Mercedes-Benz cède son réseau de recharge européen à Electra
Mercedes-Benz a vendu son réseau de recharge rapide européen à l'opérateur français Electra, rapportent InsideEVs et Electrive le 3 novembre. Le constructeur a dévoilé l'opération dans son rapport financier du troisième trimestre, valorisant les actifs à 99 000 000 €.
Mercedes-Benz n'exploite plus son propre réseau de recharge en Europe. Le constructeur a cédé ses bornes rapides à l'opérateur français Electra. L'opération figure dans son rapport financier du troisième trimestre. InsideEVs l'a rapportée le 3 novembre et attribue la révélation à Electrive. Les actifs liés à cette activité ont été valorisés à 99 000 000 €, soit environ 111 000 000 $.
Le réseau que Mercedes transmet est modeste : 374 points de recharge rapide répartis sur 47 sites en Europe. Electra a déjà intégré ces bornes à son réseau, selon InsideEVs. Les terminaux de paiement par carte seront remplacés prochainement et l'enseigne des stations passera à Electra.
Mercedes y gagne un accès, pas une propriété. Electra devient « Premium Partner » du constructeur, derrière Ionity seulement. Les conducteurs Mercedes pourront recharger à tarif réduit sur plus de 5 000 chargeurs Electra répartis sur 800 sites dans plusieurs pays européens. L'activité de recharge haute puissance du constructeur aux États-Unis n'est pas concernée, précise InsideEVs.
Pourquoi un réseau vieux de trois ans a changé de mains
Le Mercedes-Benz Charging Network n'a été lancé qu'il y a trois ans. Il visait plus de 10 000 chargeurs rapides dans le monde d'ici la fin de la décennie. Les sites européens utilisaient du matériel Alpitronic, surtout des bornes de 400 kilowatts. Plus tôt cette année, les premières bornes capables de 1 000 kilowatts ont été installées dans des parcs de recharge en Europe et en Amérique du Nord. Vendre la moitié européenne de ce plan, c'est reculer de l'intégration verticale vers les partenariats.
Paul Tonini, directeur général d'Electra pour l'Allemagne, a déclaré à Electrive que le marché se concentre autour des grands opérateurs. Les réseaux relativement petits, comme l'ancienne activité européenne de Mercedes, ont donc du mal à équilibrer leurs finances. La logique vaut dans les deux sens : les grands réseaux gagnent davantage par site, et le constructeur conserve un accès premium à un réseau qu'il possédait.
Plus le réseau est grand, plus le potentiel de revenus est élevé.
C'est le calcul qu'expose InsideEVs, pas une déclaration de l'entreprise. Mercedes n'a pas donné de justification stratégique dans le rapport lui-même, du moins dans la version résumée publiquement. Le chiffre de 99 000 000 € est une valorisation d'actifs tirée du rapport trimestriel, pas un prix de vente divulgué.
Rivian va dans la direction opposée
Le contraste avec Rivian est net. Dans son rapport du troisième trimestre, Rivian indique que son Adventure Network atteint 1 185 points de recharge rapide DC sur 165 stations aux États-Unis. Cela représente 39 % de points et 26 % de stations en plus sur un an, selon InsideEVs. Les chargeurs délivrent jusqu'à 300 kilowatts.
Le réseau Waypoint de niveau 2, plus lent, a moins retenu l'attention. Citant l'Alternative Fuels Data Center du département de l'Énergie, InsideEVs rapporte que Rivian n'a installé que dix chargeurs de 11 kilowatts cette année. La dernière paire a été mise en service en octobre, pour un total de 540 chargeurs Waypoint sur 208 sites américains. Malgré cette croissance, Rivian reste petit face à Tesla. InsideEVs indique que Tesla dispose de plus de 40 000 points de recharge rapide sur près de 3 300 sites aux États-Unis, plus environ 14 000 Destination Chargers de niveau 2.
Deux constructeurs, deux stratégies. Rivian continue de construire ses propres bornes, même si ses véhicules peuvent utiliser les Superchargers Tesla. Mercedes loue désormais l'accès auprès d'opérateurs. Ni l'une ni l'autre approche n'est gratuite. La promesse d'énergie renouvelable de Rivian pour son réseau repose par exemple sur la compensation de chaque kilowattheure par des sources renouvelables qui peuvent se trouver dans un autre État, note InsideEVs.
Les capitaux continuent d'aller ailleurs
L'argent de la recharge se lève encore en Europe, mais plus par les constructeurs. Fastned a clôturé son programme obligataire 2026 avec une émission finale de 27 000 000 €. Cela porte les nouveaux investissements à un record de 92 000 000 € pour l'année, selon Dealroom, des chiffres publiés par l'entreprise elle-même le 3 novembre. Côté infrastructures, E.ON Drive a accepté d'acheter SMATRICS EnBW Italia, visant la croissance de la recharge rapide en Italie, rapporte EV Infrastructure News le 2 novembre.
La politique bouge aussi. Une étude relayée par TimesLIVE le 3 novembre indique que la recharge intelligente pourrait réduire de 40 % les besoins d'investissement dans le réseau électrique européen liés aux véhicules électriques. La révision du système d'échange de quotas d'émission de l'UE, publiée en juillet 2026, fait l'objet d'une note de Transport & Environment. CleanTechnica l'a reprise le 2 novembre. La note soutient que le cadre proposé ne permet pas de soutenir l'investissement dans les carburants propres pour l'aviation et le transport maritime. Elle demande que 50 % des recettes nationales du SEQE soient affectées à la décarbonation des secteurs prioritaires.
Le financement plus large de la tech européenne donne la mesure de la sélectivité des investisseurs. Tech.eu a recensé plus de 60 opérations pour plus de 1 300 000 000 € dans la semaine jusqu'au 2 novembre. L'IA a pris 815 600 000 €, la healthtech 121 100 000 € et la fintech 104 100 000 €, et le Royaume-Uni à lui seul a représenté 1 000 000 000 €. L'infrastructure de recharge n'entre pas dans le top trois.
La facture du réseau derrière les gros titres
Aux États-Unis, le soutien fédéral à la recharge est sous pression. CleanTechnica a republié une analyse du NRDC le 2 novembre. Elle rapporte que les 36 800 000 000 $ de crédits anticipés pour les transports prévus par la loi bipartisane sur les infrastructures ont expiré le 30 septembre 2026. Le Congrès a voté une prolongation de courte durée jusqu'au 11 décembre, sans les dollars garantis. La proposition BUILD America 250 Act à la Chambre supprimerait tout ce financement. Le même texte cite une mise à jour de la commission du commerce du Sénat datée du 27 octobre, qui évalue les dommages État par État.
Rien de tout cela ne change la décision de Mercedes, mais elle en fournit le cadre. Les réseaux de recharge sont des activités gourmandes en capital et lourdes en matériel. Leur rentabilité dépend du taux d'utilisation, des prix de l'électricité et du soutien politique. Un constructeur à marque premium avec un parc européen modeste de 374 points n'a guère d'échelle pour répartir ces coûts. Electra, avec plus de 5 000 chargeurs, en a.
Le réseau américain de Mercedes compte 748 points de recharge sur 80 sites, selon le décompte du département de l'Énergie cité par InsideEVs. Il dispose aussi de 62 points sur huit stations au Canada. On ne sait pas publiquement si ceux-ci suivront les sites européens chez un autre propriétaire. Pour l'instant, la sortie d'Europe est faite, et les bornes portent déjà un autre nom.
Sources
5- 01Mercedes-Benz Is Giving Up On Its EV Charging Network In EuropeEN
- 02Rivian's Charging Network Grew 39% In A YearEN
- 03The ETS Investment Engine: Scaling Europe's Strategic E-fuel Market for Shipping & AviationEN
- 04European tech weekly recap: Over €1.3B invested across 60+ dealsEN
- 05Congress Is Cutting Off Transportation Investments that Help Families Save MoneyEN
Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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