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Les revenus du cloud atteignent 168 milliards de dollars, l'IA se heurte à l'énergie

Les revenus mondiaux des infrastructures cloud ont atteint 168 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, en hausse de 55 % sur un an, selon Synergy Research Group. Data Center Knowledge a rapporté le chiffre, et les contraintes d'alimentation ralentissent les nouvelles capacités.

ÉconomieAnalyseDr Hélène FontainePublié le: 3 novembre 20264 min de lectureSources 8
Les revenus du cloud atteignent 168 milliards de dollars, l'IA se heurte à l'énergie

Le trimestre à 168 milliards de dollars

L'estimation sous-jacente de Synergy est de 167,7 milliards de dollars. Le communiqué arrondit à 168 milliards. Le cabinet d'études indique que le marché a doublé en huit trimestres, et que les services cloud spécifiquement dédiés à l'IA représentent désormais environ un tiers du total. John Dinsdale, analyste en chef chez Synergy, a déclaré à Data Center Knowledge que trois éléments expliquent cette poussée : les capacités qui entrent en service, des prix plus élevés et un glissement vers des services d'IA plus coûteux. « Une bonne partie des capacités supplémentaires qui arrivent ciblent précisément des services d'IA plus rentables et plus chers », a-t-il dit.

TelecomTV avance un chiffre sur douze mois de 558 milliards de dollars pour la période close fin septembre. Le média note aussi que le taux de croissance trimestriel progresse désormais depuis douze trimestres consécutifs.

Les services dédiés à l'IA, environ un tiers du total, pèsent lourd dans les dépenses trimestrielles. Cette part provient d'une simple répartition du total publié.

Une réserve s'impose. Synergy mesure ce que les clients dépensent pour de l'infrastructure louée, des plateformes managées et du cloud privé hébergé. Le cabinet ne mesure ni la construction de centres de données ni les ventes de puces. Il ne peut pas non plus dire quelle part de la hausse vient d'une consommation accrue plutôt que de prix plus élevés.

Pourquoi le revenu cloud est le nouveau baromètre de l'IA

Les investisseurs ont fait du revenu cloud le test le plus net pour savoir si les dépenses d'IA rapportent. BMI Country Risk and Industry Research a indiqué vendredi dernier que la croissance du cloud est devenue la principale mesure du retour sur investissement. L'attention se déplace vers les flux de trésorerie et le coût de construction des infrastructures.

Sa note chiffre la croissance du troisième trimestre sur un an à 48 % pour Microsoft Azure, 103 % pour Google Cloud et 39,3 % pour AWS. Le Manila Times rapporte qu'Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta devraient dépenser bien plus de 700 milliards de dollars en 2026 pour des centres de données d'IA, des puces et du réseau haut débit. À mettre en regard des revenus : une facture d'investissements supérieure à 700 milliards de dollars face à un marché cloud trimestriel de 168 milliards.

BMI prévient aussi que les bénéfices se répartissent inégalement. Le cabinet s'attend à ce que les investisseurs privilégient les entreprises capables de transformer leurs dépenses en revenus cloud et en flux de trésorerie disponible positifs.

Les trois fournisseurs donnent le rythme

Alphabet a déclaré un revenu total de 127,6 milliards de dollars, en hausse de 25 %, et un revenu Google Cloud de 30,7 milliards de dollars, en hausse de 103 %, selon son communiqué de résultats. Le résultat opérationnel du cloud est passé à 11,1 milliards de dollars, contre 3,6 milliards un an plus tôt. Microsoft a déclaré un revenu record de 92,3 milliards de dollars pour son premier trimestre fiscal. Microsoft Cloud atteint 63,9 milliards de dollars et Azure 33,2 milliards. Les dépenses d'investissement ont dépassé 45,2 milliards de dollars sur le trimestre.

Une précision comptable compte ici. Le total de Google Cloud inclut les ventes de ses systèmes TPU maison à d'autres opérateurs de centres de données, note TelecomTV. Il ne s'agit pas uniquement de capacité louée.

AWS d'Amazon a progressé de 39,3 % à 45,98 milliards de dollars, soit un rythme annualisé de 184 milliards. Le directeur général Andy Jassy prévoit une croissance supérieure à 40 % en 2027 comme en 2028, rapporte TelecomTV.

Les estimations de parts de Synergy placent Amazon à 26 % du revenu mondial des infrastructures cloud. Microsoft en détient 19 % et Google 16 %. Oracle et les néoclouds, dont CoreWeave, Crusoe et Nebius, figurent parmi les progressions les plus rapides hors du trio de tête.

L'obligation de performance commerciale restante de Microsoft correspond à des revenus contractés mais pas encore comptabilisés. Elle a augmenté de 73 % pour atteindre 677 milliards de dollars, selon son document déposé.

Capacité, énergie et coût de l'IA

La contrainte ne se limite plus aux puces. CBRE a recensé 7 481 MW en construction sur huit grands marchés nord-américains au premier semestre 2026. C'est 24,8 % de plus qu'un an plus tôt. Plus de 80 % était déjà pré-loué, contre 74,3 % un an plus tôt. JLL attribue aux hyperscalers 59 % de la demande locative de centres de données en Amérique du Nord, avec 28 GW de capacité en propre en construction. Dell'Oro Group projette des dépenses mondiales d'investissement dans les centres de données au-delà de 3 000 milliards de dollars d'ici 2030.

La pré-location joue dans les deux sens pour les acheteurs. Elle signale la confiance des opérateurs. Elle signifie aussi que peu des surfaces en construction seront libres à leur livraison.

Le dépôt d'introduction en bourse révisé d'Anthropic montre l'autre face du bilan. L'entreprise déclare 33,2 milliards de dollars de revenus sur les neuf mois clos le 30 septembre, en hausse de 1 206 %. Le revenu du troisième trimestre atteint près de 17 milliards, en hausse de 46 % sur le deuxième trimestre. Les coûts de calcul et d'infrastructure ont augmenté de 77 % sur la même période. Anthropic chiffre ses engagements à près de 895 milliards de dollars. Cela comprend environ 320 milliards d'obligations contractuelles existantes et 451 milliards de baux qui n'ont pas encore pris effet.

Ce qu'il faut suivre ensuite

Les prévisions annoncent la même tendance. Microsoft attend une croissance d'Azure de 49 % à 50 % à taux de change constant vers la fin de l'année, selon BMI. Andy Jassy, chez Amazon, table sur une croissance d'AWS supérieure à 40 % en 2027 et 2028.

L'énergie est la variable que personne n'a résolue. CBRE indique que les contraintes repoussent sans cesse les calendriers de livraison des centres de données. Les clients doivent donc se disputer des capacités qui n'ont pas été livrées. Le taux de croissance de Synergy progresse depuis douze trimestres d'affilée. Il compte les dépenses de services, pas les bâtiments ni les équipements derrière.

La question ouverte est arithmétique. Le revenu cloud compose à plus de 50 % par an. Les engagements de calcul, de baux et de foncier aussi. Savoir si le premier dépasse les seconds, voilà ce que diront les prochains trimestres.

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Sources

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  1. 01Cloud Revenue Hits $168B as AI Capacity ExpandsEN
  2. 02Synergy Cloud Revenue Hits $168B as AI Growth Meets Power ConstraintsEN
  3. 03AI drives cloud services sector growth to 55% in Q3EN
  4. 04Cloud growth becomes key measure of AI returns for US tech giants - BMIEN
  5. 05Google Cloud beats Q3 revenue estimatesEN
  6. 06Alphabet revenue jumps 25% to USD 127.6 billion as Google Cloud growth doublesEN
  7. 07Microsoft Reports Record $92.3 Billion Quarterly Revenue as Cloud Business Grows 30%EN
  8. 08Anthropic's compute tab could top $1T as Q3 revenue nears $17BEN

Tous les chiffres et citations de ce texte proviennent des sources citées ci-dessous.

Les contenus ont été préparés par l'équipe de rédaction, assistée par l'IA.

Dr Hélène Fontaine

Dr Hélène Fontaine

Économie, business et monde

Hélène Fontaine suit l'économie des entreprises, la conjoncture et l'international pour FLASH24. Elle croise les dépôts comptables, les rapports trimestriels et les indices d'activité, et ne retient un chiffre qu'après l'avoir comparé à sa source d'origine. Elle interroge chefs d'entreprise, économistes et syndicats, et attend chaque mois les publications de l'INSEE et de la BCE pour recouper ses tableaux. Cette rigueur vient aussi de son intérêt personnel pour la comptabilité des entreprises technologiques et les vélos cargo, deux sujets qu'elle traite avec la même méthode. Elle ne publie pas un chiffre sans avoir vérifié son calcul.

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