre orbitale, le fonctionnement de ces vaisseaux et leur emploi possible contre les menaces RPO.

« La maîtrise de l'espace ne consiste pas à chercher le conflit dans l'espace, elle consiste à démontrer que nous savons protéger les capacités dont dépendent notre économie, notre société et nos forces armées », a-t-il déclaré.

Alex Godfrey, responsable défense d'Astroscale, a déclaré à Space.com que l'entreprise pensait pouvoir mettre au point un vaisseau garde du corps prêt à être lancé dans les trois ans.

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Sources

20
  1. 01"Bodyguard" satellites move closer to reality as UK awards Astroscale £15m contractEN
  2. 02UK awards Astroscale £15m contract to develop orbital defence capabilitiesEN
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Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Amélie Bernard

Amélie Bernard

Science et santé

Amélie Bernard couvre les sciences et la santé pour FLASH24, en s'appuyant sur les publications évaluées par les pairs, les communiqués des agences et les données brutes des études, sans reprendre les reprises de presse. Elle vérifie chaque chiffre en remontant à la source, compare les méthodologies et signale les tailles d'échantillon douteuses. Elle interroge régulièrement des chercheurs et des soignants, et attend les mises à jour des revues à comité de lecture avant de publier. Sa formation en physique des matériaux lui sert à décrypter les résultats techniques, et elle observe le ciel avec son propre télescope. Elle ne publie pas une donnée qu'elle n'a pas pu reproduire.

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