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Le marché de la ménopause attire des milliards, les traitements hormonaux manquent

Le marché de la ménopause pèse environ 15 000 000 000 de dollars, et les investisseurs privés y ont injecté 1 700 000 000 de dollars en cinq ans, selon des chiffres de PwC rapportés par le Handelsblatt le 2 novembre. Quelques jours plus tôt, des pharmaciens aux États-Unis et en Afrique du Sud décrivaient le même problème : des traitements hormonaux en rupture d'approvisionnement.

SantéAnalyseAmélie BernardPublié le: 4 novembre 20264 min de lectureSources 14
Le marché de la ménopause attire des milliards, les traitements hormonaux manquent

Un marché bâti sur une demande non satisfaite

PwC s'attend à une croissance de 8 % à 10 % par an jusqu'en 2030, en comptant les médicaments sur ordonnance, les produits en vente libre, les autotests et les offres de services aux employeurs.

Le vivier de patientes ne fait aucun doute. Le nombre de femmes ménopausées dans le monde devrait atteindre 1 200 000 000 en 2030. Les investissements privés dans le secteur ont progressé de 15 % par an sur les cinq dernières années.

Les employeurs commencent à traiter la ménopause comme une question de personnel. Vodafone a une politique ménopause qui promet de la sensibilisation et des horaires plus souples. SAP a intégré la ménopause à sa gestion de la santé au travail, avec formations, informations numériques et consultations individuelles.

Le McKinsey Health Institute estime que les femmes pourraient gagner sept années de vie en bonne santé supplémentaires si la prévention, la prise en charge de la ménopause et la santé au travail étaient développées. Gerard Richter est senior partner chez McKinsey. Il a déclaré au Handelsblatt que chaque dollar investi dans la santé des femmes génère environ trois dollars de croissance économique.

L'offre est déjà sous tension

Rien de tout cet argent n'a rendu les patchs plus faciles à trouver. La FDA a indiqué en septembre qu'elle travaillait avec les six fabricants de patchs d'estradiol approuvés par l'agence pour augmenter la production. L'American Society of Health-System Pharmacists classe ces patchs en pénurie depuis janvier.

L'offre a augmenté, mais pas assez vite. La production de patchs avait presque doublé sur l'année précédente, selon la FDA, sans que la hausse suive la demande, rapporte El Cronista le 30 octobre.

Le problème a débordé le cadre des patchs. L'ASHP a classé en pénurie début septembre plusieurs produits d'injection de valérate d'estradiol de Hikma, American Regent et Par Sterile Products. L'organisation a aussi signalé des perturbations d'approvisionnement sur des crèmes d'estradiol vaginales fabriquées par Mylan, filiale de Viatris, Padagis et Teva, certains produits étant en rupture ou soumis à répartition. CVS Health a indiqué que les fabricants peinaient depuis plusieurs mois à fournir assez de certains dosages d'injections d'estradiol, et que la situation s'était aggravée ces dernières semaines.

Le schéma se répète hors des États-Unis. Selna du Plessis, pharmacienne à la Geneva Pharmacy en Afrique du Sud, affirme que les traitements hormonaux substitutifs et les contraceptifs, patchs compris, sont difficiles à obtenir depuis six mois. Elle a déclaré au George Herald que des collyres et certains médicaments contre l'hypertension manquaient aussi.

Pourquoi les patchs sont difficiles à produire en volume

Les patchs ne sont pas une gamme qui monte en puissance rapidement. Ils demandent des équipements spécialisés et sont des génériques à faible marge, expliquent les fabricants.

En amont, l'industrie porte une dépendance structurelle. La majorité des principes actifs sont produits principalement en Chine et en Inde. Les approvisionnements nationaux en médicaments sont donc exposés à des points de défaillance uniques, rapporte Contract Pharma le 2 novembre.

La qualification est le goulot d'étranglement. Danny Goad, senior manager de la gestion de la chaîne d'approvisionnement chez PCI Pharma Services, pose le problème sans détour. Une matière peut avoir plusieurs fournisseurs qualifiés sur le papier, mais cela ne se traduit pas forcément par une véritable résilience d'approvisionnement, dit-il. Exigences réglementaires, processus de qualification longs, propriété intellectuelle, procédés de fabrication spécialisés et capacité mondiale limitée peuvent tous ralentir et compliquer un changement de fournisseur, poursuit-il.

La géographie ajoute une couche. Goad note que dépendre fortement d'une seule région pour des matières premières critiques ou des principes actifs expose les chaînes d'approvisionnement à plusieurs risques. Il cite les perturbations géopolitiques, les restrictions et coûts commerciaux, les contraintes de transport, les catastrophes naturelles et les changements réglementaires locaux. Ces risques sont apparus pendant la pandémie et n'ont cessé d'évoluer avec les tarifs douaniers et les autres mesures commerciales, dit-il.

Le déclencheur réglementaire

La demande n'a pas augmenté par hasard. En novembre 2025, la FDA a demandé aux fabricants de retirer certaines mentions de risque sur les maladies cardiovasculaires, le cancer du sein et la démence probable de l'avertissement encadré des étiquettes des traitements hormonaux. En février 2026, l'agence a approuvé ces changements pour un premier groupe de six produits. Ces avertissements reposaient sur les résultats de l'étude Women's Health Initiative, publiée en 2002.

La révision a contribué à un regain d'intérêt pour des traitements que les femmes abordaient auparavant avec plus de prudence, rapporte El Cronista. Les ordonnances ont augmenté, face à un appareil de production qui n'avait pas suivi.

L'Afrique du Sud a choisi une autre voie. Le régulateur sud-africain, la South African Health Products Regulatory Authority, a accordé une autorisation au titre de la Section 21 pour l'usage d'urgence de certains médicaments non enregistrés. Cette autorisation s'applique lorsque les produits enregistrés sont indisponibles et qu'aucune alternative thérapeutique n'existe, selon l'unité de gestion des contrats du National Department of Health. Ces autorisations expirent à des dates différentes entre novembre 2026 et avril 2027.

Ce qui vient ensuite

La FDA n'a pas déclaré de pénurie officielle. Elle affirme que les patchs restent disponibles, même si la disponibilité varie selon les pharmacies.

Les patientes et les prescripteurs restent donc sans système national de répartition, et le travail concret de trouver un substitut revient à chaque pharmacie et à chaque clinicien. L'unité de gestion des contrats attribue les pénuries à des difficultés de chaîne d'approvisionnement. Ses mesures comprennent l'achat de médicaments auprès de fabricants supplémentaires, la promotion d'un usage rationnel des stocks disponibles et l'obtention d'une autorisation Sahpra d'importer lorsque c'est nécessaire.

Pour l'heure, l'argent et le médicament avancent à des vitesses différentes, et l'écart se gère pharmacie par pharmacie.

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Sources

14
  1. 01Pharma: Das zweifelhafte Milliardengeschäft mit Frauen in den WechseljahrenDE
  2. 02US estrogen shortage spreads: women struggle to find alternatives to hard-to-get patchesEN
  3. 03Sourcing APIs: Strategies for Supply Chain ResilienceEN
  4. 04Medicine shortages affect Eden District patientsEN
  5. 05STAT+: Pharmalittle: We’re reading about payments to Russian middlemen, a possible Dupixent rival, and moreEN
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  13. 13Coming Up Short: When Drug Shortages Become a Claims Problem - Risk & InsuranceEN
  14. 14Long queues, medicine shortages frustrate patients at North West’s Madidi Clinic - TimesLIVEEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Amélie Bernard

Amélie Bernard

Science et santé

Amélie Bernard couvre les sciences et la santé pour FLASH24, en s'appuyant sur les publications évaluées par les pairs, les communiqués des agences et les données brutes des études, sans reprendre les reprises de presse. Elle vérifie chaque chiffre en remontant à la source, compare les méthodologies et signale les tailles d'échantillon douteuses. Elle interroge régulièrement des chercheurs et des soignants, et attend les mises à jour des revues à comité de lecture avant de publier. Sa formation en physique des matériaux lui sert à décrypter les résultats techniques, et elle observe le ciel avec son propre télescope. Elle ne publie pas une donnée qu'elle n'a pas pu reproduire.

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