Robotaxi : le pari des caméras seules chez Tesla, les cas limites chez Waymo
Tesla a lancé son service de robotaxi à Austin le 22 juin, avec une poignée de caméras et sans lidar. En quelques jours, des passagers ont mis en ligne des vidéos montrant des excès de vitesse, une conduite dans la mauvaise voie et des freinages brusques. Les spécialistes de la conduite autonome sollicités par Business Insider pour examiner ces images n'ont pas été convaincus.

Les robotaxis de Tesla ont été mis en service le dimanche 22 juin, dans une zone limitée d'Austin. Les premières courses étaient réservées à un groupe d'influenceurs et d'investisseurs de Tesla. La plupart des trajets semblent s'être bien passés. Les exceptions sont celles qui ont fini sur YouTube.
Business Insider a demandé à trois spécialistes de la conduite autonome d'examiner les séquences publiées. Leur liste d'erreurs suspectées comprend des excès de vitesse de plus de 10 miles au-dessus de la limite, une conduite dans la mauvaise voie, des freinages aléatoires, des problèmes avec le bouton d'arrêt sur le bas-côté et au moins deux interventions du surveillant de sécurité pour des questions de stationnement. Business Insider indique avoir contacté les influenceurs et les investisseurs pour un commentaire, sans obtenir de réponse, et précise que Tesla n'a pas répondu à une demande de commentaire détaillée.
L'argument du matériel
Le robotaxi fait tourner une version avancée du logiciel Full Self-Driving de Tesla. Huit caméras réparties autour du véhicule captent des données visuelles à 360 degrés. Il n'y a ni radar ni lidar. Les voitures de Waymo utilisent plusieurs méthodes de détection, dont le lidar, qui balaie l'environnement par impulsions de lumière laser, et le radar, qui détecte les objets par ondes radio. C'est sur cette différence que porte la critique des experts.
Raj Rajkumar, professeur d'ingénierie à l'université Carnegie Mellon, a déclaré à Business Insider que les problèmes d'arrêt sur le bas-côté et de conduite dans la mauvaise voie pourraient probablement être corrigés avec davantage de données d'entraînement. Le freinage fantôme est une autre affaire. Dans une vidéo qu'il a examinée, la youtubeuse Kim Java se trouvait dans un robotaxi lorsque le véhicule a freiné alors que rien ne l'obstruait, selon la vidéo, envoyant ses affaires au sol. Java compte plus de 250 000 abonnés et se spécialise dans la tech et les énergies propres. Dans la séquence, elle dit : « C'est quelque chose dont les gens ont parlé comme l'une des limites du Full Self-Driving avec robotaxi. »
« Pour traiter les données des caméras, il faut recourir à l'IA et à l'apprentissage automatique », a dit Rajkumar. « Mais les hallucinations font partie intégrante du fonctionnement de l'IA, et dès qu'on hallucine, le freinage fantôme finit par se produire, donc une solution à base de caméras seules ne suffira pas avant très longtemps. »
Il est allé plus loin sur le profil de risque. « Imaginez être sur l'autoroute à 65 mph et que la voiture freine soudainement pour un objet fantôme, avec un semi-remorque de 18 roues derrière vous, et qu'ils ne puissent pas s'arrêter », a-t-il dit à Business Insider. « Cela pourrait être extrêmement dangereux, selon ce qui se passe autour de vous. »
Steven Shladover, chercheur principal du programme Partners for Advanced Transportation Technology à l'université de Californie à Berkeley, a examiné la même série d'incidents, notamment l'excès de vitesse et l'incident de mauvaise voie apparents ainsi que le freinage soudain. Il a déclaré à Business Insider que la conduite automatisée a besoin de données de caméra, de radar et de lidar combinées, plus d'une localisation précise sur une carte numérique de haute précision et d'entrées telles que le code de la route local et les limitations de vitesse. Son inquiétude est qu'une approche par caméras seules, sans lidar ni radar, finira par causer des blessures à des passagers faute d'intervention.
Un mode de défaillance connu, avec des suites judiciaires
Le freinage fantôme n'est pas une plainte nouvelle pour Tesla. L'entreprise fait face à une action collective pour un freinage fantôme allégué dans son système Autopilot, un système avancé d'aide à la conduite, distinct de la version supervisée du Full Self-Driving. En 2022, la National Highway Traffic Safety Administration a ouvert une enquête sur les véhicules Tesla Model 3 et Model Y après que plus de 750 conducteurs se sont plaints que leur voiture avait soudainement pilé à haute vitesse en mode Autopilot. Cette enquête et son évaluation sont toujours en cours.
Toujours en 2022, un conducteur de Tesla qui avait déclaré à la police utiliser le Full Self-Driving supervisé a été pris dans un carambolage de huit voitures causé par un freinage soudain et inattendu. CNN a rapporté l'incident pour la première fois en décembre 2022, et Tesla n'a pas répondu à ses demandes de commentaire. Elon Musk s'est exprimé sur les plaintes de freinage fantôme en 2020 sur ce qui était alors Twitter et n'a plus commenté depuis. « Le problème du freinage fantôme est-il réglé dans cette version ? » a demandé l'utilisateur EV-HQ en octobre 2020. « Ça devrait l'être », a répondu Musk, ajoutant : « Je voulais dire que ça devrait être corrigé dans la dernière version largement déployée. Pas besoin d'attendre le FSD. »
L'humain sur le siège passager
Musk avait déclaré avant le lancement qu'un surveillant de sécurité humain prendrait place sur le siège passager de chaque robotaxi, par excès de prudence. Les vidéos suggèrent que ce surveillant peut arrêter la voiture en appuyant sur un bouton « In Lane Stop » sur l'écran tactile. Une séquence, publiée par l'investisseur de longue date de Tesla et youtubeur Dave Lee, qui compte plus de 230 000 abonnés, montre un surveillant utilisant ce bouton pour empêcher un robotaxi d'entrer en collision avec un camion UPS qui faisait marche arrière, pendant que le véhicule tentait de se garer. Les experts interrogés par Business Insider sont sceptiques quant au retrait de cette personne à court terme, en particulier pour la flotte de Tesla.
Dans l'ensemble du secteur, les cas limites continuent de surgir après le déploiement, pas avant. Waymo, qui utilise bien le lidar et le radar, a passé l'année écoulée à le démontrer.
Sources
1Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.
Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.
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