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L'argent de la surveillance pandémique va aux aéroports et à l'IA, mais l'intégration des données traîne

Des scientifiques réunis en conférence à Manipal ont demandé que l'Inde relie les données des hôpitaux, des laboratoires et des agences sanitaires dans un seul système de surveillance, rapporte Bhaskar English le 3 novembre. Les outils évoqués étaient les tests des eaux usées, le séquençage génomique et l'IA.

SantéAnalyseAmélie BernardPublié le: 4 novembre 20264 min de lectureSources 21
L'argent de la surveillance pandémique va aux aéroports et à l'IA, mais l'intégration des données traîne

La Nature Conference India 2026 s'est tenue à la Manipal Academy of Higher Education, dans le Karnataka, du 14 au 16 octobre. Bhaskar English a rendu compte de ses conclusions le 3 novembre.

Lauren Gardner a travaillé sur le tableau de suivi du COVID-19 de l'université Johns Hopkins, largement consulté. Elle a déclaré devant la conférence que l'Inde avait besoin d'un système intégré pour rassembler les données liées à la santé. Collecter des données ne suffit pas, a-t-elle dit. Il faut les intégrer et les analyser à temps pour qu'elles servent. Les tests des eaux usées peuvent signaler les premiers signes d'infection dans une zone. La surveillance génomique suit l'évolution des virus. L'IA peut analyser les données combinées pour repérer les endroits à risque. Rada Savic, de l'université de Californie à San Francisco, a décrit des travaux visant à ramener le traitement de la tuberculose de six mois à trois ou quatre. Selon elle, l'IA et les modèles mathématiques peuvent aider à évaluer les combinaisons de médicaments et les dosages.

Le problème dépasse les murs de la conférence. Un résultat qui reste dans la base de données d'un seul pays ne protège pas ses voisins. On ne sait pas encore publiquement si les systèmes nationaux seront reliés entre eux, ni s'ils le seront au réseau 2030 de l'OMS.

L'OMS fixe un objectif de détection en 24 heures pour 2030

Le WHO Hub for Pandemic and Epidemic Intelligence a publié sa stratégie au World Health Summit de Berlin à la mi-octobre, rapporte heise le 29 octobre. Chaque pays devrait pouvoir détecter et évaluer une nouvelle menace sanitaire dans les 24 heures suivant son apparition, selon cet objectif. L'OMS veut que la stratégie soit en place d'ici 2030. Le plan s'appuie sur des simulations dopées à l'IA, le séquençage génomique et le renseignement en sources ouvertes, c'est-à-dire l'analyse des informations publiques pour repérer des signaux précoces. Le hub a travaillé avec plus de 160 pays et 190 partenaires. Le ministère fédéral de la Santé allemand a mis 90 000 000 € dans ce centre, créé à Berlin en septembre 2021 par Angela Merkel et le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les États membres de l'OMS ont adopté un accord international sur les pandémies à l'Assemblée mondiale de la santé en mai 2025.

Le Nigeria finance la biosécurité de ses aéroports

Le Conseil exécutif fédéral a approuvé un système de biosécurité et de surveillance des maladies de 45 800 000 000 ₦ pour cinq aéroports internationaux, rapporte Daily Trust le 28 octobre. Le conseil s'est réuni le mercredi sous la présidence de Bola Ahmed Tinubu.

Ali Pate, ministre coordonnateur de la Santé et du Bien-être social, a indiqué que le projet est une concession de partenariat public-privé de 20 ans attribuée à BioHealth Consortium. Les aéroports sont Murtala Muhammed à Lagos, Nnamdi Azikiwe à Abuja, Mallam Aminu Kano à Kano, Port Harcourt et Akanu Ibiam à Enugu. Plus de 18 000 000 de passagers transitent chaque année par les aéroports nigérians, a déclaré Pate. Le système couvre la surveillance des eaux usées pour les pathogènes liés aux aéronefs. Il couvre aussi l'échantillonnage de l'air et des surfaces, la surveillance du fret et des bagages, et des laboratoires de diagnostic rapide aux points d'entrée. Les opérations seront intégrées à la NCDC, aux Port Health Services, au Nigeria Customs Service, au Nigeria Immigration Service et à la NAFDAC. Pate a précisé que le Nigeria avait confirmé en octobre un cas d'Ebola importé et que le patient s'était rétabli après un traitement dans le pays.

Le problème des données est local et biologique

La réserve de Gardner était directe. La technologie ne fonctionne que si les données locales sont exactes et fiables.

Naveen Kumar, directeur du National Institute of Virology, a indiqué que 300 à 400 nouveaux virus s'ajoutent chaque année à la liste des virus connus, qui en compte désormais plus de 17 000. Il a cité la mondialisation et la mobilité transfrontalière, le changement climatique et la hausse des températures, ainsi que la déforestation parmi les facteurs des nouvelles infections. Kumar a aussi déclaré que plus de 70 % des maladies infectieuses se transmettent de l'animal à l'homme. Selon lui, les scientifiques n'ont toujours pas les outils pour établir si le SARS-CoV-2 a été manipulé ou est apparu naturellement.

Marion Koopmans, du centre médical Erasmus aux Pays-Bas, a averti lors de la même conférence que le changement climatique pourrait pousser la dengue et le paludisme vers de nouvelles régions. C'est un problème de surveillance autant qu'un problème climatique.

Ce qu'il faut suivre maintenant

La stratégie de l'OMS repose sur cinq initiatives, dont Collaborative Surveillance et Epidemic Intelligence from Open Sources. Le hub prévoit de développer des capacités avancées d'IA pour la détection automatisée des signaux et l'évaluation des risques. L'OMS appelait déjà à la prudence sur l'IA en santé dès 2023. Elle avertissait que des modèles génératifs comme ChatGPT pouvaient présenter des risques pour les patients faute d'évaluation suffisante.

Au Nigeria, les installations reviendront au gouvernement fédéral à la fin de la concession de 20 ans.

L'argent est là, l'intégration n'est pas démontrée

Les 90 000 000 € allemands ont payé un hub qui coordonne désormais plus de 160 pays et 190 partenaires. Les 45 800 000 000 ₦ nigérians achètent des équipements dans cinq aéroports qui accueillent plus de 18 000 000 de passagers par an. Aucun de ces montants ne dit si les données circulent. Pate a déclaré que le COVID-19 avait révélé d'importantes vulnérabilités dans la gestion des menaces sanitaires transfrontalières. Dans le dispositif nigérian, le partenaire privé conçoit, finance, construit, exploite et entretient les installations, tandis que l'État assure la tutelle politique, institutionnelle et réglementaire.

On ne sait pas encore publiquement si ces systèmes nationaux seront reliés entre eux, ni s'ils le seront au réseau 2030 de l'OMS. Les contrats et les échéances existent désormais. L'interopérabilité, non.

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Sources

21
  1. 01Could AI help India detect the next pandemic early? World's top scientists discuss warning systems, new medicinesEN
  2. 02Spot pandemics early with a global surveillance networkEN
  3. 03Ebola: FEC okays N45.8bn surveillance system at 5 int'l airportsEN
  4. 04India's Pandemic Preparedness Faces a New Test Beyond CovidEN
  5. 05Anthropic is working on a system to prove AI models’ identityEN
  6. 06New York City’s Mamdani criticizes Madison Square Garden owner over surveillance techEN
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Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

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Amélie Bernard

Amélie Bernard

Science et santé

Amélie Bernard couvre les sciences et la santé pour FLASH24, en s'appuyant sur les publications évaluées par les pairs, les communiqués des agences et les données brutes des études, sans reprendre les reprises de presse. Elle vérifie chaque chiffre en remontant à la source, compare les méthodologies et signale les tailles d'échantillon douteuses. Elle interroge régulièrement des chercheurs et des soignants, et attend les mises à jour des revues à comité de lecture avant de publier. Sa formation en physique des matériaux lui sert à décrypter les résultats techniques, et elle observe le ciel avec son propre télescope. Elle ne publie pas une donnée qu'elle n'a pas pu reproduire.

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